Le froussard au coeur d’or

Par Intellexuelle • mardi 05 septembre 2006 à 00:17 • Catégorie: Sociosphère

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La première fois que j’ai entendue cette chanson là, c’était dans une Corolla 88. Je venais de terminer mes études universitaires, j’étais pratiquement fauchée, et je devais voyager souvent entre Québec et . J’avais nommée la Corolla «Fifi», en l’honneur de ses nombreuses taches de rousseur. Pour sa première balade officielle, je roulais en direction du Lac-Saint-Jean quand la radio a commencé à gricher. Il n’y avait qu’un lecteur à cassette dans l’auto, et j’ai machinalement pesé sur play. Rien. Trop excitée d’avoir enfin ma première vraie automobile juste à moi, j’avais négligé plusieurs détails… incluant l’apport de dans le bazou. À l’intérieur du coffre à gant, l’ancien propriétaire m’avait fait grâce de laisser Kenny Rogers. Ce fut donc Kenny qui m’accompagna dans mon premier périple Québec- «ma bagnole et moi».

Après le «gambler», je suis tombée sur «the coward of the county». Et c’est avec cette seule et unique chanson que j’ai terminés les 200 kilomètres qui me séparaient de ma ville natale.

Vous comprendrez pourquoi quand je vous aurai présenté mon Tommy.

Mon «Tommy» s’appelle . J’ai connu à la fin du secondaire. était grand, très grand. Et gros. Très gros. Imposant comme un mastodonte. À la blague, on lui disait souvent qu’il devrait faire «bip-bip» en reculant… riait. Quand quelqu’un lui disait : «, quand tu passes devant la balance à poids lourds, à Chambord, est-ce que tu es obligé de t’arrêter ?». riait. Quand quelqu’un osait lui dire que c’était moins long de passer sur lui que d’en faire le tour, riait encore.

n’était pas un connard. Ni un faible. Non. était le gars cool, tellement relaxe qu’il semblait parfois se foutre de tout. n’était pas agressif. était un gros nounours attendrissant. Il s’exprimait parfaitement bien, était socialement adapté, quoique souvent exclu, mais toujours partant pour embarquer dans des histoires inimaginables. Si était invité à une , c’était souvent pour faire office de gardien, de doorman. Quand venait aux danses de l’école, ne dansait pas, il surveillait. Il fraternisait. Il riait. Il était toujours le meilleur ami des filles.

ne voulait jamais dire où il vivait. Ni s’il avait des parents, des frères, des soeurs, des amis. ne se mêlait jamais à une bande attablée à la cafétéria. lisait, sur l’heure du dîner, tranquillement assis sur un banc, dehors. Et riait, quand on lui disait qu’il n’avait pas besoin de dîner, parce qu’il pouvait se contenter de ses «réserves» accumulées.

, en plus d’être aussi baraqué qu’un soviet aux stéroïdes, donnait dans le culturisme. levait l’équivalent, en poids, de ma meilleure et moi, d’une seule main. Il était incroyablement fort. C’était sans doute à la fois sa plus grande richesse, puisque personne n’osait réellement s’attaquer à , et à la fois sa perte, puisque tout le monde provoquait , voulant «s’essayer» à le battre. riait. Et refusait toujours d’être «testé». Sans doute savait-il qu’il pouvait, d’un seul coup de poing, foudroyer une mâchoire.

, quand il était avec moi, en profitait pour raconter sa vie. Il disait souvent que comme j’allais terminer ma carrière en écrivant des biographies, tellement j’étais gossante à toujours vouloir tout savoir, aussi bien commencer par lui.

C’est en l’écoutant que j’ai connu , le «Tommy» de la chanson.

