Acharnement thérapeutique…

Par Intellexuelle • dimanche 14 janvier 2007 à 14:00 • Catégorie: Mamour'ing

Novembre 2006. Mon Mex, piqué par la mouche «sport d’hiver», décide qu’il nous fabrique une patinoire extérieure. L’endroit où nous vivons est idéal : un grand terrain vacant, derrière la maison, en pleine campagne. Il commence donc à dessiner son projet (un rectangle), puis à en former les premières balises (fabriquer un rectangle en bois) à l’extérieur. «Ça nous fera une activité en famille», qu’il dit. «Une excellente thérapie contre l’hiver», qu’il ajoute. «Ça va tellement me faire du bien, et pis j’aurai, nous aurons, une activité physique de plus…». Chaque fois que quelqu’un nous rend visite, invariablement, mon Mex le «sort» derrière la maison en disant «viens voir ma patinoire». Invariablement, il dévoile un grand rectangle semi-gelé où suintent l’eau et la neige. Nos amis étant de bons joueurs, ils l’encouragent tout de même… «Elle est belle ta patinoire, mon Pat…». «Fais-toi-en pas, ça va geler…». Pffff.

Décembre 2006. Courage, encore, parce qu’aussitôt une bordée de neige tombée, elle fond. Il «importe» la neige des environs, puis l’étend, et la gratte, fait succéder les couches, tape le fond, recommence… Puisque d’un jour à l’autre, le soleil et la haute température rendent ses efforts vains. Qu’à ce la ne tienne, notre homme n’est pas un homme qui abandonne facilement. Il connecte ses arrosoirs et patiemment, fait gicler l’hydro sur son rectangle. À mes soucis écologiques, il répond que notre bien-être physique en bénéficiera. Le nôtre et celui des gamins du quartier qui veulent aussi patiner, scorer des buts. Il installe même de grosses lumières extérieures, pour les nuits où l’on voudra jouer tard le soir… Jusqu’à ce qu’à la mi-décembre, sa patinoire se transforme en piscine olympique. Tout s’est mis à fondre.

21 décembre. Pour son anniversaire, les enfants et moi lui avions préparé un beau gros paquet, tout enrubanné, dans lequel se trouvait le rêve de gamin, l’objet de convoitise, son désir le plus cher : des super patins. Des vrais de vrais, des patins de champion, des patins à la Wayne. Il jubile. Et redouble d’ardeur à façonner sa patinoire. Celle du centre des Loisirs est fermée, pendant la période festive. Il a 31 ans. Et retient ses larmes de ne pas pouvoir étrenner son cadeau.

Janvier 2007. Tous les gamins du quartier regardent avec envie le rectangle légèrement glacé qui gît derrière notre résidence. Quand pourront-ils enfin se joindre à nous pour une partie de hockey sur glace ? La Ville de Nicolet annonce, de fait, qu’elle n’entretiendra pas ses patinoires extérieures. Ah ah. On se demande bien pourquoi. Aussitôt une couche de glace «collée» sur la précédente, tout fond. On dirait qu’on a, maintenant, une slush grandeur géante.

Pratiquement tous les soirs, depuis décembre, il enfile mitaines, tuque et bottes, et se rend derrière la maison avec sa gratte, sa pelle, son espoir. Il entretient la chose comme une relique amoureuse, comme un espoir fragile, comme … une obsession ! Parfois, quand il rentre, gelé, trempé, les joues aussi rouges qu’un lutin sur la brosse, il sourit, en annonçant : «ça devrait être bon demain». Et répète la même phrase, le lendemain.

patinoire.jpg

Jusqu’à aujourd’hui : Il persiste. Et persiste. Et persiste. Avec la dernière petite vague de froid québécois, l’espoir s’est ranimé. La glace deviendra solide. Les couches successives seront construites. Il pourra… Hier soir, encore, armé de son Kanuk et de son arrosoir, il a étendu son espoir. Ce matin, un beau dimanche ensoleillé, il se décide : «Je vais patiner, bon.» Il part, l’air d’avoir 5 ans, ses patins sous le bras, les faire aiguiser. Puis il revient. Et - on aurait pu entendre l’hymne national pendant sa préparation - enfile gilet par dessus gilet, caleçon long et pantalon, double de chaussettes. Puis met ses patins. Bien attachés. Avec un tour et demi de duck tape autour des chevilles. La glace, dehors, est magnifique, le soleil plombe en son centre, on dirait la neige qui l’entoure nimbée de bonheur. Il sort, triomphalement grandi d’un 3 pouces de lames. Empoigne fermement son bâton, préalablement ducktapé, comme «dans le temps.» S’élance. Et… slurp, slouch, slurp, slouch. Après trois pirouettes et deux aller-retours, revient, la q… entre les jambes, le sourire mort, éteint, slushé. D’ici, on peut voir les attaques de lames sur la sacro-sainte patinoire. Un carnage sur glace. Pendant la nuit, la si solide couche a… fondue. Chacun des coups de patin qu’il a donné, dans ses élans de fierté, oblige maintenant à un «regrattage» en règle.

