La conscience…
Par Martyne • jeudi 22 septembre 2005 à 11:30 • Catégorie: Mamour'ingCette dualité en moi…
Il est trop de chose, en mon monde, qui demeurent silencieuses. Parce que j’ai cette dualité immonde en moi : communiquer, et garder le silence. Trouver les mots, les aligner, les avaler. De formation, je suis une grande gueule. De nature innée, je suis une timide maladive, secrète, introvertie. Qui l’eut cru ? Souvent, cette dualité peut faire croire à autre chose. En amour, surtout. Dans pratiquement toutes mes relations amoureuses, il y a eu ce constat désenchanteur : «Comment peut-elle être si verbomoteure en tant de circonstances et demeurer si muette avec moi ?» «Toi, la spécialiste en communication, comment tu n’arrives pas à communiquer adéquatement ?»… Malheur au cordonnier mal chaussé.
Et y’a mon mec, qui attend la délivrance de mes mots. Qui questionne, parfois. Qui le prend, plus souvent, sans dire un mot. Qui me regarde de ces yeux si bleus que mon corps en fond. Qui patiente. Et y’a mon mec, qui me donnerait sa lune. Sans que je la lui demande. Juste pour me voir sourire. Et ça, ça me fait fondre. Et ça, ça me donne des ailes. Et ça, ça me dit que je n’avais rien compris. Toutes ces batailles que j’ai menées, avant, ne me servent qu’à constater l’inutilité d’attendre «autre chose». Mon avis ? À partir du moment X où j’ai décidé de m’investir, peu importe les obstacles, «rienque pour voir comment ça peut être», j’ai appris la vie. La vraie. Avec ses désenchantements. Avec ses coups de folie, aussi. À partir du moment où j’ai avoué avoir toutes les misères de l’humanité à confesser mes torts, j’ai compris. Que j’étais faillible, et que, finalement, c’était charmant. La perfection est un fantôme véhiculé dans les contes. Poursuivi trop longtemps. En vain. Et puisque je sais que ces autres jours à venir ne sont que des jours à venir, j’ai décidé de tenter le coup de «la totale». Investir en autre chose qu’en ce qui viendra : investir ici, maintenant. Ce qui m’a demandé énormément d’ajustements. Reconnaître que je ne peux pas demander aux autres ce que je ne suis pas en mesure de livrer moi-même. Affirmer sans broncher (et y croire) que je ne «perdais» rien en m’ouvrant aux autres. Au contraire… Me laisser «approcher» sans toujours me sentir épiée, confinée, ramassée, coincée. Surtout, mais surtout, finir par croire que si l’Homme est à mes côtés, c’est pour autre chose que mon cul. Oui, ça m’a pris du temps à l’admettre.
J’ai toujours été fascinée par les tornades. Et puis un jour, j’ai compris. Le parallèle. Ma vie. La tornade. Des nuages qui s’emplissent de tous les crachins rencontrés. Le drame qui se soulève. Tout est instable à l’intérieur d’une tornade. Mais tout est si silencieux dans l’oeil de la tempête. Au centre même des tourbillons, le temps s’arrête, la vie se paie, les comptes se font. Si l’équation est positive, la tourmente se défait d’elle-même et laisse quitte pour une bonne frousse. Autrement, vite aux abris.
4 ruptures douloureuses, quoique salvatrices, m’ont appris à faire mes comptes. 4 Hommes m’ont appris la vie. 4 Mecs m’ont surtout livré à moi-même, avec un éventuel retour vers les compromissions. Et ces 4 testostéronés m’ont surtout appris une petite chose, que plusieurs savent déjà, mais que j’ignorais : Je suis tout un monde, tous ces mondes, mais je suis la seule à pouvoir y accéder, justement. Après un petit échantillon de moi-même, je les laissais sur leur faim, leur ayant donné l’aperçu, sans jamais livrer la marchandise. Me voilà donc au constat amoureux : je dois livrer. Ouvrir un peu. Partager un peu. Déléguer un peu. Accepter un peu. Au final, j’ai surtout appris «LA» chose : assumer. Mes choix. Mes envies. Mes paroles. Mes actes. Mes gestes. Mes avancées. Mes conneries, aussi. Assumer, en somme, comme dans «me répéter que je vis un choix conscient.»
La conscience, dans tout ceci, reste au demeurant muette. Puisque j’admets candidement détester faire étalage de mes «manques», de mes «failles». Mais bordel que ça a fait du bien de le comprendre, de l’analyser, d’en faire un «objet connu» au lieu d’errer dans les conjectures.
En résumé ? J’ai acquis 30 printemps entre mes premiers pas chancelants et mes premiers pas solides. J’ai des cheveux blancs à la tonne (merci, générations précédentes), quelques petites rides (bofff…), de l’expérience, quelques parties du coeur abandonnées à elles-mêmes, des barrières d’érigées, des tonnes de lectures, beaucoup d’éducation, et pourtant, je viens d’apprendre la valeur d’un amour. Je viens d’en saisir le sens, réel, et toutes les lois de probabilités impliquées dans un seul «je t’aime». Je traîne avec moi un léger boulet : celui de ne pas avoir su, ces autres fois, ce que signifiaient les mots dits, les mots tus et les mots chantés. Allégé, parce que désormais affranchi. Je peux me permettre d’ouvrir mes bras à nouveau, puisque désormais, je sais. Je sais que quoiqu’il arrive, j’aurai su investir. Je sais que même si le sol s’entrouvre et me plonge dans ses abysses, j’aurai pris le temps, une heure, un jour, un mois, un temps, de vivre ma solitude à deux. Et de laisser dans certains sillons une parcelle de vérité.
