Inaptitude 101…

Par Intellexuelle • dimanche 06 mai 2007 à 22:04 • Catégorie: Mamour'ing

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L’une des pires épreuves qu’il nous ait été donné de vivre, nonobstant la douleur de voir notre père impuissant, dans son grand lit blanc d’hôpital…

L’une des pires décisions que les proches doivent prendre, malgré les incertitudes, malgré les joies - fausses ou réelles, devant les progrès de la personne malade…

L’une des pires réfléxions à effectuer ; se mettre dans la peau de, imaginer sa position, imaginer sa volonté.

Samedi matin, le médecin qui s’occupe de notre papa nous a fait monter à l’étage des soins intensifs. Les progrès n’étaient plus aussi spectaculaires. Les dangers, encore bien réels. Le pronostic final, somme toute, très sombre.

“Je sais que la décision est difficile, mais nous devons présenter toutes les options, et celle-ci fait partie de la liste…”

Et si ? Et si son coeur cessait de battre à nouveau ? Et si ses poumons plein de liquide avaient un trop-plein ? Et s’il s’étouffait ? Et s’il repartait… Que doivent faire les médecins et le personnel soignant ? S’acharner ? Continuer les traitements coûte que coûte ? Le réanimer ? Risquer d’autres séquelles, encore plus lamentables et désastreuses ? Risquer le tout pour le tout ? Laisser aller les choses, voir ce que la nature lui réserve ?

L’une des pires discussions de famille que nous ayons eu à faire. Cette fois, aucun sourire, aucun éclat de rire, aucun souvenir à la surface. Que des têtes froides. Trois enfants qui doivent, en quelques minutes, quelques heures, décider de la volonté présumée de leur père.

Numéro un : vérifier auprès du notaire s’il existe un mandat en cas d’inaptitude. Espoir vain : il n’y en a aucun…

L’état de santé de mon père s’améliore à pas de tortue. Nous, on se dit “lentement mais surement”. Eux, ils savent. Ils en ont vu d’autres. Et ils ne veulent créer aucun faux espoirs. Nous, on l’entend nous parler, à travers ses grands yeux. On veut le stimuler, lui faire croire encore plus que ce en quoi nous croyons : en lui, en sa force surhumaine, en ses capacités de réadaptation.

Pour le moment, il grogne, il geint, gémit. Émet quelques mots, difficile à entendre, difficile à déchiffrer. Mais il est là. On le sait, on le sent. Il n’est pas sorti de l’auberge, mais il commence à comprendre ce qu’il y fait, pourquoi il y est, et dans quel état… Il essaie de communiquer, essaie de bouger, essaie de survivre. Simplement, il survit.

L’un des plus beaux cadeaux que vous puissiez faire à vos proches, si ce n’est déjà fait, est de vous procurer un mandat en cas d’inaptitude. Pendant que vous êtes encore apte. Pendant que vous savez ce qui, selon vous, constitue une qualité de vie décente et agréable.

…Parce que dans notre cas, il existe trois enfants, devant leur papa-sans-mandat, qui se demandent si la décision qu’ils ont prise est la meilleure, compte tenu des circonstances et des atteintes cérébrales possibles. Compte tenu de la vie, tout simplement. Compte tenu de l’amour…

Cela ne devrait vous prendre que quelques minutes. Et éviter à vos proches de devoir décider, à votre place, des traitements à recevoir… mais surtout, à leur éviter les conséquences morbides d’avoir pris cette décision sans vous, pour vous, peut-être même malgré vous, quoiqu’on en pense.

Je vous ai trouvé le lien… suivez-le. Pour l’amour des vôtres…

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10 Réponses »

  1. Du fond de mon cybersilence, ma belle… je pense à toi, à lui, à vous… et mes prières sont pour vous.

    xxxxxx

  2. Ouf ! Que c’est dur de lire ça ce soir !!

    Je ne peux que vous souhaiter bon courage.

    Mes pensées sont avec vous.

