L’EXception…

Par Martyne • vendredi 21 avril 2006 à 09:22 • Catégorie: Mamour'ing
L’EXception et moi, un soir particulièrement bien arrosé…

Hier midi, couchée sur la table de torture, en train de me faire cramer le poil, entre deux bips-bips-scrrrrtccchhh du laser, je me rends compte que je suis en train de dire à Maryse, la gentille technicienne, «J’te l’dis, je le recommande à toutes les femmes» !!! Et je parlais de mon ex, Jean.

Drôle d’histoire que la nôtre… Je connais Jean depuis des lunes. Quand il est arrivé au Lac, directement de son Yamaska, j’avais à peine 14 ans. Immédiatement, il est tombé dans l’oeil de ma bonne amie, Anik. À plusieurs reprises, nous avons été ensemble, Anik, Jean et moi. Jamais rien, jusque là, ne m’aurait permis de penser que…

Quelques années plus tard, j’apprends qu’il va se marier avec Isabelle, une autre bonne amie de l’époque. Wow ! Drôle de coïncidence ! (Roberval, c’est pas très grand. Presque toutes les filles avec qui tu vas à l’école deviennent tes amies, si t’es pas trop chiante.) Jamais rien, jusque là, ne m’aurait permis de penser que…

Les mois passent. Un soir, pendant la Traversée du Lac, en marchant dans les rues, je recroise Jean qui est, cette fois, aux bras de Sylvie. Nan, bande de pervers, il n’était pas «avec». Juste en compagnie de. Bon ! Depuis tellement longtemps, Sylvie est la meilleure-amie-de-Jean-et-non-je-couche-pas-avec-on-est-amis-un-point-c’est-tout-oui-ça-se-peut. Sylvie, c’est une légende vivante. Une des femmes les plus extraordinaires que je connaisse. La plus folle aussi. Elle me dépasse largement en folie brute. LARGEMENT. Irrésistible, charmante, drôle, maniaco, sans pudeur, toujours sur un high - ou sur un low- mais rarement plate, pas-barrée-à-5, comme on dit par chenous. Sylvie + Anik + Isabelle + Moi = amies. La quadrature du cercle, genre. On se connait toutes. Amies depuis le primaire. On peut passer des mois sans se donner de nouvelles, et puis rappliquer comme ça, chez l’une, chez l’autre, sans avertissement, pour reprendre exactement là où on s’était laissé. Jean, donc, m’apprend qu’il est fraîchement divorcé. On fait la fiesta du «Souper dans les rues» pendant un moment, et puis chacun retourne à sa casa. Salutations faites, tout le monde est «à jour» dans le potinage de région. Jamais rien, jusque là, ne m’aurait permis de penser que…

Quelques semaines passent… Un soir, dans un des trois bars de mon patelin, je croise Jean. Tout sourire. Accompagné de son meilleur ami - qui, de fait, est devenu le parrain de Benjamin, quelques années plus tard ! On se questionne : «Et toi, ça va ?» «De la nouveauté ?» «Ah oui, encore célibataire ?» «Ah, moi aussi…». Et je lance, comme une grosse blague, comme juste-pour-faire-rire, comme pas-sérieusement, avant de retourner à ma table où m’attendaient mes amies, «alors on se «cruisera» demain, si on se revoit».

Le lendemain, poussée par un infime moment de lucidité de la veille, je me souviens de ce que je lui ai dit. Drôle, quand même. Jamais, jusque là… bin… peut-être, finalement…

On s’est revu. Je suis allé le «trôler». Il m’a invité… et blablabla. À la fermeture du bar, on est allé manger. [...]. Et puis quand il est venu me porter chez moi, vers 5 heures, comme je n’avais pas de café à proposer, je lui ai dit : «Je t’ai acheté une brosse à dent ce matin, tu veux venir l’essayer ?». On a vécu ensemble à partir de ce moment là.