S’il ne voulait pas révéler où il vivait, c’est qu’il était pensionnaire dans un centre de réadaptation. Il vivait, autrefois, à Sorel, avec sa et sa . Son était décédé. À ce jour, n’a jamais su le fond de l’histoire, et l’enquête n’avait alors abouti qu’à la conclusion morbide suivante : . La de avait eu bien de la difficulté à joindre les deux bouts, la de s’est rapidement mariée. Un jour, est rentré à la maison et a trouvé sa bourrée de somnifères, couchée sur le plancher de sa chambre, morte depuis un moment déjà.

a ensuite été trimbalé par-ci, par-là. Pour s’enfuir, un matin, avec une bande de dépenaillés. Ils se sont rapidement fait prendre à commettre de petits délits, au . C’est ainsi que s’est retrouvé en centre de réadaptation, à .

ne pleurait pas quand il me racontait son histoire. Je doute qu’il ait jamais pleuré. souriait, bien souvent, quand la choche sonnait, étonné d’avoir passé toute l’heure du dîner à s’ouvrir, à se raconter. Il terminait ses confidences en me disant toujours, aux lèvres : «N’oublie pas de changer les , dans ton histoire».

Le de lui avait toujours dit qu’il existait d’autres chemins que le sien, et qu’il valait tellement mieux que lui. Que devait impérativement éviter de suivre ses traces. Poursuivre ses études. Ne jamais être impliqué dans une gang de rue ou dans la criminalité et, surtout, par dessus tout, de ne jamais, jamais, utiliser la violence pour régler ses problèmes. C’est d’ailleurs le de qui l’avait initié au culturisme. «Pour japper, sans mordre», qu’il lui avait dit.

vivait le coeur sur la main. Et jusqu’à tout récemment, il avait toujours suivi les préceptes de son paternel. Il marchait «drette», évitait les bagares, et souriait.

Jusqu’à ce que, inévitablement, un jour, il ait eu à sortir de ses gonds.

J’ai perdu la trace de quand j’ai quitté la polyvalente, jusqu’au cou. Cet après-midi là, il m’avait remis une petite carte, faite de papier cartonné, avec un coeur sur le devant et, à l’intérieur, ces simples mots : «Sois heureuse dans ce que tu entreprends, et ne baisse jamais les bras. Ton ami pour la vie, Rick.»

Au début de l’année scolaire suivante, je suis retournée à la polyvalente, avec mon petit bébé tout neuf, pour le montrer aux amis. Plusieurs d’entres eux n’étaient même plus là. non plus. Aucune trace. Les gars du centre de réadaptation m’avaient dit qu’il avait été transféré.

Plusieurs années passèrent.

À mon arrivée à Québec, pendant que j’attendais le bus, un soir, après les cours, j’ai vu passer . J’ai crié à pleins poumons et il m’a entendu. Nous avons parlé toute la soirée, de lui, de moi, de ce qu’il était devenu.

était doorman. Le physique de l’emploi, sans doute. Il aimait son métier, mais s’en méfiait. Il sentait que sans jamais désavouer les promesses faites à son , il empruntait des voies parallèles. Il avait gardé son si blanc, si pur, si vrai. Il souriait encore quand quelqu’un lui disait qu’un Gorille l’appelait . Qu’il cachait la lumière du jour rienqu’avec sa tête. Je lui ai laissé mon numéro de téléphone, en priant pour qu’il me rappelle, s’il voulait terminer sa biographie…

J’ai reconnu , un matin comme un autre, dans le journal. Je l’ai reconnu à son imposante stature et au gros tatouage de serpent qui partait son bras gauche pour terminer sur sa nuque. En dessous de sa photo, il était écrit : «Règlement de compte : X, condamné à sept ans de pour prémédité».

L’histoire racontait que était un soir entré dans un bar, décidé. Qu’il avait repéré un gars. Qu’il l’avait si fortement tabassé qu’il en était décédé.

L’histoire ne racontait pas, cependant, ce que j’ai su, par la suite.

