Les rouleaux de Rollande…

Par Intellexuelle • dimanche 10 février 2008 à 22:06 • Catégorie: Cabotinage, Nouveau

C’était en 1990. Je m’en souviens très bien. Trop bien. Souvent, pour me rappeler des choses, des événements, je les associe à d’autres choses ou d’autres événements. Celle-là est facile.

J’étais enceinte. Comme je n’ai été enceinte que deux fois dans toute ma vie… À ma première grossesse, donc, il m’est tombé quelque chose sur la tête. L’envie d’avoir des cheveux de “madame”. Les psys et les bien-pensants vous diront que ça a probablement à voir avec les seize ans de l’époque. J’étais si jeune, alors je voulais “paraître”, “apparaître” plus âgée, question d’équilibrer les choses. Probablement.

J’arrive de chez la Ménagère de moins de cinquante ans, et le billet de Dom m’a amené à ressasser ce vieux souvenir…

Toujours est-il que j’ai décidé, avec ma bedaine naissante, sur un coup de tête, d’avoir les cheveux frisés. À mon avis de l’époque, ce devait être ça l’image de quelqu’un de mature. Mercédès, ma meilleure amie, avait les cheveux bouclés et tout le monde disait qu’elle faisait plus vieille que son âge, faque…

Quelqu’un oserait défier une décision esthétique prise par une femme enceinte aux hormones bourgeonnantes ? C’est bien ce qui s’est passé. Personne n’a osé, et je me suis ramassée… chez ma tante Rollande.

Il faut dire qu’à cet âge, je ne connaissais pas une très grande variété de coiffeuse. Et pis j’étais pauvre. Et pis j’ai toujours fait des choses étranges avec mes cheveux. Et pis mon chum de l’époque avait une coupe Longueuil. Hein, que j’étais pas-si-pire.

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Alors je me suis ramassée, avec Mercédès, chez ma tante Rollande. Parce qu’elle était en train de suivre un cours de coiffure. Et qu’elle habitait au coin de ma rue. Qu’elle ne me coutait pratiquement rien. Que je lui rendais “service” en étant cobaye. Et parce qu’une permanente, me semble, c’est facile à faire.

Je résume, donc : j’ai 16 ans. Je veux avoir les cheveux frisés. Je m’organise pour que ça fonctionne. Je me rends chez l’apprentie-coiffeuse. Je suis enceinte et pleine d’hormones. Ah. J’oubliais. Et… J’ai la la-aaa-rrr-me facile.

L’opération aurait pu être une réussite. Si ce n’avait été que… des cheveux longs.

J’avais les cheveux longs. Rouquins foncés. Une jolie tignasse qui faisait l’envie de bien des adolescentes. Une fois devant le miroir, en enlevant la serviette de ma tante Rollande la coiffeuse, force était d’admettre que j’étais pétard en petit péché. Une belle grande rouquine aux longs, longs cheveux nouvellement bouclés. Même Mercédès faisait des “wow”. Mais les cheveux longs, ça tombe. Forcément, ma tante Rollande, en m’enlevant ses bigoudis, trouvait qu’il y avait un peu trop de lourdeur dans la permanente. Alors pendant que j’avais encore les cheveux mouillés, elle en a coupé quelques mèches. Et s’est rendu compte que le côté gauche n’était pas égal au côté droit. En prenant un peu de recul, elle s’est aperçu que cette fois, c’était le côté droit qui semblait plus long que le côté gauche. Ça a duré 3 minutes, peut-être quatre.

J’ai vu le visage de Mercédès passer du joli minois rose au rouge foncé puis au pourpre. Un moment donné, elle était devant moi et faisait de frénétiques petits “non” en hochant la tête. Trop tard. Ses avertissements muets ont été vains.

Une fois séchée, ma tignasse de guerrière ressemblait pas mal plus à un cul de berger anglais. Des mèches sortaient de toutes parts, le toupet était en angle, une oreille dégagée, l’autre couverte, et la nuque de biais. Calvaire. Un vrai calvaire.

Déjà que je manquais de jugement, selon certains, en portant un bébé à cet âge, imaginez un peu les commentaires en me voyant attriquée comme une mongole sortie tout droit d’une prise d’électricité.

