Aberration contemporaine

Par Intellexuelle • lundi 16 juin 2008 à 16:38 • Catégorie: Nouveau, Sociosphère

La vie dans ce qu’elle a de plus ordinaire

Vendredi avant-midi, alors que je me préparais à aller faire mes courses et autres babioles, trois secondes avant de fermer la porte, je réponds à un appel de Mex.

Intellex : Ouiiiiiiiiiii mon chiiiriiiiiiiiii ?

Mex : Heu… Matoue… faudrait que tu viennes là.

Intellex (de bonne humeur) : Ohhh une invitation ! Où ça ?

Mex : Au chalet. Ça presse.

Intellex (coquine) : hiiiii, de l’urgence d’aimer, mon bébé ?

Mex : Pantoute. De l’urgence d’aider, ma fraisinette.

J’ai eu l’intuition que c’était vraiment urgent. Sa voix, sans doute. La supplique, probablement. Le silence, aussi. Et les équations, tranquillement, trouvaient solution, dans ma tête. 1+1, ça donne bien deux. Parfois trois, aussi, quand on ajoute des virgules comme l’alcool ou la dope, au produit.

Une amie venait d’en manger toute une, comme on dit par che’nous. M’en fait, on le dit pas, par che’nous. C’est trop tabou. On fait comme si elle s’était maquillée tout croche. Et le sang dans les cheveux ? Hiiiiiii. Manqué une marche.

J’ai rapidement mis mes grosses bottes en cuir, pour affronter le terreau infertile des bêtises humaines, enfilé mon blouson full patch de femme qui sait trop à quoi s’attendre, mis mon casque pour foncer tête première dans la débandade et ai demandé à Azul, ma Harley, de me porter directement vers les lieux du crime. Beem me up Scotty.

Trente longues minutes avant d’arriver. Quelques kilomètres à angoisser devant cette réalité qui rejoindra les statistiques. Je tremblais en agrippant solidement mes poignées pour ne pas vaciller dans ma tête vers l’abysse sombre des souvenirs. Trente minute et une grande respiration.

La seconde où j’ai arrêté le moteur de la moto, j’ai vu deux inspecteurs aider mon amie à s’extirper tant bien que mal de la voiture banalisée dans laquelle elle avait donné sa description des événements. Quelques secondes plus tard, pendant que j’enlevais mon attirail les inspecteurs embarquaient son amoureux dans la voiture et repartaient.

Le silence

Dans la vie, parfois, il n’y a que le silence pour remplir l’air sans dire de connerie. Pour révéler ce qui doit être dit, aussi. Une forme de compassion sans mot. Sans doute la meilleur, parce qu’alors, en ne disant rien, on ne risque ni de blesser ni de briser un recueillement quelconque.

Le silence, donc. Sauf à travers nos yeux où là, ça jouait dur. Le vert des miens disait “y t’a pas manqué”, tandis que le bleu des siens répondait “et t’as pas vu, le plus gros est sur le coeur”.

Quatre points de suture, des égratignures et un coeur si enflé de tristesse amoureuse qu’on aurait pu le découper en tranches sans le déformer tellement tout était en pointillé à l’intérieur. Quatre points de suture et des points d’interrogation, aussi. De suspension, aussi. D’exclamation, aussi. Quatre points de suture et toute une vie à refaire les illusions. Mais ça, elle ne le sait pas encore.

Encore un peu sous le choc, elle n’a même pas remarqué tout de suite les coulisses de sang encore présentes sur le mur. Non plus que le bordel de la place. Les bouteilles qui trainaient, éparses, comme autant de petits témoins des événements. Elle parlait, parlait, comme pour dire n’importe quoi, pour éviter de penser à ce qui s’en vient, pour éviter de dire, aussi. Se raconter dans des cas semblables, ça revient à faire un dessin en bonhomme allumette et à plier la feuille en deux. C’est là que ça fait mal. Pas à la cicatrice, pas aux bleus, pas… au ventre. Juste entre l’envie de pisser et celle de vomir. À l’amour.

On a rassemblé les gens qui étaient là, autour, pour aider un peu. Nettoyer les traces de ce qui ne se dirait plus après aujourd’hui. Camoufler la peur, aussi. Pour faire semblant le mieux possible que c’était juste un vendredi 13. Au réveil, plus rien n’aura existé, on aura tous rêvé que…

Le bug dans notre système, c’était qu’on était en avant-midi et qu’avant de se réveiller du cauchemar, il restait pas mal d’heures à passer avant la nuit. Dans ces heures là, avec ce genre de blessures là, on se demande bien souvent comment respirer. Juste respirer. Parce que le reste se fait tout seul. Ce qui est physique reste physique et guérira. Ce qui est matériel reste matériel et peut se réparer. Mais le dedans, lui, manque d’air. Étouffé par la peur, par la honte, par la douleur de ne pas avoir vu venir le coup, par le désespoir d’être au centre d’un film qu’on écoutait pas, avant aujourd’hui.