, avec le temps, avait fini par trouver sa «Becky». Sa femme. Sa petite perle. Elle était devenue sa seule référence, son monde, sa femme. Elle pouvait le prendre dans ses bras, être empathique à ses détresses, comprendre ses chagrins, et, surtout, lui dire qu’il était beau, qu’il était grand, qu’elle se sentait en sécurité avec lui. Cette femme avait déjà une petite fille, née d’une autre union. l’aimait comme sa propre fille. Un soir, alors que et sa femme étaient sortis prendre un verre, le gardien - qui était le voisin d’en haut - est entré dans la chambre de la petite puce. Et lui a volé son enfance.

À l’, les médecins ont expliqué à et à sa femme que la petite aurait besoin d’une opération pour lui reconstruire l’anus. Le sien avait été si lourdement endommagé. Et que la petite aurait sans doute besoin d’aide, possiblement toute sa vie, pour tenter d’effacer le traumatisme de l’agression.

L’enquêteur a annoncé à et à sa femme que les démarches allaient être longues ; que les expertises nécessaires allaient être longues ; que le procès, s’il y en avait un, allait être long ; et que l’agresseur, s’il était reconnu coupable, allait au mieux faire quelques mois en détention.

n’a pas souris. Au matin de l’opération de la petite, quelques jours après l’agression, est entré dans le bar, a trouvé le voisin d’en haut, et a mis toute sa , sa hargne, son désarroi et la douleur de son monde dans un seul coup de poing.

La petite est encore en thérapie. Elle a tenté de se suicider en se couchant sur le boulevard, à 8 ans. Sa , la femme de , est devenue pratiquement aphasique depuis l’agression. Et sort de demain…

(J’ai repris ce billet en septembre 2007.)

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36 Réponses »

  1. Je ne veux aucunement encourager ici (sur ton Blogue) la violence…

    mais, un gros merci à Richard!

  2. Oyoye…
    Tu me fais pleurer à matin!, ce que la vie peut être moche…

  3. Ce n’est pas Richard qui aurait dû se trouver si longtemps en prison, mais bien le voisin d’en haut! Je trouve le système judiciaire actuel tellement frustrant que ce sont des Richard qui finissent par payer pour les erreurs des autres à force de manquer de patience… Si tu parles à Richard… souhaite lui bonne chance… ìl mérite quelque chose de bien!

  4. Matoue, comment tu fais dis-moi pour toujours savoir qui sont les personnes de coeur?

  5. Personne sur cette terre ne devrais avoir la permission de tuer. Et dans le même ordre d’idée, le précepte du tallion ne devrait jamais être appliqué. Mais une force innéxplicable nous pousse tous, êtres humains, à excuser les bras qui pourrais venger notre progéniture…et moi le premier. Richard est tout pardonné!!!

  6. Ma mère m’a souvent répété de me méfier de l’eau qui dort. Ton histoire en est un exemple flagrant.
    @Dave: je suis tout à fait d’accord avec toi.

  7. J’ai eu les larmes aux yeux. C’est si terrible et si vrai, si touchant.
    Merci de si bien écire un tel portrait et de plonger plus loin qu’un simple jugment sur un fait divers…

    Ouf…

  8. J’ai des frissons et les larmes aux yeux.

    Sti que le système est mal fait. Le gars qui a fait ça aurait eu quoi? 2 ans?

    Richard a écopé de 7 pour faire justice à sa puce…

    J’suis révoltée, tout simplement.

  9. L’horreur à l’état pur… L’injustice dans toute son immensité…

    Un cauchemard! Richard a commis l’impardonnable pour venger l’encore plus impardonnable. Pourtant on ne peut lui en vouloir. La marge est tellement mince…

    Des larmes et une grande vague d’empathie pour toutes ces vies brisées. Puissent-ils se reconstruire.