On a bien essayé, Mercédès et moi, d’arranger un peu les choses, une fois rendues à la maison. Mais je pleurais tellement, tellement… et le père du bébé que je portais, alors là, il a rit, rit, tellement rit… J’ai tellement eu la honte que ma mère, qui était pourtant une dame très à cheval sur les principes d’éducation et de tant-que-tu-ne-saignes-pas-tu-vas-à-l’école, m’a permis de faire l’école buissonnière le lendemain matin. J’ai eu un congé-maladie de coiffure. Pour émouvoir ma mère jusqu’au congé scolaire… Peut-être les larmes à n’en plus finir, ou la face de carême de mon amie ? Ça a aussi énormément aidé que même Mercédès dise à maman, devant moi, “Ça a pas de sens, Cécile, c’est pire que si elle se promenait avec une pancarte qui dit “j’ai mis les doigts dans le 120 volts”…”

Juste pour vous dire, ça a pris jusqu’à l’accouchement avant que je réussisse à sourire sur les photos. Ce qui explique que j’aie l’air bête sur tous mes souvenirs de grossesse. Rares sont les photos où je n’ai pas l’air d’avoir à peine avalée une couleuvre.

Je suis généreuse, je vous ai offert la seule où j’esquisse une grimace qui ressemble à un sourire…

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16 Réponses »

  1. Ca fait surtout très années 80 !!
    Mouah ah
    Je sais
    c’est cruel.

    Je sors.

  2. C’est très triste, je trouve, qu’en quatre ridicules minutes, tu sois passée de “Wow!” à cul de berger anglais. Surtout que moi adolescente, j’avais tellement besoin de me trouver belle dans les moments moins faciles (et ça arrivait pas souvent…)

  3. Ais-je vraiment envie de commenter ta photo…ou bien j’ose me garder une petite gêne…après tout…tu as déjà oser porter un jugement sur mes…attributs…donc…je me lance.
    Martyne, honnêtement, me connaissant quand même assez, tu imagines sûrement le rire qui sort de ma bouche…oh! pis non…j’arrête ici…je ne voudrais surtout pas que mes commentaires puissent comprommettre à jamais notre relation de belle-soeur…après tout,, on a tous eu notre look KÉTAINE…mais là, franchement, c’est assez…..extaordinairement pire que tous les miens….mouahahahaha!!!!!!!!!!!!!!

  4. Crime je regarde encore et constate que même ton nouveau chien, Gizmo, est mieux coiffé que toi…..
    Sans rancune!!!!!!!

  5. euhhhhhhhh…encore une chose…..je trouve que tes lunettes complète tellement bien ton look!!!
    Tu devrais ressortir la monture et les porter à nouveau…
    Quelle classe!!!!

  6. Oui, ça prend de la personnalité pour survivre à cet affront, mais tu sais, en même temps, tu étais encore plus unique qu’avant..!

  7. Hihihihihi, je suis heureux que tu n’ai pas de photo de moi avec la coupe, Vanilla Ice!!! Tu te souvient, toupet ”bleaché” éclair dans le côté??? hihihihihihi, sauf que moi, c’étais cooooollll! hihihihihh, allez, j’ai bien hâte de voir la suite. Peut-être avec le changement de saison, des petit rouleaux de…printemps!

  8. C’est pas autant les cheveux, que les lunettes! Ça me rappelle que j’ai déjà eu le “plaisir” d’avoir un modèle semblable dans une affreuse version blanche. Au moins des cheveux ça repousse… ;-)

    En passant, bonne fête en retard et félicitations pour le prix de blogue! C’est bien mérité!

  9. Nice pic!

  10. Comme quoi le temps arrange toujours les choses…
    Le poil repousse et ce qui nous faisait pleurer nous fait maintenant rire…
    Est-ce ça la théorie de la relativité?

    En passant, joli ton blogue nouveau…
    T’en est à ta combientième version? ;-)

    Bonne continuation A+

  11. Dépendant de l’époque, la coiffure pourrait être TRÈS réussie!
    Merci d’avoir partagé ce cliché ; )
    Rollande a-t-elle poursuivi dans le domaine?
    Joli le «nouveau» blog

  12. Ha ha ha moi aussi j’ai gouter au nouvelle coupe de Rollande mais sa passait que veut tu .Mais la je doit dire que tu bat les coupes tres look à cet époque.Hihihihi,il me semble que j,ai des photos encore pire que celle la ,mais je les gardes pour ma thérapie personnel.Une chance qu avec le temps ,tu es capables de décider de ta coupe de cheveux maintenat. Bye bisou xxxx.