    Num

  3. Prendre pour un autre une décision aussi lourde de conséquences, quel fardeau!

    Dans ces moments, on ne peut jamais être sûrs, on ne fait qu’espérer que notre décision, aussi précaire soit-elle, est la meilleure. Celle qui nous permettra de vivre avec la meilleure conscience possible, celle qui correspond le mieux, de notre point de vue, à ce qu’aurait souhaité notre proche, celle qui nous laisse le plus de chances d’étirer encore un peu le temps, pour autant que ce soit un temps vivable de qualité minimalement appréciable. Discuter. Éthique, liens familiaux, amour, qualité de vie, désir d’éternité.

    Que votre dure décision vous unisse plutôt que vous divise. On est tellement loin du choix de Noël commun “de la part des enfants”…:-S

    De tout coeur avec vous.

  4. Oui, je connais un peu…j’ai vécu la pénible situation avec ma copine d’alors. Elle et ses frère et soeur ont du décider de placer leur parents…… déchirement et culpabilité.
    J’ai fait faire un mandat d’inaptitude lorsque j’ai réglé mon testament après mon divorce. Je ne voulais pas faire vivre ca à mes enfants.
    Bon courage ,et soyez indulgent entre vous !!!!!
    Bonne chance pour ton père.

  5. Wow touchant ça. C’est drôle, j’en ai justement parlé dernièrement avec mon chum que je devrais faire un mandat d’inaptitude…

    Malgré l’écran d’ordinateur, malgré qu’il ne soit que virtuel, malheureusement, je te donnes un super gros calin et je te serres très fort dans mes bras. Je vous envoies à toi et à tous tes proches des bonnes pensées positives.
    Lachez pas, votre père vous entend, il se bat, il reprend des forces.
    Mes pensées sont avec vous…

    Jo
    xxxxxxxxx

  6. je ne sais pas si c’est le manque d’originalité ou bien le gout ou meme le sentiment de vouloir faire quelques choses pour toi absolument qui m’inspire.

    mais ce soir, je veux faire quelque chose…mais quoi ?

    j’ai fouiner dans ma boite a mémoire, et me suis souvenue d’un texte de ma grande amie Martine.

    j’ai cherché sur son blog pour le trouver juste ici (http://www.jmdesmeules.com/blog/2006/06/page/7)

    ici un bref résumé et naturellement ma proposition.

    si ca peut apporter un baume, un sourire, un encouragement. ca vaut la peine d’essayer.

    S’il est vrai qu’il existe une pensée universelle, une boule cosmique d’encouragement, une énergie circulaire pour insuffler le courage et la force nécessaire pour passer à travers une telle épreuve, vous en serez les témoins privilégiés. Qui que vous soyez, je vous prie d’inscrire quelques simples mots d’encouragements. Brefs, longs, courts, personnalisés ou non. Simplement pour assurer à cette famille que j’adore, que de partout, des gens pensent à eux. Que de partout, même sans nous connaître, nous compatissons et espérons que toutes les prochaines opérations seront réussies… et qu’elles célébreront la vie.

    L’espace est à vous. À eux.

  7. Je ne peut que vous souhaiter bon courage.
    Des moments difficiles encore à venir. Je suis sure que vous prendrez (ou peut-être avez-vous pris) la bonne décision pour vôtre père et surtout pour vous tous.

  8. Je pense tellement à toi.

    Si t’as envie, appelle-moi…

  9. Dans ce genre de situation il est difficile de trouver les bons mots, les bons gestes.
    Ça m’a fait drole de te lire parce que j’ai vécu la même chose ça va faire 2 ans et demie.
    Tout ce que je peux te dire c’est que la bonne décisions c’est la vôtre.
    Je vous envoie beaucoup d’amour.

  10. [...] papa. Pour les autres, voilà les grands titres des évènements : perte de conscience et coma, décision de réanimation, réveil, espoir, colère, rêve et réalité, puis ajustements et prise en [...]

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