De la Martyne…
Par Intellexuelle • mardi 07 novembre 2006 à 10:59 • Catégorie: PsyritualitéDelamartine a écrit : «Ô, temps, suspend ton vol». La Matoue, elle, crie : «Ô, temps, salopard, cochonnerie de tawouin, suspend ton envol».
J’ai déjà fait le tour des signes qui annoncent, inévitablement, que je vieillis. J’ai des cheveux blancs. Ce qui fait encore plus suer ? J’ai des POILS blancs, m’enfin, ceux qui n’ont pas eu le loisir de se faire cramer. Je vois l’apparition du «gras de d’sous de muscle» sous le bras, par exemple. Ou l’éclosion d’un second menton, sous le premier. L’apparition de petites taches pigmentaires totalement débiles, et même pas cute, sur le dessus de mes mains. Le début d’une petite trace de varice sur un mollet. Les pattes d’oie, les ridules, les sillons qui se creusent dans mon visage. Mes os qui semblent étourdis, les jours de pluie… Voir mes dents s’enfoncer un peu plus sous la lèvre. L’ouïe qui défaille d’un décibel à l’autre. Le «test du crayon» qui vire au positif… Triper (et bien connaitre) plusieurs des tounes dans le spécial «années 80»… J’associe encore Nathalie Simard à une grosse boîte à mail rouge… Je demande aux amis des fistons qui sont leurs parents… M’entendre dire «moi, dans mon temps» et trouver ça normal. Être invitée à une convention «d’anciens»… Ne pas savoir quoi faire avec une manette de ps2… Le petit malaise dans le bas du dos, au réveil… Savoir qu’un lendemain de veille va durer, finalement, toute la journée… J’ai élevé mes enfants avec Françoise Dolto et le doc Chicoine mais j’ai été élevée avec le Dr. Spock… Je calcule le nombre d’heures de sommeil par nuit… J’investis dans mon reér… Je fais tous mes achats des Fêtes par Internet, pour éviter les magasins bondés… Je ne reconnais pas la moitié des clips à M+…
Entendre quelqu’un parler de moi comme étant «une spécialiste de…» quand je crois encore n’être qu’étudiante… Demander - et obtenir - du crédit… Me souvenir de Christiane Charette comme étant excellente à la télé… Avoir voulu ressembler à Marie-Soleil Tougas… Accepter d’avoir un gros chien dans la maison… Avoir, justement, une maison… Me faire appeler «madame» partout où je vais… Me rendre compte, soudainement, et avec réalisme, que mes parents ne sont pas éternels… Congeler de la bouffe… Être «ma tante»… J’ai déjà vu E.T. au cinéma, et pour moi, Drew Barrymore, c’est encore Gertie, la petite soeur… Je n’ose plus porter de chandails qui montent plus haut que les hanches… Je SAIS ce qu’est l’insomnie. Je ris des gags parce que je les COMPRENDS, dans Sex in the city… J’ai eu plus d’amants que je n’en aurai désormais… Je me rends compte qu’une comptine de Passe-Partout, ce n’est pas compris de tout le monde… pire, je me rends compte que plusieurs de mes référents sont inconnus des autres… Mon doc ne me demande plus si mes règles sont régulières, nan, il me demande si je suis parfois constipée… Mon dernier en liste ? Ahah. Me rendre compte que je parcours les avis de décès dans le Journal, au cas où j’y reconnaitrais quelqu’un. Là, ça m’a donné un grand coup.
Même si j’engage le meilleur chirurgien du monde pour ressembler, éventuellement, à Burt Reynolds, même si je prends un soin jaloux de ma santé, même si j’entretiens mon corps comme une formule un, même si je le veux de toutes mes forces, l’inévitable est… inévitable. Je vieillis. Processus qui s’est enclenché dès ma naissance, je sais. Mais qui, jusque là, n’avait pour conséquence que l’acquisition de la maturité. Maintenant, là là, aujourd’hui, et pis demain, et pis après, ce sera toujours «une de plus, une de moins», comme disait mon grand-père en se réveillant. C’est un constat qui, jusque là, n’avait jamais été fait, de ma part. Je me croyais éternellement jeune. Oui, je sais, dans mon coeur, je sais. Mais le corps, l’attitude, les aptitudes, les souvenirs, tout ça me dit que je ne reverrai jamais ces années passées. Et que c’est ça la vie. Alors je me demande, comme dans la chanson, «If I could have my wasted days back, will I use them to get back on track ?»