  10. cents mots

  11. Oufff….
    Matoue, si jamais tu lui parles, à nouveau, fais-lui lire ce billet. Qu’il sache qu’il y a des gens, qui passent par ici, qui pensent que même si le moyen pris n’est pas celui qui aurait dû être pris, on sait que la justice trop clémente envers les pourris nous pousse parfois à poser un geste irréparable… Et que je sais, moi, que j’aurais probablement fait la même chose…

  12. Ayoye.. Rarement pleuré pour un inconnu comme ça… C’est tellement choquant de voir que tout ce qu’on a su de l’histoire, ce fut le meurtre. La raison du meurtre étant aussi, sinon plus importante, pourtant. Richard, il n’a fait que ce que tous les pères dans la même situation aimeraient faire..
    Enlever la vie est impardonnable, mais violer un enfant l’est tout autant.
    Alors, ça s’annule, dans le fond, hein? À quelque part, il a bien fait, Richard …

  13. Ça me mets tout à l’envers. Pauvre gars, il s’est permis de “défendre” une pauvre enfant sans défense et c’est lui qui paye de 7 ans. L’autre va avoir un sentence minime avec suivi psychologique et aide morale et tout le pataclan. Et la petite et Richard eux? Rien du tout. Ils vont traîner cela toute leur vie, ils vont mourir un peu toute leur vie.
    Je méprise ceux qui sont assez malade pour faire cela à un enfant innocent et je méprise encore plus notre système qui valorise presque plus l’agresseur d’enfant que la victime de pervers comme cela. Se faire justice soi-même ne donne malheureusement rien car la peine d’emprisonnement sera plus grande pour celui qui s’est fait justice, mais au moins, le malade qui a osé faire ça à la petite aura eu au moins une fois dans sa vie ce qu’il mérite.

  14. C’est bien trop facile de juger, et si difficile de prévoir notre propre réaction dans une situation similaire.

    Si de telles horreurs sont possibles, prenons les comme un rappel de notre chance à nous de n’avoir que des embûches surmontables dans nos vies et incomparables à une telle situation.

  15. Matou,je suis tres émue pas ton récits .Je voudrais que tu dises a Richard (si tu le revois ) que bien des gens on compris son gestes et que la justices est toujours aussi pourri.Que son avenir est pas fini qu’il a gagner le coeurs de bien des gens .Souhaites lui tout l’amour ,la chance et la PAIX ds sa vie.Merci pour tes récits qui nous captives .Je T’aime tantine H.D xxxxMilles merci pour ton album j’en ai jamais vue comme cela .

  16. Si ça arrivait à mes enfants, je ferai sept ans de prison moi aussi! Dis bonjour à Richard pour moi.
    Bize

  17. J’aurais bien voulu avoir le courage d’un Richard moi. Espérons que la famille,à nouveau réunie saura retrouver la paix grâce à leur amour.

    Merci Richard. Ca en fera toujours un de moins qui pourra s’en prendre à nos petits.

  18. Tu m’as fais brailler ,je suis un gros toutou de 300lbs,j’ai travailler comme doormen longtemps maintenant je suis rendu un vieux toutou de 300lbs pis de 60 ans mais il faudrait pas que la même chose m’arrive parce que je ferais comme Richard.
    (P.S.) Si tu vois Richard tu lui souhaite de ma part plein de bonne choses.

  19. Je suis bouche bée!

    Je tiens à te féliciter pour ta facilité à pondre de tels mots!

    Je ne sais quoi dire… One ne peut excuser le geste de Richard mais maudit qu’on peut comprendre! je suis père de deux jeunes enfants et si cela arrivait à un d’eux, je ne sais comment je réagirais…

  20. Je suis bouche bée par ce que je viens de lire!

    Je tiens à te féliciter pour ta facilité à pondre de tels mots!

    Je ne sais quoi dire… On ne peut excuser le geste de Richard mais maudit qu’on peut comprendre! je suis père de deux jeunes enfants et si cela arrivait à un d’eux, je ne sais comment je réagirais…

  21. désolé pour la redondance…

  22. J’ai le motton…

    J’ai une pensée pour Richard, sa puce et pour la maman de la puce, c’est tellement horrible tout ça…

  23. J’ai moi aussi pleuré. Je connais deux victimes d’abus. Un gars et une fille. Je vois chaque jour chez Madame la Grande les ravages. Et chez Monsieur R. aussi, chaque fois que je le vois, derrière ses airs rigolos, la souffrance enfouie.

