Heureusement que j’oublie…
Par Intellexuelle • vendredi 25 mai 2007 à 07:00 • Catégorie: Mamour'ingSouvent, j’oublie pourquoi. Pourquoi je l’aime, pourquoi je vis avec lui, pourquoi nous avons décidé d’unir nos vies. J’oublie, tout simplement. Ou je fais comme si je l’oubliais. Quand je crie, quand je gueule, quand je fais la baboune. Quand je chiale sur ses bas virés à l’envers dans le lavage ; quand je me fâche parce qu’il ne remplace jamais le rouleau de papier hygiénique ; quand il entre dans la maison avec ses grosses bottes mouillées et qu’il traîne jusqu’à l’autre bout ; quand il change le poste de la télé comme ça, sans avertir ; quand il est impatient ; quand il se permet de me signifier que mes gars sont beaucoup trop gâtés… J’oublie.
J’oublie que ce choix-là, c’est moi qui l’ai fait. Lui et moi. Nous. Avons fait le choix de vivre ensemble. Personne ne nous y a obligé ! Personne n’est venu nous tordre un bras pour nous enchainer ensemble.
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J’oublie que ce mec-là, c’est le même mec qui a la larme à l’oeil en venant écouter avec moi mes émissions cucus. J’oublie qu’il est déjà parti en pleine nuit à la recherche d’un casse-croûte parce que j’avais une envie folle de frites-mayo. J’oublie qu’il m’offre souvent des billets de spectacles, parce qu’il sait que j’adore ça. J’oublie qu’il m’appelle pour me prévenir de ses retards, et me demande toujours si j’ai besoin de quelque chose. J’oublie qu’il peut passer une semaine entière à me regarder, à me dire que je suis belle et à accepter que je lui réponde “mal à tête, pas à soir”…
Il m’arrive d’oublier, souvent, quel est le sens de la vie à deux. Parce que l’amour, tout court, c’est plutôt facile. Aimer, sentir tous les papillons, respirer l’enivrante odeur de son cou, c’est facile. Aller souper au resto avec de la petite musique romantique, marcher main dans la main devant le fleuve, rouler ensemble jusqu’aux confins des terres, sourire et danser, c’est fastoche. Vivre à deux, c’est autre chose. Je ne crois pas que dans la définition de l’amour romancé, voir son conjoint en boxer-avec-ses-bas-noirs, voir sa blonde les cheveux hirsutes, les crottes-d’oeil-du-matin et la folie dans le plafond, c’est écrit tel quel.
Vivre à deux, c’est aussi connaitre l’immensité de ses regards. Entendre ses soupirs. Partager l’espace. Joindre son éducation à la mienne. Confronter nos croyances, nos valeurs, nos savoir-faire. Faire coexister nos êtres. Vivre avec moi, c’est ce qui s’approche le plus de l’enfer bleu : aussi chaud que froid, aussi fou que dément, aussi haut que bas, aussi drôle que triste, aussi doux que bête. Vivre avec lui, c’est ce qui s’approche le plus du paradis rouge : aussi brulant que frais, aussi sérieux que léger, aussi stable que mouvant, aussi ironique que pratique.
J’oublie. J’oublie que vivre avec lui, c’est avoir la chance de partager des éclats de rire. Avoir le bonheur d’entendre ses bonjours, au réveil. Avoir le privilège de palper ses fesses à n’importe quelle heure. Avoir les yeux qui trempent dans la béatitude quand il insiste pour m’offrir un massage. Avoir la douceur de ses calins du midi. Avoir ses sourires quand il m’apporte un café. Avoir l’assurance qu’il a vérifié l’huile de ma voiture avant que je parte. Avoir quelqu’un pour porter les sacs trop lourds. Avoir un mec qui, juste en me voyant la face, allume les chandelles et me fais couler un bain chaud.