C’est Metallica, on s’entend. Pas dans le goût musical de tout le monde. Mais passés les accords pesants, il reste le texte. Et le texte, lui, il fait réfléchir. «You live it or lie it.» C’est en plein ça. Juste être. Alors au lieu de regarder le temps passer, je vais embarquer dans le train. Et la vivre, ma vie. Plissée, enrouée, varicée, tachée, penchée, ramollie, mais hell yeah !






J’ai réalisé ça quand mon ami, qui fait son bac en enseignement, m’a raconté que la plupart des étudiants dans son cours n’avaient jamais vu Karaté Kid de leur vie… QUOI?
Et nous, le gras de dessous de bras, on appelle ça du “gras de bye-bye”… tsé, ça s’agite quand tu dis bye à quelqu’un… hihi!
Je te vois très bien avec la moustache de Burt Reynolds mais peut-être moins avec la Camaro…
Ouais, ou quand j’ai assisté à un cours de première année de Bac l’an dernier et que le professeur a mentionné aux élèves qu’ils étaient nés autour de 85, l’âge de mes neveux et nièces! J’ai cliqué que ça allait faire 10 DIX 10 ans que j’étais la.
18 Til I Die - BA (quand je peux)
Je trouve ça drôle d’avoir autant de ”conscience” du temps qui passe à 30 ans. Moi, je me sens encore comme une enfant, p-ê que j’en suis encore une, au fond. Le temps ne me dérange pas du tout jusqu’à aujourd’hui. Du moins, jusqu’à la lecture de ton blog. Maintenant, j’y pense dans le sens d’en être plus consciente. Pour ne pas gaspiller ce qui reste. Bisarrement, ça me fait sourire aussi.
Bonne journée !
Je compare, du haut de mes 19 ans :
J’ai un petit second menton, quelques varices et déjà quelques “rides” d’expression. Je fais de l’arthrite, mes jointures me font un mal de chien en hiver. Je calcule mon nombre d’heures de sommeil par nuit. J’investis dans un Reer. Je ne connais pas la moitié des clips de M+.
J’ai voulu ressemble à Marie-Soleil Tougas. Je vais m’acheter une maison. Les enfants m’appellent madame. Je congèle de la bouffe et ne porte pas de chandails courts. Je comprends les comptines de Passe-Partout…
J’ai 19 ans, des vergetures, d’la cellulite, du mou un peu partout, et pire, on m’a dit que j’avais plus de difficulté à perdre du poids et à muscler parce que j’ai vieilli!
Alors bon. Ou j’ai vieilli prématurément, ou bedon tu dramatises et t’es juste “comme tout le monde”… Quosse tu choisis? J’espère, moi, être juste “comme tout l’monde”… T’en penses quoi?
Moi aussi j’ai des cheveux blancs, et à chaque fois que je me réveil, on dirait qu’il en a poussé un nouveau. La sagesse dit-on!
Je ne sais pas si on te l’as dit souvent, au pire je vais répéter, mais tu as une plume magique magnifique pleine de vie et de talent. Longue vie à toi et à ton inspiration. Tu me fais sourire chaque fois et ça, c’est précieux. Merci Josée-Martine.
Claire xxx
Note: J’assume la longueur de ce commentaire qui est proportionnelle au plaisir que j’ai eu à te lire madame Matoue.
Je suis déjà passée ici rapidement à la fin de l’été. Un de ces soirs où j’explore l’univers virtuel quelques minutes entre travail et dodo. J’ai placé ce blogue dans mes favoris pour y revenir un de ces 4.
