En voilà une idée pour votre St-Valentin !

Par Intellexuelle • mardi 12 février 2008 à 19:00 • Catégorie: Mamour'ing, Nouveau

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Vous voyez tout ce tas de lettres éparpillées sur ma table ? Elles sont réelles, ces lettres. Adressées à moi. À la moi d’il y a 18 ans.

C’était en février, en 1989. J’avais à peine 15 ans. Période trouble. Troublante. Troublée. J’étais à une sorte de croisée des chemins, entre ici et là-bas. J’avais peu d’espoir en la vie en général, que je voyais bleue, très foncée. Je m’imaginais un monde, et puis sa fin. Rien entre les deux de tangible. De réel. Mes plus grandes ambitions m’étaient dictées par l’espoir, du moins, par ce qu’il en restait. J’avais peur de tout, et pour balancer ces peurs, j’affrontais tout. Avec la hardiesse d’une jeune femme, avec les couleurs d’une petite fille. Je blâmais la terre entière et détestais toute forme de beauté. Il n’y avait que la musique. Et les amours. Et encore…

Un soir, c’était l’hiver dans mon coeur. Comme dans la chanson. Exactement comme dans la chanson de Cabrel. J’ai tenté d’aller briller à côté du soleil. Vous voyez bien que je suis ici pour vous raconter l’histoire, alors je me permets de taire le résultat de mes détresses.

Cela dit, une de mes amies a eu l’idée de me réinsérer dans le monde vivant en me proposant d’être participante, le temps d’un weekend, à une session de valorisation personnelle. J’ai accepté, comme dans «bof».

La fin de semaine en question m’a peu apporté, en soi. Mais ne serait-ce que pour ce que je vais vous présenter dans quelques instants, elle valait toutes les ratées du monde ; elle valait tous les espoirs du monde ; elle valait son pesant d’or.

Une des activités du weekend consistait à prendre conscience de l’amour qui nous «entoure» et qu’on «oublie» trop souvent. Pffff. J’y croyais peu. Si peu. Et pourtant. Moi qui me disais seule, qui me sentais seule, qui me voyais seule… Un des moyens de prouver aux participants qu’ils n’étaient pas seuls, et qu’ils ne l’avaient jamais été, fut de trouver, à «l’extérieur», une personne qui nous connaissait et de l’envoyer en mission. J’ignore comment les organisateurs de l’activité ont recruté les missionnaires.

Ce messager devait parcourir la terre à la recherche de gens prêt à témoigner amour et affection aux participants.

J’ai eu la chance d’avoir une de mes tantes comme missionnaire. Pendant plus d’une semaine, à mon insu, elle a fait le tour de la famille, des parents, des oncles, tantes, cousins, cousines, puis des ami(e)s proches, des connaissances. Chaque fois, leur demandant d’écrire sur un petit bout de papier un mot gentil à mon attention.

À la fin du weekend, dans une des dernières activités, les participants sont invités à s’isoler un peu. Puis à ouvrir le paquet qui leur est adressé. Le mien était là. Avec mon nom. Un gros paquet, avec un ruban rose. Nous étions environ deux dizaines, dispersés ça et là dans la salle. Nous nous regardions, ne sachant pas à quoi s’attendre de ces drôles de paquets d’amour. Des poqués de la vie, pratiquement tous fils et filles d’alcooliques, maganés, volontaires et pourtant… si apeurés.