À partir de là, je sais également qu’il est bon, le temps des regrets, mais qu’il est encore meilleur, le temps des consolations. Alors aujourd’hui, pour mon Mec, j’aligne ces mots. En espérant qu’un jour, j’arrive à les lui remettre, de vive voix.
Te vouloir vivant jusqu’à la fin des temps, même si j’ai déjà échafaudé toutes les manières possibles de t’étouffer;
Balader mon corps sur le tien pour une éternité, même si des lambeaux se glisseront dans nos draps;
Prendre conscience, admirative, de toute la beauté des grains de ta peau endormie, même si je dis parfois que tes bras ressemblent à des arachides;
Savoir que tes lèvres trouveront toujours ma bouche, même si j’éteins la lumière trop rapidement certains soirs;
Danser dans notre petite cuisine, sans musique aucune, pour le plaisir de sentir ton coeur s’emporter;
Implorer tes sens de supporter au quotidien mes envolées dramatiques;
Reconnaître à jamais l’étincelle qui s’allume en vain dans tes yeux, même si après m’être penchée devant toi je me redresse sans suite;
Te savoir les genoux si forts qu’ils peuvent se relever des tempêtes;
Pouvoir te livrer mes yeux comme il me plaît, même si je les ferme parfois de découragement;
Profiter de chacune de tes inspirations, même si tes ronflements me rendent folle;
Rencontrer tes mains dans tous les détours de nos nuits, même si ma voix te dis «dors»;
Me montrer à la hauteur de tes espérances, même si souvent je les désavoue;
Rire tous les jours de ces petits riens, même si quelquefois je t’exaspère;
Croire que ces envies seront éternelles, même si trop souvent j’attends la nuit;
Te traduire autrement que mon bonheur est dans tes sourires;
Te dire sans mots à quel point je suis prête à toi;
T’avouer en chantant que j’aime jusqu’à tes petites orteils;
Ne jamais te dire toute ma fierté, et croire que tu le sais;
Ravaler mes larmes d’émotions, et prétendre que tu n’en es pas la cause;
Te donner généreusement tous mes SPM, fais-en ce que tu veux;
Humer ton parfum, longtemps après ton départ;
Rouler ta chaise, éventuellement;
Me nourrir jusqu’à plus soif de ta voix sur mon oreille;
Mourir de t’avoir usé d’amour.
J’ai quelques diamants au doigt. Ils me regardent et scintillent de nous. Ils me rappellent que je me suis avancée, un matin, devant ton genou au sol. Ils me soulignent qu’à la lumière, rien n’est plus clair que ces cailloux blancs.
Baby, marry me.






Personnellement, juste à lire la dernière phrase… je dirais oui pour la vie. Si jamais ça ne fonctionne plus avec ton mec, tu penses que…
Quelle femme tu es !
Comment il se fait que de telles perles existent dans l’univers-net, et que nous soyons si peu à te découvrir… tu devrais faire un peu de promo pour ton blog, le dire, le crier, parce que tu es tellement.. tellement.. )0.o. Je te lis comme on lis une lettre d’amour, mot à mot, lentement, et j’en redemande encore.
Fais-toi connaître, bordel !!!
Ouf!Un beau texte et de si beaux mots d’amour. Merci
Merci. Un partage sans mesure, un cadeau, que de voir ton amour des mots, ton amour tout court, ta passion brute de la vie déclinée en couleurs subtiles. Il est comblé ton mec, non?
Wow! Superbe texte! S’ouvrir. S’ouvrir à l’amour. S’ouvrir à la vie. S’ouvrir à soi-même au fond.
Magnifique!
Bien moi j’espère que vous vivrez super Vieux, avec les orteilles drette dedans un fameux Lac.
(Je ne dis pas ce genre de chose d’habitude, no fucking way, mais ton conjoint a de crisses de beaux Yeux!)
(Chanceuse, Bleu comme le Lac pis la Labatt… vous êtes beaux mes tourteraux).
SmacK!
Matou(e), tu as déjà lu un peu de mon passé. Tu te rapelles, des mots “j’assume”? Assumer, oui.
Mais en ce moment, je remets encore en question une relation parce que. Parce que tout ce que tu as dit plus haut, je sais pas si j’suis prête à le faire. Là, maintenant. Je connais pas vraiment le juste milieu en amour. J’ai 18 ans. Je sais pas si je le veux maintenant. Je me pose des questions. Trop de questions. Et ça donne ça.
Mais ce que je lis, là, je le sais, va m’accorder un réconfort certain quand j’aurai fait mon choix. Quand la réponse viendra à moi. Merci, pour ces mots.