    Je n’encourage jamais la violence, mais je me dis que l’exception est probablement ce qui confirme la règle.

    Je souhaite que Richard puisse continuer à s’occuper de la petite. Tiens nous au courant…

  24. Shit… ça crève le coeur.

    On leur souhaite tout le bonheur du monde.

  25. Je sais pertinament que nos commentaire trouverons le chemin vers ce merveilleux Richard.

    Richard, tu as ma compréhension, mes voeux sincere pour reprendre ta vie la ou elle a fait une pause. ta puce a besoin de toi, ta femme aussi. et toi ? ben tu as toutes une communauté (celle du matou) derriere toi pour te soutenir. viens nous dire bonjour et gave toi de notre énergie positive.

    thumb’s up body

  26. je suis sans mots, Matou(e)…
    Peut-être parce que je connais l’histoire, c’est un genre d ecopié-collé qui arirve dans trop de vie.
    Je le trouve courageux comme une montagne ton Richard. Je lui souhaite, à lui et à tous ceux qu’il aime, des tonnes et des tonnes de lumières… Ils en auront…

  27. Comme tout le monde, je comprends sa colère et sympatise avec lui. Quelle histoire!

    Je me demande si Richard regrette son geste, s’il a trouvé que le prix a payer en valait la peine… Sept ans loin de sa femme et de sa fille qui avait besoin de lui, c’est quand même très long. Si tu le vois Matoue, peux-tu lui demander?

  28. J’ai une petite puce de 7 ans et quand on lis des textes comme ca… on peut comme pas s’empêcher de se dire…. et si ca arrivait à MA fille… Seigneur !!!

    On touche pas a un enfant:( … Quand est-ce que ca va arrêter ??

  29. Ouf!!
    Il a bien fait Richard… j’aurais surement tenter la même chose (quoique avec mon gros 5 pied j’aurais pas tuer personne) …

    ca me donne des frisson que du monde peuvent etre aussi dégueulasse (je parle du voisin d’en haut) .. j’ai deux petite fille et je sais que je voudrait mourir s’il leur arrivait qqch du genre..

  30. J’ai lu, jusqu’au bout, les frissons dans le poilu. Histoires tristes mais que certains conteurs doivent conter; c’est malheureusement la vie… Tu as une de ces façons de raconter des trucs toi….Tu es vraiment venue me chercher ajd…

  31. Bordel…J’espère que l’entourage va s’organiser pour que le monstre paie toute sa vie.
    C’est un homme digne, ce Richard.
    Puis la petite…

    Merci pour ton texte remarquable. Il faut dire les vraies affaires. Parce que ça n’a pas de sens. Tellement pas de sens!

  32. Souimi, en fait, il est mort le salaud en question. Si j’ai bien compris.

    Je leur souhaite du bonheur à partir de maintenant. Quiconque à un bébé et se sent au dessus de tout ça en lisant ça…. c’est qu’il se ment à lui-même …

  33. Cette histoire fait mal, très mal. Tu la racontes avec une belle sensibilité qui me touche, avec une écriture qui va droit au coeur. Ces terribles histoires doivent être contées pour qu’on en comprenne toute l’horreur.

