Fragile équilibre…

Par Intellexuelle • mercredi 02 mai 2007 à 21:59 • Catégorie: Mamour'ing

Il existe, j’en suis persuadée, un équilibre universel qui, quoiqu’il arrive, s’autorise à interpréter les joies, les bonheurs, les tristesses et les aléas de la vie selon le principe de Pareto ou, pire, selon la loi du 50/50.

Quoiqu’il en soit, cet équilibre fragile s’est une fois de plus manifesté. Jeudi dernier, nous étions aussi heureux que des rois pendant le festin à l’annonce de notre prochain.

Vendredi, mon et moi avons donc terminées les démarches pour nous offrir «notre» de : deux beaux gros Harley Davidson.

Samedi soir, nous voguions sur un nuage pastel, les yeux dans les papillons multicolores.

Puis dimanche matin arriva. Dimanche et son téléphone. Il était tôt. Trop tôt.

On m’apprend que mon git aux soins intensifs de l’ de . Crise cardiaque. Défibrillation à répétition. Difficultés respiratoires. Re-crise cardiaque. Coma. Perte de conscience. Chute de pression. Aucun pouls. Bref, c’était la totale.

Dimanche, à midi, paniquée, inquiète, triste à faire pleurer un clown, j’ai préparé mes bagages et me suis rapidement dépêchée d’arriver au chevet, 4 heures de route plus tard, de celui qui m’a donné la vie, de celui qui était si fier d’enfin me mener à l’autel pour le Grand Jour.

Il était pâle, si pâle. Mon tout petit . Intubé, lié de partout à ces machines qui lui insufflaient la vie.

J’ai pris sa petite main moite dans la mienne, tout aussi moite. Et, soudainement, j’ai eu envie de prier. Mais je n’avais plus rien à dire. Les mots sont des traitres qui ne viennent en nous que quand on réussit à leur signifier une émotion. Dans ce cas, je n’avais qu’une tempête, qu’une tornade, qu’une peur bleue.

Voilà pourquoi je lui ai chantée cette mélodie.

En insistant bien sur les mots : «Vas-y, bats-toi, T’es un vrai lion, sors-nous tes griffes, ne t’endors pas, à l’étage des soins intensifs… »

Chaque fois que j’avais le droit de le visiter, à la demie de l’heure, je me rendais machinalement lui murmurer ces mots… «Mais j’te l’demande, parce que je l’sais que j’m'en remettrais pas, ne t’en vas pas, j’me sens pas encore assez grande…»

J’imaginais sa joie, son euphorie, alors qu’il m’avait dit, la veille, à quel point il avait hâte de traverser l’allée centrale aux bras de sa plus grande, pour enfin vivre ce qu’on attendait tous depuis si longtemps. J’avais encore en tête toutes ses fois où, souriant comme rarement, il racontait qu’enfin, il allait pouvoir retourner chasser et pêcher, qu’il avait repris le programme des A.A, qu’il se préparait à partir dans son bois pendant l’été. Il était heureux, au comble d’un bonheur qui l’a fait attendre pendant trop longtemps.

Et puis voilà… Les heures, les heures, les heures. Aux soins intensifs, tout est calculé en heures. La première heure après la crise, puis les premières 12 heures, les 24 prochaines… tout est indice, tout est probant.

Ce matin, après 72 heures de soins, d’intubation, de perfusion, d’incantation ; il s’est éveillé. Oh, pas comme un réveil matinal où on l’aurait entendu s’écrier que le soleil est une lumière pour le coeur ; pas un matin ordinaire où il aurait trouvé que le café était amer, non. Mais un matin où il a ouvert ses grands yeux bleus. Et il a parlé.

Il n’est pas encore totalement sorti du bois. Et il reste tellement de tests encore à passer pour expliquer ce qui a causé le ceci et le cela, la crise d’épilepsie, la crise de coeur, l’… Mais il reste que mon a su entendre, à travers nos murmures, nos silences, à travers nos caresses sur ses bras froids, à travers notre insistance à le réveiller, à le sortir de son coma, à lui à travers son visage éteint, qu’il ne pouvait pas nous laisser comme ça.

Parce que je suis sa fille, sa toute petite, et que j’ai rêvé depuis trop longtemps de tenir son coude au matin du Grand Jour, heureuse d’enfin le voir réaliser «son» rêve, de donner sa fille à l’ qu’il lui faut.

Mon petit doigt me dit qu’il y aura peut-être quelques embuches à abattre avant de profiter de la marche nuptiale. Mais il me dit aussi, mon petit doigt, que quand on crie à son d’ qu’on a encore tellement trop besoin de lui, parfois, il écoute. Comprend.

…se réveille, tend l’oreille, ouvre ses yeux, puis revient d’un long, très long .

Ne nous reste plus qu’à espérer que la sève qui bout en lui reviendra avec autant de vigueur que ce dernier samedi soir où il m’a dit à quel point il serait fier de parcourir avec moi ces quelques mètres qui signifierons que son travail a été accompli, bien accompli, et qu’il tend le relais de la protection masculine à cet autre qu’il aime comme son propre fils.

