Si le Père-Noël existe…

Par Intellexuelle • mercredi 06 décembre 2006 à 15:02 • Catégorie: Mamour'ing, Psyritualité

En 2000, alors que j’en arrachais vraiment avec les aléas administratifs de l’aide financière aux études, j’ai plié et mis mon orgueil de côté pour demander l’aide de ma , ce phare solide qui illumine toutes tempêtes. J’ai fait parvenir un message à pratiquement toutes mes connaissances proches.

«Les temps sont très durs pour moi. Mon aide financière a été suspendue par erreur. Je dois dans les plus brefs délais régler ma facture de dernière session universitaire, sans quoi je ne pourrai obtenir mon diplôme. Si vous pouviez me donner un coup de main…»

J’ai reçu plusieurs réponses positives, et cela m’a finalement sorti du pétrin. Pratiquement toute ma s’est impliquée généreusement et m’a fait parvenir quelques dollars qui, additionnés, m’ont permis de terminer cette dernière session et de me remettre à flot. La suite, vous la connaissez.

Mais en même temps, j’ai reçu une autre lettre. Celle de . Accompagnée d’un chèque, il est vrai. Que j’aurais préféré ne jamais recevoir. Depuis, cette date m’est un deuil, pratiquement. Depuis, je n’ai plus jamais été la même. Depuis, je me suis construit des remparts que même les plus vaillants chevaliers n’arrivent pas à surmonter. Depuis, je suis orpheline de coeur.

Ma m’y écrivait qu’à partir de cette date, je n’avais plus de . Bien sûr, j’avais une , une génitrice, une filiation, j’étais encore née d’elle. Mais elle m’annonçait qu’elle ne serait désormais plus «maman». Depuis sa d’avec , elle avait pris son envol féminin, elle s’était épanouie, elle n’avait donc plus envie d’être «maman». En ces mots, cela disait : «Chère Martyne, il est temps de voler de tes propres ailes. Quant à moi, je deviens femme à part entière et j’estime que mon rôle de est terminé, bien rempli.»

Je persistais quand même à la contacter, à m’en approcher, à vouloir la toucher. Elle n’a pas assisté à ma graduation. N’a pas été là à aucune autre cérémonie, d’ailleurs. Ne m’a plus jamais aidé à déménager, ou à mettre autant de tasses de cassonade dans un . Elle n’a plus jamais été -pour-de-vrai.

À l’époque, j’avais encaissé. J’étais déjà une grande fille. J’avais mon propre appartement depuis mes 16 ans, je me débrouillais bien sans mes parents, j’avais repris mes études, je vivais dans une grande ville, toute seule avec mes : j’étais et responsable depuis longtemps. Mais, surtout, je n’avais jamais mesurée la conséquence d’être orpheline d’ maternel, alors que tout cela me semblait acquis, naturellement. Je n’avais jamais pensé que puisse choisir de ne plus être . Moi qui ai des aussi, j’ose à peine envisager les délaisser un jour. Encore moins me résigner à ne plus les materner.

Les heures, les jours, les mois et les années passèrent avec, ça et là, quelques pointes nostalgiques. Je voyais ma «mère» aux temps des Fêtes, à certaines autres occasions, lors de décès dans la . Toujours, elle agissait comme une , elle me saluait, elle m’embrassait, me parlait, normalement. Mais après, comme avant, il n’y a jamais plus rien eu. Pas d’appel téléphonique. Pas de «Allo, c’est , tu vas bien ?». Pas de «J’ai fait de la sauce à spag, tu en veux ?». Pas de «J’aimerais bien aller te visiter, je peux ?». Rien. Un vide intégral d’affection maternelle. Jusqu’à tout récemment, ça m’était presque égal. Je tentais, en fait, de comprendre, d’accepter, de m’y faire.

