Suppôts°itoire
Par Intellexuelle • lundi 20 novembre 2006 à 22:36 • Catégorie: Cabotinage![]()
Une grippe d’homme. Une grosse grosse grippe d’homme. De ces grippes qui tuent.
Un moment donné, j’étais rienque pu capable. C’est beau, jouer à l’infirmière. À la limite du bandant, pour monsieur. Mais entre courir par là parce qu’il a trop chaud et courir encore là parce qu’il a trop froid ; prendre sa température parce que soudainement il est très, très, très faible et écouter les terribles effets du virus sur son moral, j’en ai eu ma claque !
Être aux petits soins, lui apporter de l’eau, s’assurer qu’on n’est pas en rupture de stock de kleenex, couvrir son front d’un linge humide et frais, fournir le tylénol aux quatre heures, vérifier s’il prend la bonne dose de sirop, caresser ses pieds chauds pendant que… je travaille à la maison, moi, hein. La plupart du temps. Alors évidemment, pour un homme malade, c’est le Klondike. Non seulement il peut trouver une oreille attentive à ses plaintes, mais en prime, il peut en redemander. Après une semaine de lamentation, à le voir jouer au basket avec ses vieux kleenex pleins de morve pitchés autour de la poubelle, de soupe aux nouilles et d’insomnie parce que le malade ronfle comme un train plein de nitro, il fallait que je fasse quelque chose pour me… pour… heu… pour réussir à mieux endurer tout ça.
Heureuse nouvelle ! Le destin se charge parfois de me trouver LA solution. Pendant l’heure où, miraculeusement, mon futur tuberculeux avait toute sa tête, il est allé confier ses peines au pharmacien du coin. …Fallait quand même qu’il retourne au travail, alors atténuer les symptômes, voire guérir, et vite hein… En est revenu avec une boîte de suppositoires.
Yar-ke. Outre le fait de devoir faire cohabiter mon brocoli et le jus d’orange avec les obus anti-grippe (conserver au frais), c’que ça pue… D’abord, j’aurais pu me fier juste au cri bestial de l’Homme pendant l’insertion de la dose pour savoir quand il en «portait» un. Mais j’y allais plutôt à l’odeur. Voilà que chéri, lui, me dit : «…nez bouché… bouhouhou… ne sent rien…»
Ah ouain ? Aucune idée de l’odeur de camphre/vieille chaussette/jeancoutu/eucalyptus ? Tu ne sens rien, du tout ? Nada ?
C’est pas vrai que je vais endurer ça toute seule. Oh que non. Subtilement donc, pendant la nuit, j’ai pris des suppositoires et j’ai, avec précaution, déposé dans la poche de son manteau mes munitions. «Tiens, tant qu’à endurer c’t'odeur de malade, je vais en faire profiter d’autres.»
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À son retour du boulot, le lendemain, vous auriez du lui voir l’air. Vous savez… l’air de celui qui sait que quelque chose ne tourne pas rond, mais qui n’arrive pas à mettre le doigt dessus…
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Le surlendemain, il avait toujours le nez aussi bouché, faut croire. «J’sais pas c’que j’ai, mais tout le monde se retourne quand je passe, tout le monde m’appelle «pépère» en riant…». Il pensait que ça avait à voir avec la boite de papier mouchoir qu’il traînait partout avec lui. Pffffffffff…
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ok, trois jours. Ça a été mon maximum. Je ne pouvais plus tenir. D’abord parce que l’odeur, il l’emmenait partout avec lui, y compris à la maison, dans la garde-robe où il serrait son manteau et là, tout était en train de puer le camphre. Ensuite parce que je me suis trouvée cruelle de profiter de son handicap momentané pour me foutre de sa gueule. J’ai donc re-subtilement jetés les suppôts. Mais comme dans «toutes les fois où je lui fais un coup pendable», y’a quelque chose qui se retourne contre moi… Y’a fallu que je lui offre un tout nouveau manteau. De cuir.
Parce que dans mon généreux dosage de «un suppositoire dans chaque poche», j’avais oublié que le cuir - et la doublure en fausse fourrure là, c’est relativement absorbant d’odeur, comme matière. Même après un bon nettoyage, il restait un fond fisherman friend aussitôt qu’il bougeait… Suave effluve que lui-même, après quelques jours, arrivait à sentir, peu importe où il allait.






Votre commentaire.
Et il lit ton blog le grand malade?
… autre problème, autre solution odorante… à la fin de l’été j’ai eu un problème de mites à la maison (celles là: Case Making Clothes Moth, photos, là: http://whatsthatbug.com/clothes.html )
Mites… boules à mites ~ une chance que j’ai lu assez rapidement que les boules à mites ne sont pas vraiment efficace et que j’ai tout enlevé, parce qu’après un jour ou deux, je devenais folle.
J’ai envoyé mon chat en pension, tout lavé, tous les recoins, tous les vêtements… spray chimique et terre diatomée (un peu comme de l’argile, mais les particules coupent les bibittes), re-spray… et inspections hebdomadaires depuis où je n’ai rien trouvé de vivant.
Ahaha, comme quoi les mauvaises actions ne sont jamais récompensées (c’est bien ce qu’on nous apprenait au cathéchisme, non?).
La preuve, ils ont raison.
Tu es démoniaque !! Trop drôle !
Merci merci…
de me faire sourire avant le lunch, de ressentir toute la tendresse, la complicité qui vous unit…
j’ai bien écrit ressentir mais je pense que ça sent jusqu’ici!!!!
Père Noël, Père Noël, apporte des suppos. J’en ai eu, j’en veux pus, fourre-toué lé dans l’Q.
Mais t’es vraiment détestable!
T’es vraiment pleine d’idée crampante. Tu as encore réussi à me faire pouffer de rire lol
J’te trouve pas mal drôle! hihihi, j’vais essayer ton truc une bonne fois, mais pas dans un manteau de cuire, j’ai pas les moyens!
“C’est beau, jouer à l’infirmière. À la limite du bandant, pour monsieur.”
Ah que tu nous compreds des fois nous les hommes.
Magnifique ton texte !
Martin
L’odeur m’ait presque monté dans les narines juste à te lire.
Décidément tu réussis toujours à m’étonner de tes (vos) coups pendables
Ayoye, il commence à me faire pitié ton chum… euh… ta victime préférée. J’espère qu’il te remet la monnaie de ta pièce de temps en temps. En tout cas, tes coups pendables font toujours d’excellents billets
J’adore….
Il faudrait que tu me donnes des leçons….
Excellent ! Hi hi hi ! Excellente façon de se sentir un peu moins impuissant…
Pour l’odeur qui reste dans le manteau, c’est dommage, j’aurais eu ce qu’il faut pour l’éliminer, mais on est un peu loin l’un de l’autre.
[...] pouvait se faire, Mex et moi. Dans l’épisode “Le cercle” ou celui du “Suppositoire“, c’est Mex qui mangeait sa claque… Dans “Comment mettre de la couleur dans [...]