J’aime mon . Indescriptiblement. Parce que. Et parce que. Alors si l’univers veut bien, une fois de plus, rétablir l’équilibre, il s’arrangera pour que puisse marcher, solennellement, au matin du 18 août.

C’est pas fatal, simplement parce que c’est critique… Alors voilà. J’espère. Nous espérons tous. Les sont ici, avec moi, mon , ma , ses et son conjoint, mon et sa conjointe… Nous y sommes tous, des quatre coins du Québec, pour tenir sa main, caresser son coeur, unir nos voix, et croire en lui. En sa force herculéenne de qui sait tout, qui peut tout, qui… saura pouvoir se relever.

D’ici là, je reste à ses côtés, le temps qu’il faudra, lui tient la main, et souris. Parce que c’est le meilleur de ce qu’il m’a appris à faire : devant l’adversité. Pour vaincre la torpeur…

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13 Réponses »

  1. Ahhhh je suis tellement, tellement heureuse que mon oncle se soit réveillé!!!
    Quand arrive des malheurs pareil, on peut pas s’empêcher de songer “Et si c’était mon papa?”, et là c’est l’horreur…
    J’vous envoie des baisers, des kalins, des ondes positives et de l’amour à profusion!!!

  2. Mes pensées les meilleures t’accompagnent.
    X%X

  3. mon coeur, mon énergie et mon souffle de vie l’accompagne. moi qui devais chasser pour la premiere fois avec lui et que le destin a fait changer nos plan.

    mon soutiens t’es réservé. à toi, à Patrick, aux enfants, et a toutes la famille.

    je reste la a veiller sur vous

    je vous aimes xxx

  4. Je comprends tellement ce que tu vis. Tu vois, de mon côté, je n’ai pas eu cette chance de lui dire à quel point j’avais encore besoin de lui. Prenez soin de vous tous et accrochez vous ensemble. Parce qu’il n’y a rien de plus vrai que ça.

  5. Troublant billet ….. ta tristesse mais aussi ton grand courage me bouleverse.

    En te lisant, je viens de me ressentir le besoin de parler à mon père… voilà plus de 2 ans qu’on ne se parle presque plus…vieille chicane….Je l’appelle ce soir en arrivant du boulot !

    Toutes mes pensées vous accompagnent ! Continuez de vous accrocher et de vous soutenir les uns les autres

    Nath XXX

  6. Oh, là, comme vous m’avez fait pleurer! Situation trop brutale, trop familière.

    Je lui hurle, de mon île, à votre papa de puiser en lui-même et autour de lui la force d’être là pour vous vous accompagner ce matin tant attendu.

  7. Bonjour ma nièce,il y a rien de plus beau que de voir ses enfants s’acrocher à la vie .Ton papa est un battant ,et Dieu sais à quel point il a toujours sortie la tête haute ds n’importe lequel situation.Je serai la, je suis optimiste et prie pour que la VIE reste la .Mais ds des épreuves aussi cruel est -elle ,on a besoin que quelqun quelques part s’inquite pour nous.Vous êtes des enfants que j’ai vue grandir et j’ai été assez supris de vous voir aussi fort et lier l’un envers l’autres .Je vais le voir aussi souvent que vous me le permettrai.Bisou Tantine xxxxx

  8. Je vous souhaite de tout coeur de pouvoir vous soutenir l’un l’autre jusque dans l’allée centrale le 18 août prochain…

    Courage à vous…

    Courage à lui…

  9. Bon courage, mes pensés vous accompagnes.

  10. Que dire sinon que même si l’on ne se connaît pas, ce qui t’arrive à toi et ta famille mais surtout à ton père m’attriste beaucoup.

    J’espère que tout ira pour le mieux. Quel mieux? La vie nous le dira, je vous souhaite ce dont ton père a besoin.

  11. J’ai mal Matoue. J’suis chamboulée, j’ai le coeur gros, les larmes aux yeux. J’voudrais hurler à l’injustice. J’ai peur de lire ton dernier billet. J’ai lu à rebours. J’ai peur d’apprendre que ça va pas.

    J’suis trouillarde, Matoue. Pis j’veux pas que tu aies mal…

    Je me lance. J’y vais. Je te reviens dans quelques lignes…

  12. Chère Martyne,
    Je n’ai pas écrit avant aujourd’hui…Ce n’était pas que mes pensées n’étaient pas avec toi…au contraire…mon énergie positive t’accompagnait à tous les jours depuis l’annonce de ce terrible obstacle…..
    Je crois en la vie….par expérience….et je crois en la pensée positive …grâce à ton blogue…(CHLOÉ)et…je sais…..certainement que ça marche!!!!!
    Ton premier amour sera à tes côtés le jours de tes noces…j’en suis convaincue et…j’ai extrêment hâte de faire sa connaissance.
    Bon courage!
    Ta b.s.
    Mado x

  13. [...] vous savez où on en est avec papa. Pour les autres, voilà les grands titres des évènements : perte de conscience et coma, décision de réanimation, réveil, espoir, colère, rêve et réalité, puis ajustements et prise [...]

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