Il y a quelques années, je suis retournée m’installer dans mon patelin, là où elle vit. J’y espérais peut-être un rapprochement, un signe, un accord, une main tendue, quelques larmes… Rien. La maison que j’avais louée donnait sur le boulevard principal. Parfois, en fin d’après-midi, quand j’étais sur la galerie, je la voyais passer, revenant du travail. Elle me saluait, mais n’arrêtait jamais. Je la savais là, mais je n’arrivais jamais à la saisir. À quelques reprises, j’ai tenté de la joindre, pour jaser un peu, juste pour être une petite fille qui parle à sa , mais elle n’avait jamais ni le temps ni l’intérêt. Mes me disaient qu’ils avaient vus leur mamy passer… sans s’arrêter. Personne ne semblait comprendre pourquoi elle s’entêtait à nous éviter, à nous considérer comme de vagues connaissances.

Un événement s’était entre-temps produit. Un événement aux conséquences si désastreuses qu’il m’est difficile de vous le révéler. Mes proches sauront qu’à quelque part, cet événement et ses effets auront partiellement paralysés ma foi en l’humanité maternelle. Sachez cependant qu’elle a signé vigoureusement l’arrêt de son rôle de . S’il me restait un espoir, même petit, même très mince de reconquérir ma , elle l’a emporté avec elle par ce geste. Le signifiant était signifié.

Aujourd’hui, je vis dans un de monde. Autant j’aimerais implorer son affection, autant j’abhorre l’idée d’avoir besoin d’une . Autant je m’applique à ne jamais laisser transparaître cette faiblesse et ce besoin d’ filial, autant je le regrette. Quelques personnes m’auront dit, alors que leur est décédée, qu’ils ne s’en remettent pas. Dans mon cas, je ne peux même pas la dire décédée : elle n’est qu’un fantôme, mais existe bel et bien. Je la sais quelque part. Je la vois, parfois. Et comme la plus immense des peines d’ du monde, je ressens cet abandon comme une trahison, comme un manque si impossible à combler, comme un rejet immonde. Je n’en conçois pas la réalité, encore, complètement. Je ne fais que saisir à quel point une , c’est une moitié de soi. Et que moi, cette moitié, elle a décidé de ne plus Être. Du tout. Volontairement.

Il y a quelques jours, j’ai pris tout mon courage, toute ma peine de petite fille, toute l’immensité de ce besoin d’elle et je lui ai écrit mon désespoir, ma douleur et tous ces qui, liés à elle, sont incommensurables. Depuis, je ne vis qu’avec le symbole d’avoir mis dans une boîte postale mon coeur de fillette et toutes ses illusions. Et il n’est jamais revenu. Je doute qu’il revienne un jour.

Tous les adultes sont de grands , éternels. J’ai beau me répéter, comme dans la chanson, que je suis une grande grande fille, que ce n’est pas la fin du monde si elle m’a abandonnée, que je survis et… reste que ma me manque. La possibilité d’aller me réfugier dans ses bras me manque. Le regard bienveillant de me manque. Et par sa volonté, par ses actes, par ses décisions, je les sais là, je les sais vivants. Je dois vivre le deuil de ma vivante. Son corps de femme vibre alors que son coeur de , toujours là, quelque part, est inatteignable. Je n’y ai juste plus accès. Dans cette vie.

Quant à vous, Toiquimelis, si tu as la chance de pouvoir serrer dans tes bras ta bientôt, qu’elle est encore sur terre et qu’elle reconnaît son importance à tes yeux, je t’envie. Si elle n’est plus sur terre, mais que tu as la chance de la porter dans ton coeur avec tout l’ qu’elle t’a permis d’obtenir, je t’envie. Et si tu as, comme moi, une absence de qui a démissionné, tu peux te joindre à mon souhait.

Alors pour , s’il existe un au-delà, et qu’il existe un -, j’aimerais bien ravoir ma , en vrai.

Tags: , , , , , , , , , , , , , , ,

34 Réponses »

  1. Je fais pourtant partie de cette famille, mais je n’avais pas réalisé que c’était à ce point.. J’en suis désolée. C’est sans aucun doute l’un des deuils les plus difficiles à vivre.
    J’ai la meilleure maman du monde, je ne sais pas ce que je ferais sans elle. Lorsque je la verrai, je la sererai bien fort, juste pour la chance que j’ai qu’elle soit sans arrêt à mes côtés, à me supporter.
    J’envoie un gros kalin à la petite fille qui souffre en toi. Oui, un gros gros kalin.

