On fait quoi quand on devient soi ?
Par Matoue • jeudi 15 mai 2008 à 22:33 • Catégorie: Mamour'ing, NouveauCe n’est pas très commun à notre époque de rencontrer une femme de 34 ans, mère d’un Adulescent qui aura 18 ans en août, et mère d’un Benny-le-kid qui débutera le secondaire en septembre, à 12 ans.

À l’heure où la plupart de mes amies commencent “leur famille”, moi, la mienne est bien élevée. Ma soeur, qui n’a qu’un petit 18 mois de moins que moi, a deux enfants en bas-âge, et se prépare à pondre le troisième. Plusieurs de mes amies ont vu leur carrière ralentir à l’arrivée des rejetons qu’elles veulent nombreux. Moi, c’est tout le contraire. J’ai mis en veilleuse plusieurs ambitions et heures de disponibilités pour me consacrer à mes petits princes.
J’ai passé ma jeune vingtaine à trimer dur entre les études universitaires d’un côté, un travail mal payé pour les financer, et les enfants, la garderie, les écoles primaires et les travaux d’équipe à conjuguer à tout cela. Je jonglais plutôt bien, j’avoue, mais j’enviais mes copines d’université d’avoir tout ce temps devant elles, alors que bien souvent, moi, je devais faire “mes” devoirs après avoir aidé mes enfants avec les leurs. Faute de gardienne, j’ai même déjà trimbalé les enfants à un examen de fin de session en communication !
Bref, quand elles pouvaient sortir et se payer du bon temps, c’est moi qui ne pouvait pas.

Maintenant que je peux respirer entre deux tâches et que j’ai la chance de bénéficier de temps libre, ce sont elles qui ne peuvent plus - à cause, bien souvent, des mêmes obligations que je leur donnais en défaite !
C’est un drôle de paradoxe, en fait. Cette nouvelle liberté qui, aujourd’hui, m’apparait comme “trop”. Trop de temps libres, est-ce possible ? Je me sens comme une nouvelle retraitée qui prépare ses journées en tentant de combler les vides ! Cette liberté qui justement était le fait de mes amies, jadis, alors que je devais rester chez moi, le samedi soir venu, faute de gardienne pour les petits. À l’époque, je les enviais souvent ! Maintenant…
Maintenant, je me demande ce qui me définit, aujourd’hui, là là. Je suis toujours mère, évidemment. Mais l’idée du bureau “à la maison” qui me permettait d’être disponible pratiquement en tout temps me sert bien peu. Mon réseau social est pratiquement inexistant ! Mes amies sont occupées - et vivent toutes à des heures de route. Ma famille s’occupe de la sienne et jongle avec ses horaires. Les soirées où je devais vérifier si un tel avait pris sa douche, l’autre fait ses devoirs, un tel mis son réveil-matin, l’autre apporté son document d’école, un tel besoin de vêtements propres, l’autre un lunch à faire ; ces soirées-là sont désormais calmes, parce que mes petits s’occupent désormais très bien de leurs tâches. Une petite supervision de “foremom” simplement.
Cette semaine, fiston premier est seul dans la Grande Pomme. Son premier New-York sans les parents. Je me couche, le soir, et il n’est pas là. Je me lève, le matin, et il n’est pas là. Ce qui me donne un avant-goût de l’arrière-goût que j’aurai, en août, alors qu’il regagnera ses quartiers à Rivière-du-Loup, pour le cégep. Benny-le-kid commencera le collège en août également. Sa première année du secondaire, là où les amis deviennent omniprésents, les activités parascos importantes et les weekends moins familiaux. En magasinant les uniformes de Benny-le-kid, cette semaine, tout-à-coup, ça m’a sauté au visage : dès septembre, moi, je ne serai plus maman-à-temps-plein. Je serai moi-à-temps-partiel.

Dites, qu’est-ce qu’on fait quand on est soi ?
On travaille davantage ? On sort davantage ? On écrit davantage ? Mais pourquoi ?
Moi, je l’aimais ma petite vie tranquille de maman-au-foyer. Quelques contrats par-ci, par-là. Quelques sorties rares, en amoureux. Et le temps de voir grandir mes matelots qui, justement, s’apprêtent à gagner les flots sans ma protection constante.
Mex et moi, on a pensé à adopter un enfant.
Et je me suis dit que ce n’était peut-être pas l’idéal de concocter un bébé uniquement pour combler ma peur du vide inconnu - et pour avoir enfin la même vie - en même temps - que mes amies !