Recevoir l’amour en batch est une occasion rare, dans la vie. J’ai ouvert mon paquet. Défait le gros ruban rose. Pris la première lettre. Un mot de ma grand-maman Annette : “Elle est spéciale, tellement spéciale qu’il n’en existe qu’une, celle-là, la mienne, que j’adore depuis si longtemps. Je t’aime ma grande, mamy Annette.» Wow. J’étais estomaquée. J’ai pris la seconde lettre. Un mot de mon papa : «Tu sais ma matoue qu’on ne se dit jamais qu’on s’aime, c’est trop difficile chez nous. Mais voilà que je profite de l’occasion pour te le dire, et pour te le dire assez souvent que tu t’en souviendras jusqu’à tes vieux jours : je t’aime, je t’aime, je t’aime… Papa.» Ok, les larmes. J’ai compris, là, après la deuxième lettre, ce qu’était le paquet. Mamy Georgette qui m’a écrit que j’ai été sa première petite fille et que «comme toutes les premières, tu dois franchir les barrières et briser les sceaux»… Autant de témoignages que de connaissances. Autant de gens qui me disaient leur amour, leur amitié. Mes tantes. Mes oncles. Des cousins, des cousines. Mes grandes amies. Mercédès, Audrey, Annick. Des connaissances de la polyvalente, aussi. Un ou deux profs. Tous ces gens qui m’avaient côtoyés, qui me connaissaient un peu, me souriaient.

Inutile de vous dire que je garde précieusement, très précieusement, ces dizaines de témoignages. En cas de déprime, de cafard, d’ironie du monde, je plonge dedans. Pour me souvenir. Qu’ils sont tous là. Pour moi. Si jamais…

Au moins une fois dans une vie, à mon avis, tout le monde devrait pouvoir recevoir de tels témoignages. Je vous encourage fortement à organiser une telle mission à un de vos proches. Sourires éternels garantis.

Chaque fois où quelqu’un me demande si je n’aurais pas un truc “original” à lui proposer pour combler son valentin ou sa valentine, à l’approche du 14 février, c’est cette histoire-là que je raconte. Pensez à ses ami(e)s, à des collègues, à des parents, aux voisins, s’ils l’apprécient, pensez à surprendre, aussi. Un ancien professeur dont il/elle parle souvent, une connaissance éloignée qui l’impressionne. Croyez-moi, chaque mot est un cadeau.

…et tous mes remerciements à tante Henriette, qui s’était pliée à l’exercice. Ça n’a pas du être évident, ni facile, et pourtant… Si tu savais, tatty, à quel point tes efforts ont changé ma perception de la vie, ma perception du monde… Merci.

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11 Réponses »

  1. C’est tellement une bonne idée…..tendre et originale…empreint d’amour!

  2. Wow… c’est vraiment une histoire touchante.

    Je te comprends d’avoir gardé ces lettres!

    Moi aussi, j’ai gardé tout un tas de lettres de l’époque où j’avais 14-15 ans… des lettres parfois banales qu’on s’écrivait une amie et moi pendant les cours. Même si on ne se parle plus aujourd’hui, c’est bien de retourner dans ces souvenirs du passé…

    Évidemment, ce n’est pas aussi intense que les tiennes mais tout de même, ça m’a fait penser à ça!

  3. Des conjugaisons d’amour par avion paquebot qui arrive de toutes parts. Des partages d’amour océan qui nous noient littéralement de douceur. J’ai tcette fois le sentiment que la vie est bien bonne, qu’elle s’arrange au moment opportun pour nous offrir ce qu’il y a de plus précieux, si je pouvais m’en souvenir!

    Ahhh, chère Matou, merci encore.
    Et pour les autres, que vous me connaissiez ou pas, je suis preneur de tels mots. . .

  4. Quelle exquise idée! Si tous les gens qui se sentent seuls et dévalorisés savaient, peut-être moins d’entre eux auraient une envie réelle d’aller briller près de ce soleil dont vous parler…

  5. Tu m’a fait pleurer !!
    C’est absolument génial ton idée.

  6. Ma chère,

    J’ai bien l’intention d’offrir cette excellente idée à tous ceux que j’aime afin qu’ils puissent à leur tour la partager avec les êtres aimés………ainsi de suite………………

    Félicitation! Pour le concours du meilleur blogue
    Bonne Fête! amicalement

    Diane

  7. J’ai eu droit à ce témoignage d’amour à 15 ans aussi… c’est spécial! Je ne me souviens plus comment ils avaient appelé ces quelques jours là, mais on était une petite “gang” de rebelles à s’être inscrits dans les activités de pastorale question de pouvoir manquer quelques cours. En petits ados rebelles c’est seulement nos parents qui nous écrivaient, nous avons reçu la lettre à la toute fin, après en avoir écrit une la journée d’avant qui exprimait à nos parents l’amour qu’un ado réussit rarement à transmettre si facilement.