Benjamin est né l’année suivante, tout juste après la fin de mon secondaire, que j’avais finalement décidé de terminer. Jean m’a annoncé, un matin : «Je pense que ce programme là est pour toi», en me remettant le programme du cégep. Ah oui, vraiment ? J’ai regardé, j’ai acquiescé, j’ai terminé le DEC deux ans après. Puis le temps, le déménagement à Québec, l’Université, son nouveau travail, le temps, encore, la vie qui se charge de nous changer, juste assez pour que plus rien ne soit comme avant… Ça aura duré cinq ans. Cinq magnifiques années. Et un matin, comme ça, un matin plus clair que d’autres, un autre matin, simplement, on s’est regardé et on a su. Que ce n’était plus comme avant. Que ce n’était plus «ça». Pas de cri, pas de crise, pas de chicane. Juste la constatation. Et ce qui s’en suit.

Depuis, Jean est toujours là. Comme un de mes meilleurs amis. Comme le père de Benjamin, aussi. Comme… Jean. Une force tranquille, un ange de patience, un bon vivant, un attentionné à deux pattes. On s’appelle 3-4 fois par semaine. On se voit aux 2 semaines pour s’échanger fiston pendant les weekends. On s’invite à souper. Tout comme avant, excluant la vie en commun et le coeur amoureux.

Je racontais, hier, à Maryse : «Tellement attentionné que quand j’arrivais de l’école, complètement crevée, il allait me faire couler un bain et pendant que je me prélassais sur le divan, il m’amenait un verre avec l’eau du bain, juste pour que je puisse lui dire si la température de l’eau était bonne…». «Tellement attentionné qu’à chaque semaine, je recevais un bouquet de fleurs, toujours différentes, selon l’humeur…». «Tellement attentionné que tous les jeudis, avant d’aller au boulot, il me demandait ”ce que je voulais écouter cette semaine” et revenait avec le CD que j’avais choisi…». «Tellement attentionné que pendant 5 ans, chaque matin, dans un petit cahier ligné, il m’écrivait quelques mots. Au total, on doit bien avoir 150 cahiers…».

Mais pourquoi tu n’es plus avec lui, espèce de malade, que je vous entends penser !!! Je vous l’ai dit, tantôt : c’est la vie qui s’est chargée de nous mener sur d’autres chemins. Et c’est très bien ainsi, d’ailleurs. Ça lui a permis de sortir de l’enfer de mon caractère de chat mouillé, et ça m’a permis de rencontrer l’Autre. Et justement, mon Mec, dans tout ça ??? Mon Mec, il l’adore, mon EXception. Ils s’entendent bien, parce qu’il n’y a aucune rivalité. Chacun a son rôle, parfaitement. Quand Jean reste souper ici, c’est souvent mon Mec qui lance l’invitation. Même chose quand ils partent ensemble en bateau. Ça fait longtemps que ces choses-là ont été réglées, entre nous : «Jean, c’est un des meilleurs gars du monde, c’est le papa de Benjamin, c’est mon presque-meilleur ami, et ça sera le tien aussi, si tu le vois autrement que comme un ex.» Évidemment, la première fois que Jean est venu dormir à la maison, parce qu’il était en vacances au Lac, mon Mec a fait les gros yeux… C’est assez rare qu’on invite l’ex à faire dodo chez soi… Reste qu’avec le temps, ils se sont connus, se sont apprivoisés, et maintenant…

Mon Mec affectueux - et soûl - et l’EXception - aussi soûl, finalement !
Jean part en Afrique avec Benjamin pendant 2 mois l’hiver prochain. Sa soeur, qui y vit, va se marier là-bas. Et devinez qui ils ont invité à se joindre à eux ? Ouais, nous. Parce qu’on s’aaaaaaaadoooooorrrrrre !

L’amitié entre ex-conjoint ? Je sais, je sais, ça n’arrive pas tous les jours. Un vieux dicton scande qu’on : «choisit son conjoint, jamais son ex». Et parfois, c’est plutôt l’inverse… Mais… Oui, c’est possible. C’est même très faisable. Et tellement agréable !

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17 Réponses »

  1. Wow! Je suis impressionnée par tout ce respect pour ton ex… Chapeau, parce que bien des couples se séparent avec animosité et amertume. Mes parents devraient aller passer une journée avec toi pour quelques conseils…

  2. Parfois dans la vie, on est bien mieux en étant amis que conjoint. J’imagine que c’est le constat que vous avez fait. Et c’est tout à votre avantage, autant qu’à l’avantage des enfants. C’est tellement plus agréable, en effet. Le fait que ton mec l’adore aussi ça doit aider pas mal, c’est pas toujours évident de laisser un peu de place aux ex !