Je trouverai surement mon rythme de croisière. On traversera la rivière arrivé au pont, oui, je sais.
C’est juste que là en ce moment, je vois la berge. Je vois la rivière. Je ne vois que l’espace, le vide, l’eau qui coule rapidement. Mais je ne vois pas le pont qui m’amènera à l’autre rive.
Ce n’est pas commun, à 34 ans, de devoir regarder les années “derrière soi” pour penser aux petits et à la vie familiale animée. C’est sans doute pourquoi j’appréhende les prochains mois : je sais, malgré mon jeune âge, à quel point les enfants vous poussent à un accomplissement merveilleux ; à quel point leur monde devient le vôtre avec bonheur ; à quel point ils sont synonymes de joie, de tendresse et d’inconditionnel amour ; à quel point ils sont magiques.
Mes petits possèdent toutes les qualités requises pour entrer de plain-pied dans leur nouveau monde, bientôt. J’en suis fière, très fière. Mais égoïstement, parfois, j’aimerais ça qu’ils me demandent encore autant qu’avant. Juste pour que je puisse me sentir indispensablement maman, comme avant…






Trois enfants. Presque 8 ans, 5 ans et 16 mois. Une vie palpitante a l’autre bout du monde. Me suis jamais arretee de vivre, j’ai integre mes enfants dans ma vie. Toi c’etait different, tu avais tes etudes… Tu voulais pallier pour un avenir plus sur pour tes enfants. Et c’est tout a fait normal!! Mais a 34 ans, et moi presque 33, tu dois apprendre a te connaitre. Tiens, sort un soir avec le Mex. Faites la fete. Tu vas surement rencontrer des gens qui auront des affinites… J’aimerais parfois te serrer dans mes bras. Je ne te connais pas, mais tes histoires me touchent. Depuis New Delhi, ou je vis presentement, je te lis souvent. Et je te comprend. Et je souris et je ris. Et je me dis que la vie est belle… De pres ou de loin! Saute dans la vie, tu vas voir, tu vas decouvrir plein de choses!
unpapaenvoyage.blogspot.com
ventdusud.blogspot.com
Baon, ca te tente tu d’avoir une bouffeuse de suchi de boeuf cru lol! Le meilleur conseil que je peut me permettre de te donner c’est vie au jour le jour point, et tu verras les surprises de toutes sortes apparaîsses et tu te rend compte que la vie continu, que tes ami(e)s sont toujours la mais plus occupé mais que dans leurs coeurs tu restes leurs tite matoue adorée! Et la je m’inclus hein!
Les changements de “routine” sont difficiles. Tu changeras sûrement de “mood” et tu (ré) apprendras à t’écouter et te faire plaisir.
Beau billet, très touchant pour la maman que je suis, présentement dans le tourbillon des premières années.
Tu trouveras sans même trop chercher.
Ici, j’ai trois ans de moins que toi, deux enfants… Un prince de 4 ans, une princesse de 8 ans. Je jongle donc avec le comment je ferais pour concilier mes envies et les enfants, le mari, etc.
Dites, qu’est-ce qu’on fait quand on est soi ?
On suit le courant. Et croyez-moi le voyage est passionnant, plein d’imprévues et de surprises. Il suffit de lâcher prise, de se laissez aller et d’avoir l’ouverture à la vie. Aucun doute que vous en possédez suffisamment pour faire un beau voyage.
Annick au pays des merveilles
Ah, la grande question! Qu’est-ce qu’il y a devant? La vie, tout simplement.
Comme vous, Intellex, j’ai été mère ben ben de bonne heure. Dire “trop” serait juger. Je le dirai pas. Et ben ben “toute seule mono pauvre comme la gale”. On m’a prise pour la gardienne ou la grande soeur longtemps! Il a aujourd’hui 25 ans et moi, je pourrais encore avoir un enfant (heu, aucune tentation à l’horizon cependant)! Le voir adulte, autonome, amoureux et sachant cuisiner autre chose que des grilled cheese me remplit d’une joie sans nom. Le Kid est devenu un homme.
Retrouver le “soi” de mon nouveau “moi” a été un immense bonheur. Une ivresse.
De courte durée cependant! Deux petits mois!… Et la fille de l’Ingénieux est venue habiter avec nous à temps très plein alors qu’elle avait dix ans et la maturité d’une enfant de quatre ans qui avait beaucoup de besoins.
