Éteindre son mental…

Par Intellexuelle • dimanche 27 mai 2007 à 22:20 • Catégorie: Sociosphère

Plus de 10 jours. Migraine. Pression. Feu. Douleur. Siècle…

Mercredi dernier, en revenant d’un pitch chez un client, je suis passée juste devant l’hôpital de Nicolet. Les rayons du soleil pointaient sur moi, le vent avait un effet de souffle bienheureux, le son était coupé ; pourtant, j’avais l’impression de vivre dans un igloo tellement les parois de ma prison étaient froides. Un igloo avec, dedans, quatre esquimaux heavy-métalleux sur la go, et un chalumeau placé directement dans mon lobe gauche.

Le matin même, à la dame d’urgence santé, j’ai expliqué que je vivais, depuis maintenant 10 jours, une sorte d’enfer sur glace. La chaleur comme la froideur prenaient possession de mon corps sans gêne. À chaque heure, mon corps gelait ou crevait de chaleur, mais sans alterner avec le bonheur. Ma tête serait mieux servie dans un étau que sur mes épaules. C’était douleur, horreur, trop de lumière, trop de bruit, même en pleine nuit.

Juste devant l’hôpital, je me suis rappelée que la dame m’avait suggéré d’aller consulter rapidement, si la douleur persistait. Plus persistante que ça, j’aurais nommé ça “camp S.S.” tellement y’avait d’Hitler dans ma tête. Je suis arrêtée. Entrée à l’urgence. J’ai évaluées mes chances de survie à 3 heures.

Ça en aura pris deux. Maximales. Deux heures avant d’éteindre le feu. Le charmant médecin que j’ai vu a été très compréhensif : la voix basse, le sourire discret, les lumières plus tamisées.

L’inconvénient quand, comme moi, on a une peur bleue des piqûres, c’est d’affronter dentiste et médecin. Une fois sur deux, quand ça n’a rien d’un examen de routine, ça se termine par un trou quelque part.

Dans mon cas, la douleur s’est amplifiée nette quand j’ai entendu le doc murmurer : “On vous garde sous observation quelques heures. Je veux investiguer davantage”. Shhiiitttt.

Remarquez, quand il m’a demandé : “Alors, qu’est-ce qu’on peut faire pour vous ?” j’ai illico répondu : “Sortez, s.v.p, c’te saloperie de dans ma tête”. Be carefull what you wish for, cause it might come true.

Je suis sortie de la salle d’examen encore plus blanche qu’à mon entrée. J’avais peur comme une enfant, seule dans un monde de grand, personne pour me tenir la main.

…et puis je l’ai vu. Assis sur un siège rouge, dans la salle d’attente. Mon Mex, là, qui était venu voir comment j’allais. J’aurais pleuré, si je n’avais eu si mal en fermant les yeux…

Dix minutes plus tard, j’étais en jaquette bleue, dans une salle pleine d’ombre et de machines. Et les prises de sang. Et la perfusion, pour le soluté. Et la piqûre pour le démérol. Et l’autre truc qui rentrait par petite goutte dans mes veines… Et le câlistophe de suppositoire (pas mal là du tout, moi… j’peux pas l’avaler ? v’z'êtes sure ? cliss…). Mais toujours cette douleur terrifiante qui me laissait complètement, totalement, entièrement à la merci de la bonne volonté des gens autour.

Une heure, et les médicaments ont eu l’effet escompté. J’étais libre. Libérée de cette pression sournoise. Plus de feu. Plus de glace. Plus de température ou de flashs colorés dans mes yeux. Libre. Et pleine de morphine pour me faire voyager.

Quelques heures ont passées. Finalement, tous les résultats sont normaux, hormis un problème d’insuffisance rénale. Peut-être du à une surdose d’Advil. Je retourne dans une semaine pour une vérification. On verra bien. D’ici là, j’ai toute ma tête. Enfin.

Je n’avais plus fait de ce genre de céphalée depuis la naissance de Benny-le-kid. Presque 11 ans. C’est fou comme ça ne m’avait pas manqué… et c’est fou comme je suis heureuse d’avoir pu compter sur la rapidité du personnel de mon petit hôpital de comté.

L’image suivante est très révélatrice de ma super bonne humeur. Je vous laisse juger. Mon Mex m’a juste demandé, 30 secondes après l’insertion de l’obus dans mes voies personnelles : “qu’est-ce que tu voulais lui dire à l’infirmière quand elle te mettait ton suppo, Mat ?” Et le cliché.

Matou à l’hôpital… pas un cadeau !

“Après avoir passées les trois dernières semaines à visiter mon père à l’hosto, me voilà bin amanchée. C’est quand plus rien ne va qu’on sait qu’avant, tout allait.” - Moi.

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7 Réponses »

  1. Tu as vraiment un amoureux merveilleux et un sens de l’humour très résistant! Dois-je comprendre que pour le moment les douleurs sont disparues? Ça m’inquiète juste assez pour pasez mes temps libre à ‘watcher’ ton fil rss d’un oeil. Courage, ta une moto à conduire et un papa à faire sourire! J’t'embrasse JM, MV ;)

  2. Oyoye! Pauvre cocotte!
    Fais attention à toi là hein!

  3. Tantôt tu me faisais pleurer, là tu m’fais rire. T’es incroyable, y’a que toi comme ça. C’est probablement pour ça que je t’aime tant.

    Prends soin de toi, pis appelle-moi!

  4. Que je te comprend donc!!Moi ma piqure je l’ai eu sur les fesses…douloureux très douloureux…..^O)

  5. je le savais bien, toutes ces visites t’on rendu jalouse!!

    tu la voulais la jaquette, la machine qui fait bip! bip! et bien sur… LE SUPPOSITOIRE!!!

    LMAO

    je t’aime xxx

  6. Ohlalala! J’espère que ça se place!

  7. Ouaip. Y a que l’humour, même sombre parfois, pour venir à bout de ce qui nous fait c… (oups, excuse-moi, j’oubliais le suppositoire!)

    Ma douce Josée-Martyne (même quand tu fais un doigt d’honneur tu restes ma douce), ne change jamais!

    LuvYa!

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