  3. I think that’s how all ended relationships should be.
    My parents are exactly like you and your ex. Et heureusement d’ailleurs, ca fait des supers soupers de famille 4 parents.

  4. Ohhhh! Que ça me parle à moi aussi ce billet-là!
    Ça n’a pas toujours été ça, mais c’est presque devenu ça entre mes parents divorcés.
    Ça n’a pas toujours été ça, mais c’est assurément devenu tout ça et encore plus avec le père de mes enfants aussi.
    La différence, de mon côté, c’est que pas un de ceux qui l’ont suivi ne sont arrivé à l’accepter totalement dans le décor, au mieux, ils l’ont toléré, sans plus. Tout ne peut pas toujours être parfait, mais ce qu’on a, lui et moi, comme vous l’avez aussi, c’est énorme et précieux. Ça je le sais. ;-) Bon voyage!

  5. Heyy c’est génial l’Afrique pour Ben! Maudit chanceux! Et vous avec, qui êtes invités!

  6. Wow! Quel beau billet, Matou(e)
    J’ai des histoires similaires dans ma vie… Souvent, les ex deviennent les meilleurs amis du monde. Tu me lis depuis assez longtemps pour savoir que plusieurs de mes ex, dont la fabuleux Spécial-K, et l’ex de Chum, Makantouane (le papa de Félix)- sont nos amis du quotidien, des bons moments commes des mauvais… Ils sont là… Plusieurs personnes ne comprennent pas, dont ma mère… Elle ne comprennait pas que Makantouane soit là à ma fête et qu’il soit ami avec moi alors qu’avant moi, Chum était avec lui… J’ai été un peu méchant, je lui ai lancé - “On est mature!”
    Ouch!
    Merci pour ce billet!

  7. C’est qu’il est mignon comme tout, en plus, cet Exception !

  8. Miam! J’approuve Valérie, il est cute! Super billet, Matou(e)… Comme à l’habitude! Si tu savais comme j’adore te lire!

  9. Première empreinte sur ton blogue.. ;-)
    Chouette ton texte.. Moi aussi j’entretiens toujours une excellente relation avec ma première femme. On a été ensemble 8 ans. Et aujourd’hui nous sommes encore d’excellents amis. Ce qu’on aurait du être, sans devenir plus.

    Je trouve ça vraiment cool ta relation avec ton EXception. C’est vraiment une exception. Félications.

  10. Je comprends pourquoi tu l’appelles l’EXception! C’est une histoire magnifique, Matou(e)…

  11. Coudonc, c’tu une pub pour plugger ton ex? :-))))))))))))

    Passssque c’est sûr que sur la toîle il va faire des intéressée! Dis lui de se partir un blog pis plug le sur 10:51 LOL!!!

  12. Wouah, particulier que tous cela. C’est magnifique une telle entente.

    Ce qui m’effraie là-dedans c’est qu’un amour puisse se terminer comme ça, un beau jour, sans que rien ne te signale que le vent va tourner. Je n’aime pas la surprise de l’imprévu…

    Quelle sérénité! Il me semble que je verserais dans le mélodrame moi!

  13. Et pourquoi pas?

    Accent Grave

  14. Tu as été mon soleil… Vraiment hier… Une chance qu’il y a eu ton billet dans la blogosphère…
    merci d’être là, Matou(e)

  15. C’est bien vrai ça qu’on choisis ses conjoints et jamais ses ex ! Moi en tout cas si j’avais su que mon ex allait être si chiante… :) J’ai l’impression Matoue, que toi, personne ne peut ”mal” s’entendre avec toi. Que tu vas toujours essayez de régler les affaire pour le mieux, que tu vas rassemblez les gens et essayez de les faire sourire le plus possible. Ça doit être pour ca que tu t’entends si bien avec ton ex.

  16. Très belle histoire ! Comme quoi, entre gens censés… :-)

  17. :)

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