Distensions…
Par Matoue • lundi 19 mai 2008 à 22:32 • Catégorie: Nouveau, Psyritualité
Adolescente, j’étais si petite qu’on m’aurait facilement prise pour une poupée cassante, en verre, toute délicate. Je pesais à peine 100 lbs pour un petit 5′4″. Au moment où j’ai appris que j’attendais un enfant à 15 ans, une foule de trucs se bousculaient dans ma tête. Une foule de trucs, EXCLUANT l’apparition des vergetures - et les moyens de prévenir leur apparition !
Quelle ne fut pas ma surprise, alors, de constater que la peau autour de mes hanches était aussi fragile que celle de mon visage. Au fur et à mesure que le bébé prenait ses aises, mes hanches doublaient de volume. Évidemment, la conséquence immédiate aura été de voir la peau qui les recouvrait se fendiller doucement, jour après jour. Petit à petit, cependant. Sournoisement. Aux premières petites traces de distensions, rien ne laisse présager les canyons qui se creusent tranquillement sur la peau. Puis les fesses s’invitèrent à la fête et, tant qu’y être, le haut des cuisses et, croyez-le ou non, les mollets.
À la fin de ma première grossesse, je ressemblais à une baudruche truffée de labyrinthes rosés. Heureusement, certaines parties de mon corps ont refusé d’obéir à la loi de l’élasticité. Jusqu’à ce…

Qu’aux premières nuits d’allaitement, j’eus l’autre loisir de voir mes petits seins d’ado devenir deux énormes masses laitières. De petits, il n’en restait que le souvenir. Je promenais fièrement mes pomelos bourrés d’aliments pour nouveau-né. Dolly Parton était une enfant de coeur à côté de mes nouvelles acquisitions ! Cependant, qui dit “maturation rapide” dit distension. Une fois de plus, ma chair pétait au fret, et chaque parcelle entourant le goulot du biberon naturel que j’étais devenue se fissurait sous l’impact du magasin de lait.
Six années passèrent. Chanceuses, comme années. Comme j’étais très jeune, à la peau encore très immature, je repris avec facilité ma taille de guêpe et les dards laissés dans ma peau, comme de petites flèches vers mon utérus, rapetissèrent et devinrent pratiquement invisibles. Je n’avais plus l’air d’un zèbre sur le point de vêler mollement, mais d’une femme revenant de Rigaud et de la maternité pleine de griffes.
Six années passèrent, 30 livres en largeur et 4 pouces en longueur. Puis vint ma seconde grossesse. Et la deuxième ronde d’explosion ! De tous bords, tous côtés, le Grand Canyon reprenait ses droits et me fissurait le corps à coups de pétage de peau, version intensive. Heureusement, certaines parties de moi avaient déjà eu mailles à partir avec le tourbillon de lasserie vivante, ce qui a considérablement réduit les effets dévastateurs d’un subite extension de peau, grand volume. Cette fois, la seule partie de mon corps encore intacte fut attaquée par le grand coup de pied du destin maternel : mon ventre allait exploser et entraîner dans ses éclats tous mes lambeaux de peau.

Onze années passèrent. Cette fois, cependant, mon corps décida qu’il pouvait conserver quelques-uns des vestiges de la seconde grossesse. Oh, trois fois rien. Juste assez pour ne pas penser à la chirurgie. Juste assez pour marquer ma peau de souvenirs mémorables. Juste assez pour justifier ma hantise de l’explosion, mais trop peu pour me faire honte devant l’étalage de perfection qu’on trouve dans certaines revues.
Mes seins, dont le volume a bizarrement dégringolé après les lactations, reprirent leur forme malheureuse. Mes hanches redevinrent proportionnellement normale. Mes fesses rebondirent et mon ventre… et mon ventre simula un semblant de bien-être quand il affichait son nombril aux chauds rayons du soleil.
J’ai malheureusement longtemps eu “un petit peu honte” de ces autoroutes à bébé sur moi. Une gêne d’anti-perfection, je crois. Je craignais le jugement de beauté, je craignais le sarcasme, la marche du désir trop longue, les comparaisons peu flatteuses dans l’après d’avant. Je toisais avec avidité les autres bedons rencontrés, souvent pour me conforter, souvent pour comparer, souvent pour me rassurer, me dire que je n’étais pas seule dans le bateau des femmes vergeturées. Que j’aie longtemps pratiqué le naturisme ne m’aidait en rien à n’avoir aucun problème à exhiber, sous les chauds rayons d’un soleil plombant, mes lacérations.
Puis le temps, sans doute. Et mes abonnements résiliés aux magazines dont la perfection corporelle affichée me frustrait…
Il y a quatre ans, Mex et moi nous remettions d’une magique nuit de chauds ébats sous les couvertures. Jamais je n’avais osé aborder le sujet en pleine lumière. Souvent, je tamisais l’atmosphère, craignant qu’en toute opalescence lumineuse il ne remarque toutes ces vergetures qui longeaient mon corps. Il y a quatre ans, pour la première fois et les suivantes, je me suis affichée, nue, en pleine lumière du jour naissant, devant lui. Sans tenter de dissimuler quoique ce soit. Sans bobette, sans trompette ; rienque moi et les vestiges de mes grossesses qui me collent à la peau.
Je me souviens de cette aube. C’était au petit matin d’aujourd’hi, 19 mai, en 2004. Je m’en souviens parce que je l’ai noté dans mon carnet du tendre - ce petit carnet qui résume mes coups de coeur amoureux sans cesse renouvelés pour lui. J’y avais écrit : “Aujourd’hui, Patrick m’a libéré d’un poids mort trop longtemps porté, celui du carcan physique, du dogme matérialiste et irréaliste, celui de la crainte d’afficher mon corps de princesse morcelé d’étranges lignages. Aujourd’hui, il m’a regardé à la lueur du jour, s’est avancé vers moi, a mis sa main chaude sur ma hanche et a murmuré dans mon oreille “Tu sais que tu es belle ?”. Je lui ai répondu, du haut de ma candeur : “Même avec ces affreuses vergetures ?”. Il m’a regardé et sans hésiter, m’a dit : “Tu sais, les chemins du coeur mènent tous au nombril ! Tu es belle comme le jour avec tes preuves d’amour, tes petits chemins d’enfants. Et puis moi, j’ai la preuve par quatre que je sors avec une fille “taillée au couteau”, non ?”
“Taillée au couteau”. Comme dans “sexy quand même” ?
On a remis ça. Pratiquement toute la journée. Libérée de cette espèce de trouble intimidant, je pouvais à nouveau laisser parler mon corps au grand jour, sans craindre d’afficher ses relents du passé qui avaient abimé mon corps. Sans craindre le dégoût ou le recul devant ma peau zébrée. Sans craindre. Juste en exposant. En l’aimant. En m’aimant.