C’est en “recommençant” que j’ai mesuré à quel point le deuil de ma liberté retrouvé était difficile. À quel point aussi TOUT l’entourage, aussi bien la famille, les amis que les collègues, trouve normal qu’une femme s’oublie pour un enfant, même si elle n’est pour rien dans sa mise au monde.
C’est peut-être ça qu’il faut changer… Cette pensée collective qui veut qu’une femme ne soit vraiment femme que si elle est mère.
Mais je pense à quand elle partira, autonome,
profite de ta liberté…Je crois qu`elle est vraiment méritée!!!
Et si cette deuxième vie, qui arrive un peu tôt dans la tienne, était indispensable à notre équilibre. Après avoir tant donné, on mérite bien une petite pause, ne trouves-tu pas? Tu trouveras, j’en suis certain…
Réapprendre à vivre, réapprendre à se connaître, je connais. Cela fait huit ans que je me cherche encore en plus du “petit” désagrément de ma vie.
Avoir des enfants, un rêve qui ne sera jamais réalisé. Au moins, tu peux te consoler, tu as eu deux magnifiques enfants. Tu as en plus un homme merveilleux à tes côtés, un travail qui te passionne, une Harley qui te permet de vivre l’adrénaline. Je crois que tu n’as pas besoin de chercher ce que tu feras de ton temps. Tu es bien entourée, cela se fera tout seul, tu ne t’en rendras pas compte et oups!, une journée, tu vas te retrouver grand-mère et tu pourras recommencer à dorloter les enfants de tes enfants.
“Carpe diem”. Vivre le moment présent. Tu vas voir, tu vas y prendre goût.
Bienvenue dans ta nouvelle vie!
Je souris en imaginant ce qui t’arrivera quand les hormones de la fin trentaine envahiront tous tes moments d’intimité. Houhouhouhou ! La vie est bonne.
C’est drôle, ici c’est tout l’inverse, j’ai 27 ans, mon bébé à 6 mois et j’éprouve beaucoup de difficulté à “effacer” en quelque sorte la fille que j’étais avant mon bébé, je m’ennuie encore souvent de ces moment ou je pouvais lire un livre pendant des heures, suivre mes cours sans me demander quand je réussirais à étudier, à me tracasser pour savoir si j’aurai une gardienne pour pouvoir aller au restaurant avec chéri… Contrairement à plusieurs, je suis loin de trouver cela évident. Je dois apprendre chaque jour à réorganiser une vie à laquelle on était habitués depuis plus de 6 ans… tout un contraste maintenant…. Malgré tout, j’adore mon petit homme, il est formidable, chaque jour de plus en plus,. à mesure qu’il grandit et apprend de nouvelles choses!
Je suis sure que tu sauras profiter de cette nouvelle vie et que tu retrouveras vite les choses qui te manquaient et les apprécieras davantage!
FAYDRA : Je retiens bien le “j’ai intégré mes enfants dans ma vie” ! Cette phrase me plait. Dans mon cas, ça aura été un long voyage avant de comprendre comment je pouvais y arriver !
Je m’y efforcerai. J’adore les courants, ce sera aisé !
ANNIE : Message reçu ! Le sushi de boeuf… quel souvenir, quand même ! (On garde d’ailleurs la “trace” de ton passage chez moi directement sur le mur jaune de la cuisine !)
CATHARSIS : J’y compte bien… j’appréhende cela, d’ailleurs, le changement de “mood”. Je me demande ce que je penserai de moi, dans quelques mois !
KENNZA : J’imagine que cela se fera doucement, oui. J’ai tendance à légèrement exagérer mes appréhensions ! Comme toutes choses qui se passe en moi, tout arrive en tourbillonnant et se place… en douceur !
ANNICK : Lâcher, laisser et ouvrir. Noté !
CHRONIQUES B : C’est exactement cela, juste cela et encore cela. En quelques mots, vous avez fait la synthèse parfaite de ce que je tentais d’exprimer. Qu’est-ce que cela doit être difficile de passer à travers le chemin du retour à soi pour revenir dans d’autres pas et recommencer l’histoire !!!
TITE-SOUILLE : Sage, sage suggestion ! Je profiterai, en effet ! Me reste à trouver comment, mais ça ne saurait tarder !
EN SAIGNANT : Je trouverai. Oui. Ce qui me tarabiscotte, c’est le “quand” ! Mais je sais, au fond, que je trouverai !
PORCELAINE : Ahhhhhhhhhhhhh ! Grand-mère ! Ahhhhhhhhhhh ! Au secours ! Qu’est-ce que ça me parait lointain, ce futur pas si loin, finalement !!!