Ce soir, c’est un de ces 4 justement. J’ai le vague à l’âme. Incapacité de dormir. Parmi ma liste de blogues à voir, je choisis le tien. Distraitement. Je lis quelques lignes et me voilà intéressée. Je lis encore et je souris. Rebelote, je lis et je ris. Tant qu’à faire, je poursuis. Sur ma lancée, j’ai lu les plus récents de tes écrits, en suivant tous les liens vers les plus anciens. J’étais dedans quelque chose de rare!!!
Pour connaître un peu plus le moineau, j’ai repris du début… en 2005! Je suis rendue en janvier 2006 et… j’irai au bout de cette rencontre.
J’ai éclaté de rire à plusieurs reprises, alors que franchement, je n’étais vraiment pas disposée à rire ce soir!!! J’y ai vécu aussi toutes sortes d’émotions, toutes sortes de réflexions. Vraiment, merci. Je m’y retrouve.
Bienvenue au club !

Bah… Moi j’en ai fait mon compte de tout ça… Dans ma tête les aiguilles sont un peu plus lentes… Je tiens un blog qui ne ressemble à rien… Je rédige des questionnaires à la noix… Enfin… Tu vois le genre
J. M. Desmeules,
Moi, c’est bien pire que toi; du moins je crois! Quand je vois « Émilie Bordeleau », je me revois davant ma maîtresse d’école ou encore autour du poêle, à étudier la « Petit Catéchisme… »: école de rang avec sept divisions dans la même classe, une seule enseignante, des rats dans le bureau de l’enseignante, congé d’école, de leçon et de devoir quand il fallait entrer le bois de chauffage de l’école, congé de devoir et de leçon pour les deux garçons qui étaient « choisis » pour aller chercher l’eau à la dalle située à près d’un kilomètre de ce lieu de haut savoir, congé de leçon et de devoir pendant toute l’année pour celui qui s’était offert pour aller allumer le poêle à tous les matins, maîtresse se rendant « enseigner » en carriole aux jours de grands froids, etc.
Et pourtant, malgré ces souvenirs d’enfance « pré-Bobino », je ne suis pas encore un ancêtre, en tout cas, pas selon la définition traditionnelle de ce terme…
Aussi, tu fais bien d’embarquer dans le train quand il passe, sans hésiter, car si tu attends trop longtemps pour décider de le prendre, le jour où tu arriveras enfin sur le quai de la gare avec ta valise, il est fort possible que quelqu’un, l’ancien chef de gare, te dises que la ligne est discontinuée… Et ça, ce n’est pas arriver en retard. Non! ça, c’est arriver trop tard, ne jamais partir, ne jamais se rendre nulle part…
« Carpe diem »! J. M. Desmeules.
« Cueillez, cueillez, dès aujourd’hui, les roses de la vie »… J. M. Desmeules… Car, de tant de beauté, demain ne peut ni de doit se priver.
Bonne journée,
André.
C’est encore moi!
Je suis revenu pour corriger une faute qui me fatigue.
Au paragraphe en dessus de « Carpe diem »: … l’ancien chef de gare, te diseS que la ligne est discontinuée… Pas de «S» à dise. Oui, je sais, il y en a un, mais pas deux!
André.
Vieillir, c’est inévitable. Bien vieillir, c’est agréable!
J’ai la chance de faire partie de ce si honni baby boom.
L’image qu’on a aujourd’hui de l’âge mûr (sur le site des Têtesaclaques c’est la catégorie 35+!) est peut-être liée au fait d’avoit été si nombreux à être jeunes en même temps qu’on a fait de la jeunesse une valeur incontournable.
Mais j’ai bon espoir que, maintenant, notre gang va donner bonne réputation à une notion comme “Embarquez 55!”