  2. Ton billet est très touchant Martyne. Je souhaite que ton souhait se réalise si c’est ce que ton coeur veut vraiment. Mais dis-toi que parfois, vaut mieux faire une croix sur son passé et ne pas y aller avec la famille. Moi, ironiquement, j’aurais bien voulu à quelques occasions que mon paternel s’évapore de ma vie. La douleur et l’incompréhension étaient toujours plus vives lorsqu’il était à mes côtés.

    En bout de ligne, “venge-toi” sur tes enfants en leur donnant des torrents d’amour. C’est le plus beau cadeau que vous pouvez vous faire.

  3. J’espère que tu saisis l’ampleur du don que tu as à transmettre tes émotions. Ici, au bureau, on est maintenant une quinzaine à se sécher les yeux. D’habitude quand arrive 4 heures on est déjà tous partis d’ici. Et la on reste, on te lit, on se regarde, on comprend des affaires. Et on me désigne porte parole pour t’écrire.
    Ton billet ce n’est pas qu’un simple billet d’une fille à sa mère mais c’est aussi un billet de tous les enfants à leur parent. Et c’est un billet de grande grande fille qui même si elle ne comprend pas, abdique mais garde la tête haute. Une grande fille qui a su malgré tout réussir dans la vie et réussir sa vie, être une maman fantastique pour ses garçons et être une écrivaine si touchante.
    Nous on voudrait toute t’adopter, si jamaais tu as besoin !
    Claire, et toute la gang du MSS.

  4. Vraiment touché. Je te le souhaite fort.

  5. .belle Martyne,mais que s’est-il passer pour que je ne vois rien?tu vis ta peine ,sans le dire .peut-etre qu’on aurait pu lui faire comprendre ta détresse,ton manque d’amour maternelle.c’est avec larme a l’oeil que je te lis,jamais non jamais j’aurais penser ca de ta mere ..elle ne sait vraiment pas ce qu’elle manque.les bras de notre petite fille autour de notre cou.,vient nous donner tout la tendresse du monde et je vis beaucoup pour ce petit moment la.tout l”amour ressenti dans ce geste,te prouve que l’amour existe.je te fais un gros gros calin ma belle et je pense a toi tres fort pour que ton voeux de noel se réalise.sylly xxxxx .

  6. …si tu savais comme je te suis dans la catégorie des prières. Moi je ne commente presque jamais parce que je me dis tout le temps que tes textes disent déjà tout et que j’ai rien à ajouter mais dans ce cas là, je te jure je ne peux pas me taire. Merci pour m’avoir aussi aidé à ta façon à passer à travers toute l’émotion que ça fait vivre d’être jeté comme ça de la vie de son parent.
    Je te souhaite une autre vie où ta mère sera une vraie mère, comme je me le souhaite aussi. Nous les écorchés, on a beau faire les durs, des fois, tout craque. Bravo pour les mots sur les émotions.Et joyeuses fêtes

  7. .Ton histoire m’a boulversé
    J,avais démissionné de mon rôle de fille auprès de ma mère, j’étais distante, mais encourageais mes filles à la visiter (peut-être par culpabilité)Le week-end dernier j’ai dormi chez elle pour la première fois depuis quatre ans
    En te lisant, je me suis rappelée la chance que j’avais!
    merci..
    Manouche

  8. Ouche….

    Si seulement j’étais père Noël….ou même fée des étoiles…

    Ça serait fun de pouvoir choisir quelqu’une de remplacement hein? Mais nous savons tous que c’est impossible.