C’est pour ça que des fois, j’oublie aussi qu’il oublie de payer les comptes. J’oublie qu’il sacre comme un charretier. J’oublie qu’il a mélangé mes chandails blancs avec les serviettes rouges dans la première brassée. J’oublie aussi malheureusement de lui dire souvent à quel point je sais que j’ai de la chance quand il retient la porte pour me laisser entrer, quand il m’offre des fleurs, quand il m’écrit des petits mots coquins que je découvre en ouvrant ma valise, en voyage. J’oublie et j’inspire l’air qu’il rend fétide en pétant sur le divan. J’oublie et j’expire profondément quand il fait des jokes de machos que seule ma soeur trouve drôle. J’oublie de saisir l’instant quand sa main touche ma nuque. Quand en partant, le matin, il gueule à pleins poumons ses “je t’aime Matoue” pour que même les voisins sachent qu’il m’aime. J’oublie la chaleur de ses mains sur mes pieds froids pendant un film. J’oublie ses yeux aussi bleus que mon Lac, aussi doux qu’un sourire d’enfant. J’oublie…
Heureusement que, parfois, j’oublie tout ça. Parce que je passerais mes journées, les yeux au ciel, à remercier l’univers de l’avoir mis sur ma route, celui-là…






snif
dire que je suis témoin de tout ça.
puisque vous avez la chance de le vivre à tous les jours, je sais que ce n’est pas votre but, mais le résultat est la. Vous êtes nos idoles, nos spiderman qui nous inspirent et nous montre la BONNE voie a suivre.
merci spiderman pour trouver une poutine a 3hrs du matin, et a Wonderwoman pour ta facilité a tout te souvenir, tout en étant capable de tout oublier!
p.s. j’ai encore les photo originale de cette soirée au chalet.
Je me suis reconnu dans ce texte, dans tes mots. Tout ceci semble couler de source mais le dire de cette façon si belle, si personnelle. Merci JM. Je vais sûrement faire lire ton texte à mon Raton. Parce que tout ceci, on le sait mais se le faire dire, ça fait du bien. J’aime ça l’amour!
Inspirant. Il est attentionné, votre homme. Les petits gestes du quotidien qui nous unissent, c’est bcp ça, la vie à deux…
Comme c’est drôle ce que tu me fais me rappeler. Je me rend compte que j’ai oublié pleins de trucs de mon frère….moi aussi…et tout comme toi j’aime mieux des fois oublier…comme par exemple:
- Lorsqu’il se cachait dans mon garde-robe, étant enfant, pour faire son éducation sexuelle au dépend de sa grande soeur,quand bien sûr je me changeais.
- où (dsl pour toi Martyne…) lorsqu’il cruisait toutes mes chums de filles lorsqu’on était ados(disons que nos 11 mois de différences y ont fait un peu pour l’avoir eu collé au derrière tout le temps…)
- sans oublier la fois où il m’a décollé toutes les étiquettes de mon cannages dans le garde-manger( soit dit en passant, un vingtaine de cannes…)
Et bien entendu, …J’EN PASSE…Car j’aurais besoin d’un an, à temps pleins, pour tout énumérer….LOL!!!
Mais après tout…Pat est un garçon adorable, hyper-sensible avec un coeur gros comme l’univers…Il pardonne, aime et chérit facilement les gens qui l’entoure. Alors laisse-moi te dire que c’est pour cette raison que…peu importe la relation qu’on a avec(amour, amitié, familiale…) on arrive toujours à facilement oublier ce qui doit être oublier et se rappeler qu’il est unique en son genre…son genre bien à lui!!!
Je t’aime ‘tit frère….
Mado x
Demain matin, j’emménage officiellement avec mon homme et ton texte tombe pile…
Un grand sourire que je n’oublie pas de déposer aprés ma lecture comblée!
Je vous envie et suis contente pour vous deux. très égoistement je prie pour que mon tour vienne…j’écris ces mots les larmes aux yeux tellement c’est beau ce que tu as dis…pleins de bisous xxx La fille qui mange des suchi de boeuffff !
Très joli texte plein d’amour! Tant de couples oublient pourquoi ils sont ensemble. Vous, vous prenez la peine de vous le rappeler. Touchant!
De tous mes liens de bloguosphère, je ne sais plus lequel m’a mené jusqu’ici…mais j’aime beaucoup !! Quel beau texte, plein de tendresse et d’amour…
Oh. Là, la tit-cul de 20 ans que je suis se reconnaît parfaitement. Ils auraient dû faire un manuel de vie à 2 et trois quart (dans mon cas) hein? Pas toujours facile… Moi aussi, j’oublie.