Bascule…
Par Intellexuelle • lundi 03 septembre 2007 à 23:30 • Catégorie: Mamour'ingChaque fois. Ou presque. Quand je vois les rayons du soleil sur sa main qui glisse vers moi. Quand j’entends ce qu’il n’ose pas murmurer. Quand le vent me porte son parfum aux narines. Quand je me perds dans ses yeux de lac bleu comme l’univers. Quand je ferme les miens…
Chaque fois. C’est un miracle renouvelé. Une première fois, chaque fois.
L’envie, le désir, la brulure, sans douleur. Que des effluves de ce qui en reste, une fois terminé. La faim d’imaginer ce qui pourrait être vécu dans l’instant.
Je dis souvent peut-être, parfois non. Pourtant, au quotidien, tous les éléments concordent. Mon corps le réclame, mon esprit s’enfuit. Et puis je m’explique mal la pesanteur de mes paupières, le soir, quand toute la journée, c’est de ses fesses que mes yeux s’ennuient.
J’oublie trop souvent de laisser mes jambes basculer vers lui. Oublier, sans cesser d’y revenir, pourtant. Comme quand on regarde une cicatrice ; sans revivre la douleur des événements, on sait, on sent qu’il s’est passé quelque chose. C’est comme ça, entre moi et mon désir de lui. Je suis stigmatisée de la chaleur de ses paumes sur mes genoux. Marquée de son souffle sur ma nuque.
Et pourtant, le temps me semble éternel, me semble toujours là, me semble attendre.
Il m’arrive, des soirs comme maintenant, de me demander ce que j’attends pour simplement couvrir son corps des baisers auxquels il aspire. De me demander qu’est-ce qui pourrait avoir plus d’importance pour que les parchemins d’amour à donner soient reportés au jour d’après…
Peut-être est-ce que c’est quand la vie nous donne tous ces moments d’intimité qu’on croit qu’elle continuera à distribuer au quotidien le bonheur. En n’en saisissant qu’une parcelle à la fois, sans réellement la savourer, sachant qu’il y aura d’autres jours.
Et puis une phrase, toute petite, entre dans mes lignes en ce moment. Juste “et si demain…”. Puis me voilà prise d’élan et d’envie, gourmande de réclamer mon du, de demander cette caresse qui se perd dans l’hier.
Tous ces “non” qui ne seront jamais souvenir, parce que “non”. Tous ces sourires qui dorment sur un oreiller parce que la journée a été longue et que les petits dorment à côté, que le boulot m’embête, que les factures doivent être réglées. Tous ces “non” pour rien. Parce que l’envie, elle, demeure.
Et je me demande si le fait de repousser l’envie sous prétexte qu’elle sera là à nouveau demain ne me rend pas pourrie, gâtée par cette proximité à qui je fais défaut ; gâtée par la présomption d’éternité. Carpe diem. Et saisir, du coup, la chance que j’ai de poser mes doigts dans ses cheveux blonds. De goûter tous ces poèmes qu’il n’écrit pas, de jurer au ciel que le plaisir est maintenant.
Savoir que je peux y accéder me semble un bien piètre argument pour refuser de le saisir. Ce plaisir qui dort avec moi depuis des années. Et qui, patiemment, s’offre à moi, jour après jour, en espérant qu’un soir, l’autre, peut-être, il y ait un audible “oui”, derrière mes caresses, avant le souhait de bonne nuit, je t’aime, à demain. Pour qu’il y ait une somme plus conséquente de souvenirs amassés que de “pas ce soir” qui ne font sourire personne.
Il semble qu’il existe plusieurs façons d’aimer. Moi, je n’en connais qu’une : avec lui. Corps à corps. Et j’estime que je lui dit trop peu souvent…






J’adore ce texte.
C’est comme dans tout finalement… Profiter aujourd’hui malgré que demain sera là.. mais s’il n’y était pas? Et on sait toutes qu’une fois la chose entamée, on y prend goût… non? Un petit effort parfois si difficile à faire mais pourtant largement récompensé.
J’ai adoré ta façon d’en parler.
très beau texte, quand nos émotions prennent le dessus, le résultat ne peut etre que beau!
Oh Matoue, c’est tellement beau! Tellement tendre. C’est où qu’on les trouve ces mecs parfaits-pour-soi?
C’est très beau autant d’amour et aussi joliment dit !
Taratata;…ce que les filles ci-dessus veulent dire par c’est beau, c’est que c’est chaud et que ça leur fait de l’effet.
C’est vraiment très beau !!! C’est vraiment bien décrit, avec une grande finesse et sensibilité.