    En tant que fille d’une maman exceptionnelle (d’un papa aussi d’ailleurs!) et mère de bambini non moins fabuleux, un tel choix me dépasse totalement. “on est parents pour la vie”. Choisir autrement (choisir?!? Imposer plutôt!) est totalement inconcevable. On est femmes et mères. Et infirmières ou professeurs. Et amantes et amies. Les uns n’excluent pas les autres. Notre vie n’est pas faite de compartiments…

    Je ne comprends tellement pas Martyne , tellement pas.

    Je t’admirais déjà, pour tout ce que tu étais. Mais tu sais que tu as encore plus de raison d’être fière de toi? Tu t’es construite toute seule, sans même un bon modèle. Tout ce que tu es, c’est à toi seule que tu le dois.

  9. Oh my God! Ça se peut, faire ça?

    Oh Martyne, j’ai jamais vu quelqu’un d’aussi exceptionnel évoluer et même s’épanouir dans une vie comme celle là. Les épreuves nous rendent plus fort, j’imagine, ou une quelconque bullshit comme ça.

    Fuck!

  10. Je trouve ca vraiment dommage qu’une mère agisse comme ca envers son enfant. Moi-même étant mère depuis 13 mois, je ne peux pas imaginer abandonner mon enfant.

    J’ai la chance d’avoir une bonne famille. Je ne vois pas souvent mes parents car ils sont loins mais on se parle à chaque semaine. Et je vais être chez mes parents pour le jour de l’an.

  11. Moi j’ai été adoptée. Et je voulais te dire que c’est de cette même douleur que je vis que je ressens. C’est sure que ce n’est pas exactement pareil mais vivre l’abandon et le rejet d’une mère c’est douloureux. Et on se demande pourquoi et comment ça peut arriver, mais on vit pareil. Je vais prier avec toi pour la même chose à noël. Bonne chance JM.

  12. Hawch. Là, t’es fichtrement forte et solide comme femme. On s’effondrerait à moins. Vraiment, chapeau à toi.

  13. …”Alors pour Noël, s’il existe un au-delà, et qu’il existe un père-Noël, j’aimerais bien ravoir ma maman, en vrai.”

    merci de l’avoir écrit,
    ça résonne ici.

  14. …je suis très touchée par ce que tu écrit, je suis très proche de ma mère, je n’imagine pas un jour sans elle, et tes mots m’ont tiré des larmes…comment une mère peut se comporter ainsi ? comment un enfant peut vivre ce que tu vis avec/sans elle ? c’est inhumain ! je suis moi-même maman, et je n’imagine pas faire subir ça à mes petits, une fois qu’on est mère, on l’est pour la vie !!!!!!!! chaque jour je dis à ma mère que je l’aime, et elle me le dis aussi, et j’espère pouvoir avoir une telle relation avec mes enfants pour TOUTE la vie…je te fais de gros bisous de la france…cécile

  15. Je suis contente ce matin de travailler isolée des autres, dos à l’entrée de mon cubicule parce que je suis incapable de m’arrêter de pleurer. Sans entrer dans les détails, disont que ma situation ressemble à celle de manouche, la réconciliation en moins. C’est très difficile comme situation, malgré ce que les autres en pense.

  16. J’ai eu envie, là, sur le champ, de prendre le téléphone pour appeler maman… Mais on s’est parlé hier alors je me retiens. Surtout qu’on y a dédié plus d’une heure, fous rires au rendez-vous. Touchant et pleins d’émotion. Merci du partage

  17. On a l’impression de te connaître, d’être amis presque, sans jamais t’avoir vu, et, je suis certain de parler pour plusieurs, on se sent privilégiés de ça. Cette histoire avec ta mère est beaucoup trop complexe et intime pour qu’un mot de ma part y change quoique ce soit, alors je me contenterai de te souhaiter un joyeux temps des Fêtes avec tout ceux, et ils semblent nombreux, qui ont le bon sens de te garder près d’eux.