MISSMATH : Ohhhhh que Mex va adorer ton commentaire ! héhé !
ORKYDAY : Il me fait tout drôle ton commentaire. Peut-être parce que je ne sais pas ce qu’est la vie de couple “sans” enfant ! J’ai démarré la machine très tôt, et dès ma première nuit en appartement, j’avais un enfant ! J’imagine mal un autre chemin que le mien… ce doit être bizarre de passer du fusionnel “deux” au familial “trois” !
Vous êtes géniaux, je vous l’ai déjà dit ? Géniaux. Suffit que j’aie un petit coup de coeur qui bat trop vite pour que vous me sortiez vos gentils mots et vos encouragements. GÉ-NI-AU-X. Merci, gang.
J’ai été moi 40 ans. J’ai eu une carrière comme je la voulais, sans être carriériste (quel mot horrible, surtout dans la bouche d’une dame!), qui m’a permis de rencontrer des gens fabuleux, de voyager un peu partout, d’être tout près tout près du pouvoir (enfin, ce qu’on pense être le pouvoir!). Et puis, en l’espace de 3 mois, je suis passée de célibataire macho à conjointe, belle-maman de deux adorables enfants et enceinte! Ouste le chat, bienvenue la vie de famille! Difficile, l’adaptation? Parfois. Parfois, 15 secondes à la fois, j’ai une folle envie de retrouver la MJ d’avant, qui partait sur un coup de tête en nowhere. Mais, même si ça fait cliché cucul la praline, suffit d’un “maman je t’aime”, d’un souper de famille avec la tribu élargie pour que je sente que maintenant, je suis à la place ou je dois être. Moi, je fais confiance au destin: il sait très bien nous amener là ou on doit être… il l’a aussi fait avec toi, et il continuera à le faire!
MJ : Woah. 40 ans à n’être que soi… j’enviais, autrefois, cette expérience. Et puis le temps, comme vous dites, s’est chargé de me rappeler que rien n’arrive pour rien, que tout est à sa place comme le destin l’a présenté. Je vis de mieux en mieux avec la maman, la femme, l’épouse et la mère-de-grands garçons que je suis. De mieux en mieux, avec le destin… et le temps !
Quand on a du temps à soi, on met la musique au fond et on embraye!
Ou bedon on visite ses copines.
Ou alors ché pas.
Il faut certainement y réfléchir un peu. Parce que le vide prend beaucoup de place et il vaut mieux attendre qu’il se tasse et que monte toute seule la réponse.
Crispinouche
J’ai trois petits poux à moi : cinq, trois et un an! Il y a le fils à mon conjoint (le grand frère des trois poux) qui vient d’avoir onze ans. Tout le monde nous dit d’arrêter! Que ça n’a pas de bon sang de continuer à pondre des petits alors que nous sommes encore aux études (hé oui!). Moi, je termine bientôt, mais mon chum effectue un retour, alors il re-commence…
Au début, j’étais plutôt d’accord; j’ai besoin de temps pour moi. À vingt-cinq ans, je n’ai pratiquement connu que ça des bébés! Après avoir passé mon adolescence à garder mon jeune frère de sept ans mon cadet et les petits des voisins, je rencontre mon homme dès les début de ma vie d’adulte et il a un petit bonhomme de quatre ans! Après ce sont les miens qui arrivent! Un an, enceinte et un an à allaiter. Alors, je me dis d’arrêter ça là pourrait être très bien pour ma petite personne…
Jusqu’à tout récemment, mon conjoint n’était pas d’accord. Puis, finalement, il m’a proposé de fermer boutique. Depuis, je panique! J’ai cette impression que tout est déjà fini trop vite. Je m’imagine déjà dans la mi-quarantaine avec un premier petit enfant, mais entre les deux, je n’arrive plus à voir…
Tout ce blabla pour te dire que je te comprends…
Sincèrement.
Ow !
Je suis tombé sur ton billet par hasard,… et j’hallucine.. j’ai 21 ans et honnêtement, en soirée comme ailleurs je regarde les filles de 34 ans, comme des filles que j’aurai envie de draguer.
Les potes de ton fils de 18 ans vont fantasmé grave…. crois-moi haha !
Surtout que les trentenaires, elles sont au top,…. belles, encore jeunes, et pas connes !
La trentaine c’est la quintessence de l’être humain.
Profite de la vie, ça ne durera pas tout le temps.
Bise.