  13. Que de souvenirs! Pas enceinte, mais ado. Un bout de hash fumé au couteau qui enflamme la longue couette… chanceuse, y’a eu que la couette de brûlée, mais qui défaisait mon look de Janis Joplin (cheveux aux fesses, bouclés, “blowés” au tuyau de balayeuse à l’envers). Direction coiffeur, probablement sur l’acide (le coiffeur, pas moi!) , qui décide de me faire une coupe Jeanne d’Arc, le look de l’époque.
    En sortant de chez le coiffeur, j’avais effectivement l’air de Jeanne d’Arc. Après le bûcher.
    Au Cégep, c’est gênant d’expliquer pourquoi vous portez une tuque au printemps. Et votre maman refuse de vous donner un congé pour se remettre de l’émotion, surtout que vous n’avez aucune explication logique à lui présenter pour le massacre. À ce jour, 28 ans plus tard, je n’ai toujours pas avoué…

  14. DOM : Le PIRE, c’est qu’on est en 1990 pile. J’ai environ 10 ans de retard sur la tendance…
    LASTSAKURA : Je te garantis que moi aussi, à l’époque, j’avais besoin de tout, sauf de ça…
    MADO 1,2,3 : Si j’étais toi Madouce, je ferais attention au pouvoir du blogueur. Le mien est peut-être tout petit, et je ne suis pas une mégastar, mais j’ai dans une boîte ici, fouilles-moi comment et pourquoi, des photos de toi, en 1990, qui sont encore plus bizarres que celle où j’ai de superbes lunettes rosées qui vont parfaitement avec mon rouge à lèvre et mon chandail de laine picotté gris. Et je n’ai absolument aucun problème à publier les dites photos… souviens-toi ce que j’en ai fait, à mon mariage… hahaha. Hihi. I’m evil.
    LP : Unique, tu dis? J’espère que personne d’autre n’a subi la torture !!
    HERVÉ : Coudonc, on dirait que ma famille n’a aucune mémoire ! D’abord ma belle-soeur qui pense que je n’ai aucune photo weird, et ensuite mon frère. Bon, frérot, tu te souviens en quelle année tu as été le parrain de Daniel, hein ? Tu te souviens aussi que c’est cette année-là la coupe “Vanilla Ice”, hein ? Tu fais l’équation ? hihi !
    EPICURE : Le plus bizarre, c’est que toute ma vie, je l’ai passé avec ce désir d’être “immortelle” en photo. Autrement dit, pas de chandail “Vuarnet”, pas de veste à franges, pas de… tu vois le genre ? Et pis bang, arrive le choix de ces horribles lunettes ! (Ma soeur avait les mêmes, mais en BLEU, haha) ! (et merci, pour les souhaits & compliments).
    JAMES : Heu, bin, c’est gentil alors.
    PIERRE-LÉON : Ce doit bien être la 10e version… sous wordpress, avec Intellex. Avant, il y a eu blogspot, et avant, msnspaces, et avant, bin, le courriel ! hihi. Bon, réellement, ça fait 3 fois “sérieuse” que je repeinture les murs ici. À mes anniversaires, faut croire. Je m’auto-bonne-fête ! ;-)
    ANICK : Effectivement, Rollande a poursuivie, et est devenue, par la suite, ma “matante coiffeuse” attitrée. Elle m’a fait les couettes les plus weird, les amanchures les plus originales et je l’ai adorée ! Sauf cette fois-là. (Mais elle a toujours fait la coiffure comme un passe-temps, par exemple !)
    HENRIETTE : Tu te souviens de ma coupe de cheveux “mouffette” ??? J’avais un mohawk, la moitié bleachée, l’autre moitié noire ? Ohn, ou la fois où j’avais des mèches longues partout, mais les cheveux rasés? J’peux pas croire… hihi !
    MJ : Si au moins j’avais pu avoir c’te défaite-là, d’être stone… même pas ! ;-) Rappelle-moi d’envoyer ce message à ta maman. Haha. Meuhnon. Motus…
  15. OK…je peux facilement imaginer les dites photos que tu gardes en otage..juste au cas …donc..je me fais, par la force des choses,…toute petite petite…!
    bisous pareille!

  16. Moi je te trouve très jolie là-dessus. Et, enceinte, c’est pas de la tarte d’avoir l’air de quelque chose d’autre qu’un paquet d’hormones…

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