    Mais un mot quand même sur ta mère, on ne la connait pas mais on peut imaginer qu’il existe un sacré bordel bio-chimique au-dessus des épaules pour arriver à donner un sens à votre situation. On a le goût de te faire un gros câlin, mais personnellement j’aurais aussi le goût d’arrêter prendre un café avec elle pour lui demander de m’expliquer. Enfin. On est une drôle d’espèce…

  18. Après avoir lu cela, ce que je me suis trouvée épaisse d’avoir récemment dit à ma mère de se mêler de ses affaires alors que celle-ci ne faisait que s’inquiéter pour le petit coeur sensible de sa fille.

  19. Ma matoue…

    Philippe-A l’a dit, je le répète. Tu es une femme exceptionnelle, une amie exceptionnelle, une maman exceptionnelle. Tu es ce que la vie fait de mieux. Une des meilleures personne que j’ai rencontré de ma vie.

    Et faut que tu sois faite forte pour avoir surmonté ça. En quelque part, je comprends. Tu le sais…

    Je t’aime ma belle… XxX

  20. Merci pour ce beau témoignage très touchant, Martine.

    Je suis aussi touchée pour votre mère. Si je comprends bien, elle vous a élevée et menée à l’âge adulte. Et là, elle a décidé qu’elle passait à autre chose. C’est assez rare comme choix. Mais pour elle, sa job était finie. Et elle semble avoir fait une très bonne job avec vous, car vous êtes une personne exceptionnelle selon vos écrits pleins d’humour, du moins. Rien ne laisse croire qu’elle ne vous ait pas beaucoup aimée ni qu’elle ne continue à le faire. Pour des raisons qui lui appartiennent, elle a choisi de redevenir une femme, une fois ses enfants élevés. Je prends sa défense sans savoir vraiment, mais je suis persuadée qu’elle ne vous voulait aucun mal, bien au contraire et qu’elle ignore l’ampleur de votre souffrance.

  21. Oh. Oh. Je… Je ne sais que te dire. Mais c’est sûr que ma meilleure maman du monde recevra une énorme dose de tendresse la prochaine fois que je la verrai. J’ai 31 ans et je refuse de penser qu’un jour ma mère pourrait mourir (oui au conditionnel - la mienne vivra tout le temps, bon!), alors la savoir là, tout près… j’en pleure de l’imaginer. Ma mère me sert de référence-recettes, taches indécrotables, leçons de vie, ma mère est mon amie, ma mère est celle qui me soutient peu importe les bêtises que je fais. Je te remercie, simplement parce que ta douleur me fait voir ma chance insondable, mon bonheur formidable. Quant à ta mère, je lui souhaite de ne pas réaliser son erreur trop tard. Elle a droit à ses choix, bien sûr… mais ce choix-là a été fait avant ta naissance, et elle manque une femme formidable. J’imagine que différentes blessures l’ont amené à faire ce choix radical, mais qu’elle aura bientôt la sagesse de tempérer son radicalisme…

  22. On as tous nos cicatrices. La mienne se rapproche de la tienne. Malheureusement, le lien ne pourra plus jamais être le même. Les choix de vie, de spiritualité et la dualité qui s’est installée après la mort de mon père ont tout changé. Ma mère est encore là. Je l’appelle encore. Mais jamais plus notre relation ne sera comme avant. Ton billet m’a touchée.

  23. …chere nièce,je comprends ta douleur .Il m’arrive de penser à la mienne mais ,moi se fut pas pareil .J’ai une fille de 22 ans et aujourd’hui elle ne me parle plus parce que j’ai décider de me marier et elle a de la misere a me séparerdu rôle de mère et celui de femme.Ne t’en fais pas le temps arrange les choses .je te le souhaites pour Noël et même avant .Tu seras toujours sa fille et elle seras toujours ta mère.Allez ne gache pas le temps a te priver de l’amour de tes enfants .Tu es maman et ils ont besoin de toi eux.. Je t’aimes et merci de nous partager tes états et tes secrets .Bon courage .Bisou Tantine Henriettexxx

  24. Je suis très émue de votre billet, chère JM.

    Une attitude si marginale de la part d’une mère nous invite naturellement à nous questionner, c’est tellement hors-norme!