TAILLÉE AU COUTEAU DE TRÈS GRANDE PRÉCISION MÊME… XXX
Toi toi toi! Tu amène tout le temps des sujets auquels personnes n’aurais vue ca de cette facon ‘Maouternal’ lol! Tu sais quoi, ton Mex ben ya raison, rappel toi notre soirée poker, j’ai tout vue nanana!!! Tu es belle comme un coeur et taillé au couteau d’aplomd!!!
Je te cruise pas la lol 
Scuse le mot est ‘Matouternal’ héhéhé!
Me semble qu’à chaque fois que j’entends parler de la beauté intérieur, qu’il n’y a ça de vrai, c’est majoritairement de la bouche d’une femme.
Est-ce que c’est par culpabilité ou dégoût alors qu’elles se cachent ou n’osent se découvrir?
J’ai sorti avec une fille qui faisait du psoriasis et même s’il est n’y pouvait rien, elle était réticente de se mettre nue en ma présence…
Ou des fois c’est le petit boost de confiance, l’effet Mex de ton billet, qui fait se tomber les barrières de la honte/gêne.
Bref, très content pour vous deux! C’est beau l’amour
Ah… Intelex… Si tu savais! hihihi!!!
J’ai aussi de la chance, apres 3 marmots… Elles sont la, mais pas trop… Juste un peu debordant sur les cuisses… Mais en bikini, l’attention de mon zhomme est ailleurs alors on oublie!!
MEX : Ahah ! Faut pas “trop” en mettre là, quand même ! héhé !
ANNIE : “Matouternal”, héhé ! C’est bon, ça !!!
DREW : Je ne saurais répondre à ta question, Drew… je me la pose également. Je crois, au fond, que c’est un genre de “chance supplémentaire d’éblouir”… Do not read beauty magazine. Ever !!!
FAYDRA : Comme dirait une amie maman “J’en ai juste assez pour prouver que je suis maman, et pas assez pour laisser mon corps de mère prendre le dessus” !!!
En tant que maman d’une petite fille de 2 ans, présentement au beau milieu de ma deuxième grossesse, je comprends. Actuellement, j’ai perdu le contrôle de mon corps et j’attends chaque mois le verdict du médecin sur le nombre de kilos accumulés. Stress émotif, stress physique, 9 mois où je raye le mot “sexy” de mes espoirs.
Mais, en bout de ligne, j’en sortirai avec la plus grande richesse du monde: une petite fille qui illuminera notre vie de ses sourires, de ses câlins et de son regard d’enfant pour nous apprendre, innocemment, le sens du mot “émerveillement”. À nouveau.
Tu sais nous aussi les gars on a nos distensions, d’origine moins noble…mais là tout de même.
J’ai assisté à une soirée l’autre jour et l’animateur nous a raconté un exercise que j’ai essayé.
Tu te mets nu devant un mirroir et tu reste là a te regarder pendant 15 minutes, ca remets les pendules à l’heure Normale de l’Être.
On a tous un corps qu’on peut voir de toutes sortes de facon.
Mais ça, ça, oui ça ici, ça dit tout tout tout…
« [...], les chemins du coeur mènent tous au nombril ! Tu es belle comme le jour avec tes preuves d’amour, tes petits chemins d’enfants. »
En temps que nouveau (mais de moins en moins nouveau) papa, cette phrase me berce le coeur. C’est tellement beau une femme enceinte en plus… elles ont tous des galaxies dans leurs yeux. Ça brille de loin.
Je t’ai taggué ma belle. C’est l’heure du party!
;-p
J’en suis à ma quatrième grossesse…imagine les dégats! Je suis parsemée des chemins que mes enfants ont dessinés sur ma chair. Je peux dire que, de là à là c’est ma première, de la à là, c’est ma deuxième, etc… C’est beau la vie, hein?! Mes enfants je les portes dans ma chair même s’ils sont grands. Ils savent quelle vergetures est de eux et ils en sont fiers…pourquois pas!?