Avez-vous remarqué le nombre de femmes dont la vie s’emmieute au départ des enfants?…
Si on peut éviter de se laisser culpabiliser…
En tout cas, moi je rigole d’avoir pu écouter les débuts d’Elvis et d’aller encore à des shows de rock…
Votre commentaire. HÉHÉ! I know, la première fois, que j’ai eue ce feeling, c’est au café chaos quand j’ai vue des jeunes, danser sur des tounes que moi j’écoutais ado.
…………
arghhhh
………..
Épis je me surprends souvent aussi de dire à mes enfants du haut de mes 35 ans …MOI quand j’étais jeune… MOI.
……..
Comme si le fait d’avoir été jeune me donne une supprématie sur eux.
en fait
oui j’imagine k’on en a une.
WOWWWW
Génial, amusant et TELLEMENT VRAI !!
Dès que j’ai eu mes 21 ans, je m’amusais à dire «On a pu 20 ans hein !!» Déjà on se sentait vieux … un peu dépassé …
Bah quoi et puis merde, n’est-t’il pas vrai que l’on prend de la maturité et de la sagesse avec l’âge ! Ah oui il y a aussi le pic sexuel de la trentaine-quarantaine !!! Allez-up gardons un coeur jeune … pas besoin de connaître tous les clips de M+ !
Merci de me faire rire et sourire
« Passe, passe le temps
Il n’y en a plus pour très longtemps »
chantait le poète; ; mais il plaisantait…
L’escalier de la vie, tu sembles vouloir doucement commencer à le descendre sur ton blog.
Supervielle, de son côté (en son temps le net n’existait pas), en faisait un poème, des poèmes : l’escalier.
(S’ils t’ont échappé et si tu les veux, je te les enverrai)
Amitiés
Hey Martyne, t’as oublié les poils au menton… Quoi, tu ne connais pas encore ça? Ah. Patience, ça aussi, ça s’en vient!!

Mais tout ça, c’est des détails. Tu vas rester jeune encore longtemps, avec ce coeur que tu as
@Fée : Pfffttt… Karate Kid, c’est un classique des temps modernes !
La plupart des lecteurs arrivent en cours de parcours et débarque du bateau, entre deux eaux. Rares sont ceux qui tirent les lignes du début à la fin. Woah. J’suis rougie, là…
@Nicole : Ah, ça non. Non de non. Par les poils de mon menton… Bin boudiou de merde, ouais, j’en ai un, astifi de poil sur le menton. How can I join the club ? 
@Pat : C’parce que tu m’as pas vu l’allure sur un hood-aiglé, toi !
@François : Ouais, mais nous, on a un gros cerveau tout remplis, haha !
@Zulie : Après deux kids, 4 relations stables malgré le jeune âge, trois changements de carrière et un burn-out, soudain, tout est clair, hahaha !
@Chocolyane : Bah, t’es une vieille âme dans une peau de jeune ! C’pas juste !
@Annie : La sagesse ou l’hérédité, le constat est le même : ça a pas rapport, des astis de cheveux blancs ! C’est inhumain !
@Clara : C’est bien gentil. On ne le dit pas si souvent, et quand c’est fait, c’est toujours apprécié. Merci.
@Eli : Alors ça, c’est une vraie de vraie ! T’as tout lu ? Je me sens toute nue…
@Obni : «qui ne ressemble à rien» ; «à la noix» : Hey bin si c’est ça, vos noix, par chez toi, j’y emménage dès que les printemps seront frais ici !
@André : ok, tu gagnes.
hihi.
N’empêche que cette semaine, j’ai reparlé de toi et de ton commentaire aux enfants. Ils me croyaient à peine !
@Faydra : Ça sonne bien. C’est juste que moi, juste «vieillir», je trouve ça con !
@Martin: «Embarquez 55», hehehehe !
@Manon : Au moins, si on peut en tirer ne serait-ce que cet avantage-là !!!
@Pousse-verte : Tsé, maintenant, faut dire «ouf, on n’a pu 30 ans». Bieur-que !!!
@Philou : Pas sure qu’il plaisantait tant que ça, le poète. Il devait rire jaune, sinon…