    Nous avons conscience qu’il existe des enfants maltraités, vivant dans une misère exécrable ou qui sont privés d’amour, mais qu’une mère mène ses enfants à bon port pour ensuite reprendre le large, c’est plutôt…déroutant.

    Cependant, je n’ai aucune misère envisager l’ampleur de votre quête. Faire son deuil d’une personne vivante me semble pire que de faire son deuil d’une personne décédée. L’espoir fait sa job…

    Merci de me faire apprécier ma mère, que j’ai tendance à tenir sans raison apparente à l’écart ces derniers temps.

  25. Martyne,

    Les larmes que ton texte ont fait naître sont autant de prières qui se joignent à la tienne…

    Que ça doit faire mal!!

    Comme j’ai envie de te serrer fort, là, tout de suite!!

    xxxxxx

    N.

  26. Je n’ai jamais connu mon père, et ma mère me fait buzzer mal en ciboire… tu n’est pas seule chère Martyne…

  27. Chère JM,
    Je ne suis pas du genre à regarder ou lire les histoires sentimentales, mais pourtant je ne peux m’empêcher de te lire. Ta générosité envers tes lecteurs et la justesse des émotions que tu me fais vivre par tes mots dépassent celles de bien des films ou reportages dramatiques.
    Je connais des mères formidables qui se dévouent corps et âmes pour leurs enfants au point où l’on doit leur rappeler de penser à elles. Ils semblent que parfois, il y en ait, comme la tienne, qui tombe dans l’excès inverse.
    Comme père, je ne peux m’imaginer une telle chose. J’aimerai toujours, toujours, mes enfants…
    Tu me rappelles la chance que j’ai d’avoir des parents merveilleux.
    Passe de joyeuses fêtes, et que le Père Noel puisse t’entendre. o

  28. …Josée-Martyne,
    Je te souhaite de garder fort cet amour que tu as pour ta mère.
    Je souhaite qu’un vent souffle au fond du coeur de ta mère tout l’amour que tu as pour elle.
    Je souhaite que au fond de son coeur une raie de lumière se rende, pour effacer les sentiments sombres, et lui permette à tout le moins de te libérer d’elle.
    Tu donne tant à nous tous, recois aussi de nous. On t’aime, incluant moi même bien sur !!

  29. Ce billet, que je lis avec un peu de retard, me happe totalement.

    Je connais le manque. Pas que je vive un manque de Maman. Non, la mienne est assez merveilleuse. Par contre, je n’ai pas de papa. Je n’ai jamais eu de papa. Oui, j’ai un père biologique, mais pas de papa. Et ce n’est pas lui qui au bout du compte a tout abandonné, c’est moi. Mais le manque est là, quelque part autour de moi. Quelque part au fond de moi. Et le sera toujours.

  30. C’est beau les mamans. Les mamans comme toi la matoue. Ça fait du bien les mamans. Elles nous réconfortent et apaisent nos tourments. Elles nous écoutent et nous transmettent les sentiments d’être considérés, reconnus et entendus. Parfois même,les mamans arrivent par leur présence, voire même par leurs écrits, à faire en sorte que nous nous sentions compris et moins seuls. En nous aimant, elles nous donnent espoir en la vie.

    Heureusement, pour plusieurs d’entre nous qui n’en ont jamais eu, jamais tout-à-fait eu ou qui l’ont perdue, des mamans, y en a partout. Ce sera jamais comme notre vraie maman, mais ô grâce, vous faites toute la différence, chères mamans du monde.

  31. Je suis en retard dans mes lectures…
    J’arrive en retard, mais je suis là…
    Dieu que je suis chanceux d’avoir des parents complètement “en amour” avec leurs enfants… Ils ont fait leurs erreurs, mais ils sont là. En entier. Et ils font tout pour réparer…
    Dire que j’ai voulu qu’ils s’éloignent…
    Je pense à toi de tout mon coeur.
    Je t’envoie des tonnes de lumière blanche et pure pour toi, ton amoureux, tes fistons et cette femme, qui doit avoir très mal aussi…
    XXX