  34. @ James : Pour encourager la violence, il faudrait être en accord avec le crétin de voisin. Tu ne fais que dire tout haut ce qu’on pense tout bas. :-) @ Miss Patata : Troublant, en effet, des matins comme ceux-là… Je te ferai rire la prochaine fois, d’ac ? Bises, M.
    @ Zeek : Si je le revois, je transmets le commentaire, sois-en assuré.
    @ Mamathilde : Essai-erreur ! :-) @ Dave : Belle complexité, en effet. Être contre la violence, et tout de même se la justifier en certaines circonstances. «Sometimes, you gotta fight when you’re a man.»
    @ Chris : Right on. Sage maman.
    @ Creirwy : Tout le monde a une histoire derrière l’histoire…
    @ Chocolyane : 7 ans pour «se» faire justice, c’est énorme, oui. D’autant qu’à mon avis, je lui donnerais une rente à vie pour avoir sorti du monde un être abject.
    @ Mynaï : Ton résumé est exactement le fond de ma pensée.
    @ Frenz : Et entre les lignes, cent de plus.
    @ Nicole : C’est ce qui le tient, je crois, de savoir que nous aurions tous eu le même réflexe. Qu’il n’est pas un monstre impitoyable…
    @ Yzabel : Ça s’annule certain !
    @ Josie : À quelque part, je me désole de penser qu’un mec a été puni pour que notre monde soit meilleur…
    @ Laurie : Voilà !
    @ Tante Henriette : Ça prenait un album spécial pour un mariage spécial !
    @ Daniel : Touché.
    @ Magique : Des fois, aussi, le courage, il réside dans la résilience…
    @ Satourne : Ça me touche beaucoup. Probablement parce que je figure bien qu’une partie de l’histoire a fait écho quelque part… :-) @ Le gars du bas : ça m’a pris tellement longtemps avant de pondre ça…
    @ Le gars du bas : ça m’a pris tellement longtemps avant de pondre ça…
    @ Le gars du bas : hihihihihi !
    @ Sassy : Horrible, en effet.
    @ Faydra : Courage. Parce que les sourires nuageux sont si difficiles à regarder.
    @ Nap : Reconstruire, brique à brique…
    @ Marcello : Je sais qu’il passait de temps en temps dans le coin. J’espère qu’il le fera encore.
    @ Joss : Juste à le regarder, on sent l’accumulation, les strates de force, chez l’homme. J’espère juste qu’il pourra se tenir debout sans s’égrener, maintenant.
    @ Le Burt : À ma connaissance, le seul regret qu’il a, c’est que le voisin soit mort trop rapidement et qu’il n’ait pas souffert pendant sa vie entière, comme eux devront le subir.
    @ Pathy : Jamais. Malheureusement.
    @ Eliya’nah : Je me demande la même chose…
    @ Daniel : Faut bien que quelqu’un se sacrifie :-) @ Souimi : À mon avis, vu l’état actuel de l’abuseur, il a payé son dû.
    @ Macrame : Bien compris. Mort et surement bien enterré, par une famille qui porte la honte des gestes qu’il a commis, et la douleur d’avoir perdu un fils, tour à tour en contradiction.
    @ Anne : …et pour tenter, quand on en a la chance, de les éviter, de les contrer, d’être aux aguets.
    À tous : vos bons mots sauront surement trouver le coeur de Richard, où qu’il soit. Ne serait-ce que pour relativiser son geste…

  35. Derrière la figure du meurtrier, celle du violeur d’enfant.
    Derrière la figure du violeur d’enfant, il n’y aurait …rien?

    n’est-il pas plus confortable pour nous de penser que le mal absolu serait né - et mort- là?
    En tous cas, chaque mot qui nous rattache à l’humain est une minuscule victoire. Bien des choses aux vivants.

  36. Je pleure, mais je proteste!

    Il *faut* fouiller cette facilité qu’ont les violeurs - de personnes de tout âge - à échapper à toute sanction réelle, au nom des difficultés personnelles qu’on leur prête aveuglément ou de pseudo-théories qui nous assurent que “Monsieur ne peut être un pédophile - les tests que j’ai créés le prouvent” ou “Mademoiselle souffre peut-être du Syndrome du Faux Souvenir”, ou, surtout, “Sa mère inflige à cet enfant le Syndrome d’Aiénation Parentale”…

    En effet, ce système protège particulièrement les incestueurs, de plus en plus aiguillés discrètement vers un CLSC plutôt que vers la prison, assurés de voir leurs soi-disant droits paternels mis au dessus de la justice la plus élémentaire et des droits de “leurs” enfants.

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