    Des grosses émotions je m’en rappelle très bien! À la toute fin, nos parents nous attendaient tous réunis dans une pièce :). Les grosses larmes ont coulé, je sens que ça en a marqué plus d’un du côté des parents comme des enfants.

  8. Ma chère Martine, tu m’étonneras toujours!! Ce message est en quelque sorte un second souffle d’espoir qui mérite d’être fait au moins une fois dans une vie et une méthode extraordinaire de prévention auprès des jeunes. J’en profite pour te féliciter de ton prix, tu le mérite énormément.
    D’une fille qui ests contente de t’avoir comme amie.
    XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX …

  9. Hé Matoue, j’aimerais bien savoir ce que je t’avais écris moi, à mes tous jeunes 15 ans également…. Audrey et moi on avaient fait cette session aussi je me rappelle bien du paquet d’amour……. Comme j,aurais voulu le garder ! Si tu peux retracer mes mots j’aimerais bien voir ca !

    ***
    Message d’Intellex : Hey, Annik, regardes bien le lien suivant : J’ai fouillé et retrouvé ta lettre ! C’est tellement cute !

  10. Rien n’a été difficile de récolter cette moisson d’amour pour toi.Tu le méritais car tu as su affronter assez tôt la Vie et tout ce qu’elle apporte .Alors tout l’amour que toi tu as semer et bien elle te revient un jour ou l’autre.Garde ces messages précieusement.Moi je possede encore les miens.Je t’aimes pour tout se que tu nous offres ds tes écritures.Je les lits avec intérets .Il n’est pas facile de dire je t’aime à quelqu’un mais des gestes comme tu as reçu voulais te le dires.Prends soins de toi .(excuse mes fautes ) Une vieille tantine xxxx

  11. MADO : Je te garantis que ça fait un bien fou ! Et de les relire en cas de cafard, c’est la joie assurée !
    NOISETTE SOCIALE : Parfois, juste parfois, quand on se sent seule, seule, seule, ça fait du bien de se souvenir qu’on ne l’a, en fait, jamais été ! Je te comprends également de conserver tes lettres d’amitiés.
    LP : Des tonnes de mots gentils pour toi alors ! Il ne faut pas généraliser, mais habituellement, quand tu lui donnes de la place, à la vie jolie, elle la prend !
    GRANDE-DAME : Je vous donne entièrement raison. J’ajouterais même que tous et toutes auraient avantage à savoir, au moins une fois dans une vie, qu’ils sont indispensables pour les uns, appréciés pour les autres.
    REGOR : Je suis heureuse que l’idée te plaise. Elle n’est pas de moi, cependant. J’ignore qui l’a “inventée”, mais j’adhère !
    DIANE : Et bonne fête à toi également (en retard) ! ;-) Salutations aux tiens, et bonne récolte de jolis mots !
    ANNE : On dit souvent que les mots restent l’un des seuls vecteurs élégants pour signer “je t’aime” quand tout le reste n’a plus de sens. Ado et parents, c’est la combinaison gagnante pour les jolis mots !
    CHRISTINE : D’une amie toute aussi heureuse de te savoir dans son entourage ! Bisous xxx
    ANNICK : Je me souviens de tellement de moments magiques, de cette période-là. J’ignore ce que nous serions devenues si nous n’avions pu compter l’une sur l’autre. Gros gros ÉNORME bisous d’amitiés.
    HENRIETTE : Les fautes, c’est tellement pas grave. L’expression vient lier tout le reste ; dire je t’aime, c’est aussi facile que ça ! Moi, j’sais que tu m’aimes, tralalalère !!! (Et je te le dis assez souvent aussi, hein ?) :-)

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