  32. Orpheline de mère vivante…..
    Je suis dans ce cas et souffre atrocément….
    Comme vous, Martyne, ma mère m’a prêtée une grosse somme d’argent que je vais pouvoir lui rembourser grâce à l’héritage de mon père (qui soit dit en passant, ne m’a jamis aimé, lui aussi, (Qu’est- ce qu’il y a avec moi?),mais son amertume te ses mots blessants me font du mal.
    Est-ce parce que nous exerçons le même métier toutes les 2, dans 2 villes différentes, ou parce que mon affaire devient plus florissante que la sienne (difficile de le cacher!! Et pourquoi le cacher à sa mère), toujours est-il que je me suis aperçu que elle ne me considère plus comme sa fille mais comme un service banquaire …..

    Nos conversations , quand je parle, ne sont plus des conversations normales, bref, mon état psychique se dégrade petit à petit, et pourtant tout autour de moi est au beau fixe: une adorable petite fille de 10 ans et un mari adorable et aimant!!!!
    De voir que je ne suis pas la seule à subir un abandon filial me rassure (excusez-moi Martyne!), mais après avoir été “désaimé” par mon père (à sa mort, je n’avais pas de ces nouvelles depuis 25 ans!!), je suis aujourd’hui très choquée que l’on puisse maltraiter sos enfant; d’autant plus que ma mère n’a pas du tout les mêmes discours avec mes frères qui ont 10 ans de moins que moi………
    A ne rien comprendre….
    Après être rentré en analyse à la mort de mon père, je pense devoir rentrer de nouveau en analyse, pour abandon maternel…
    Affection, tendresse, sont des choses que je ne connais pas de mes parents, mais matériellement ma mère a toujours été là …
    JE SOUFFRE!!!
    Je ne comprends pas çà!!
    Une chose est sûre, c’est que ma fille aura toute l’affection et la tendresse dont j’ai manqué et saura toujours me trouver, nous serons toujours là pour elle, à n’importe quel moment de sa vie.
    Merci Martyne, je crois que mon analyse a commencée…..


    La douleur insondable est palpable… et pourtant, impossible de mettre le doigt directement dessus. Des écueils nés de la maternité et de ses suites, je pense, personne n’en sort complètement sain ! Heureusement, il existe des voies de sorties, des aires de repos, et nos petites familles «à nous», celles que nous réussissons à créer, à préserver et à conserver jalousement des affres vécus. Une expérience qui, pour nous, viendra renforcer l’idée que l’avertissement vicarial est, parfois, bienvenu. Courage, Cécile, courage et sourire. Devant l’hier comme le demain. Puisque nous sommes, encore, malgré tout, mère. Jusqu’au bout. Nous. J’ai apprécié votre commentaire.

  33. 10-4 ……L’écho est arrivée, vibrante d’une plainte qu’il est dur de commenter… La douleur d’une mère manquante, qui fut jadis aimante… Comment la décrire? Quand on s’prend à s’faire des misères, à troquer l’ temps pour un murmure, une image, pour son dû…. Quand d’un bord on s’dit qu’ca fait comme pas de sens de voir les racines s’ battre avec leur tige… Fec y’ a c’ besoin d’elle qui prend son trou, comme un enfant mal sevré qui d’ vient fort, mais qui reste fragile…

    Je vous souhaite un été de HARLEY sans thon (dans L’eau plusse que dans l’huile, sinon ca rend les vitres visqueuses ) Donc, un été de Harley, avec l’ éternité dans tous les p’tits moments parfaits tellement y l’ sont pas ! Un été de rire et de rapprochements vivants et aimants… Une mère présente : TOI! T’en a vu d’autres, l’ oublies pas… Mais Tu es Là… Et eux y sont aussi, différemment…. Tu es leur Elle…

    C’t'avec des citrons.. qu’on fait d’la citronnade. Bravo pour les coups de gueule, les ripostes, les abdications aussi… Merci pour les mots crus. Pour les silences. Pour les sourires. Pour les mots qui font l’orgueil envieux. Pour les images…surtout.

Laissez votre réponse