Il est 14h00. Je vous laisse deviner où son espoir et lui sont rendus en ce moment.

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6 Réponses »

  1. Pauvre Pat, il la veut vraiment sa patinoire. Il pourra surement se consoler en sachant qu’ils annoncent un 10cm de neige demain et froid pas mal toute la semaine. Peut être que d’ici quelques jours il pourra triomphalement patiner.

    Merci pour ta visite et tes belle ondes dès que mon Homme revient de travailler je lui fait part, il sera content.

  2. Arf! Pauvre Pat! Comme je le comprend de se décourager. C’est vraiment pas une année à patinoire, bref c’est l’hiver de rien. Pas de ski de fond, pas de raquette, pas de motoneige ! Sauf que demain, avec le 10cm de neige, peut-être cela va-t-il changé?!!

  3. Dans mon temps, nous faisions des patinoires même l’été (grace à grâce à Albert Hofmann qui a découvert le LSD en 1943). Toute sorte de patin…vraument hallucinant. En pssant, Albert Hofmann a eu cent ans le 11 janvier 2006… il doit connaitre la recette de la glace qui gèle.

    Une belle animation relative à sa ‘ride’ de vélo…

    http://www.normal-design.com/bicycle-ride.html

  4. Désolé pour les fautes de frappes, plus aucunes lettres apparaissent sue moin clavier. Miles excuses.

    SmaKc Pareil et bonne chance à Pat pour la glace!

  5. Moi, je partage ces émotions avec Patrick. Cette année, je voulais faire une patinoire dans la cour pour ma fille. J’avais vu au magasin des poches 10×20 (pieds) que l’on remplit d’eau, puis qu’on laisse geler. Facile, sans pépins. Au mois de décembre, je sors les poches juste avant la première neige, après les gels. Je les remplis patiemment de 3 pouces d’eau et les laisse prendre. 3 jours plus tard… ce qu’elle était belle…

    Mais voilà, on annonce un redoux. Au lieu de découper la mince pellicule du dessus et de l’essayer, je laisse la poche bien complète pour ne pas tout perdre pendant le redoux. Il neige un peu, je gratte un peu, oups… des petits trous! Redoux, tu parles, tout a fondu, les poches se sont vidées (petits trous)!

    Le gel revient, on réessaie. Mais voilà que les petits trous font fuite! Je coupe la pellicule, et je fais du Patrick. Je sors aux heures pour mettre une mince couche d’eau. Elle était presque belle… redoux redoux, retour sur le gazon…

    En ce moment il fait -10… tentant… mais j’ai découvert que météomedia affiche des ‘tendances 14 jours’ sur leur site… devinez… il y a du +2 à l’horizon… alors Patrick… nous reste-t-il de l’espoir?

  6. héhéhé,

    ha l’hiver. Il me semble que l’année passé cet hivers était différent. C’est drôle car moi aussi j’ai envie de faire une patinoire.
    En arrière, nous avons un terrain de tennis cloturé. L’endroit idéal pour faire une patinoire. Mi décembre je commence mon projet.
    Chit il fait beau, tout comme Pat, celà a fondue. Je retarde un peu mais il ne faot pas assez froid. Janvier arrive, ici à Québec, nous avons eu de la neige, dumoins plus qu’à Montréal. C’est le temps, je gratte. Ouf 3h à gratter cette foutue neige. Je suis prêt, il fait froid dehors, c’est le temps. Je sors mon équipement puis ouvre l’eau.
    3h30 à arroser, yeah, une couche de fond se forme. Comble de malheurs, j’attrape une pneumonie. Impossible d’aller dehors et il fait froid. Je regarde mon rectancle. la couche de fond est toujours là mais je suis incapable de patiner.
    Bon, je me promet que cette semaine je vais aller arroser. Nous somme pratiquement à la fin de janvier, début février. Mes kids me regardent et chialent, quand on va aller patiner papa. Bientôt, les filles, bientôt.
    La belle affaire.

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