On ne peut taire le silence

La mémoire a une odeur. Celle de l’alcool, pour certaines. De la drogue, pour d’autres. De l’argent, encore. Qui sert à payer l’un, l’autre ou les deux. Les effluves qui remontaient jusqu’au fond de mon âme me rendaient malade autant que ma chum pouvait faire des nonononononon de sa tête. Mon corps penchait sans que je ne me rende trop compte de ce qui arrivait. Comme si c’était le temps de lâcher. Comme si c’était le temps de me donner en spectacle. Je voulais dire et me taire. J’ai finalement opté pour dire, parce qu’on ne peut taire le silence. J’ai repris pied, heureusement, et chargée à bloc, j’ai tenté de dresser un portrait des heures qui allaient s’égrener.

D’abord ils le relâcheront. C’est vendredi. Y’est pas dangereux, y’a juste battu sa femme. Ils vont lui donner quelques heures pour dégriser, et ensuite le ramener à l’endroit qu’il désignera comme étant “chez lui”. Qu’elle y soit ou non compte pour peu. Peut-être prendront-ils la peine de demander, au téléphone, à cette femme qui n’a plus de visage tellement tout est tuméfié, peut-être demanderont-ils jusqu’à quelle distance elle croit pouvoir tolérer sa présence. Et lundi matin, un procureur quelque part fera des coches autre part.

Il s’est même trouvé un sceptique pour faire semblant de ne pas me croire. J’ai gagné. Parfois, pas assez souvent mais parfois, tout se passe bien et on en est quitte pour une bonne frousse, mais au moins on sait où il est. Les autres fois, on sait juste qu’il peut être proche ou loin, derrière soi ou devant, et on attend. On ne perd pas l’amour de l’autre en une minute. Les sentiments se mélangent, et on en arrive à ne plus avoir peur de l’aimer, mais juste de lui. Le hic, c’est que ça revient au même.

Retour vers le futur

Elle a perdu. Sur toute la ligne. Perdu ses illusions. Perdu sa sécurité. Perdu sa vie “avant”. Parce que maintenant, la ligne du temps est découpée entre “avant d’être battue” et “après avoir été battue”. Suffit d’une craque dans le contiuum pour que sa Delorean ne serve plus à rien. On veut toujours revenir à avant, mais on a besoin du pendant pour se souvenir toute la vie que plus jamais à l’avenir.

J’ai pas envie de faire la morale, pas envie de m’étendre sur tous les obstacles à franchir avant de dire, comme un aveu qu’on se fait à soi-même, qu’un homme a levé la main sur votre vie. Pas envie de vous servir tout le reste. Vous irez lire. J’ai juste envie de vous le faire savoir. Pour vous dire, aussi, que ce genre de truc, dans notre genre de vie à nous, ordinaire, arrive encore. Encore, pouvez-vous le croire ? Ça arrive encore.

Les acteurs de ce film-là étaient poches. Ne savaient pas leurs textes. N’arrêtaient pas de brailler. Les décors étaient pourris, aussi. Trop de sang, on dirait. Pas assez glauque tellement ça semblait réel. Et le coiffeur avait du démissionner parce que oulàlà, les perruques étaient maculées. La bonne nouvelle, c’est que ce genre de roadmovie peut être vu et revu à volonté. Et comme pour tous les bons films, c’est présenté près de chez vous. En cachette.

Selon vous, la violence domestique, ça doit...

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26 Réponses »

  1. Ffffou, que vous tapez juste.

    Il y a longtemps, j’ai récupéré une de mes amies ensanglantée au commissariat de police. C’était l’été, elle portait un jean et un t-shirt qui avaient été blancs. Je n’oublierai jamais.

    Quand ça aurait pu m’arriver à moi, je suis passée proche, très proche, mais grâce à elle, j’ai compris, vite. Je l’ai quitté, et au lieu de cogner, il a scié mes freins à la place. Par hasard, j’ai eu de la chance, je m’en suis tirée et le garagiste qui a récupéré l’auto m’a demandé le plus sérieusement du monde si quelqu’un me voulait du mal.

    Oui, Cesser. On dénonce. On n’accepte pas. On pointe du doigt pour qu’on voit.

  2. Ouf, ça me ramène en arrière… Ça me ramène dans le temps où ma tante avait enfin osé dire ” Ça suffit” et que j’avais été ”mandaté”, du haut de mes 15 ans, à habiter avec elle et sa petite et à garder la petite tout l’été et téléphoner la police si ”l’intrus” d’ex-mari se pointait. Il s’est pointé de nombreuses fois et je me rappelle encore la peur qui m’avait envahie ce beau jour de juillet alors qu’il vidait le garage en lançant les choses contre la porte-patio. La police avait pris bennnnn du temps pour se ramener… Je n’ai pas pris les coups et je n’ose pas imaginer comment ça peut détruire l’intérieur. Je souhaite à ton amie de se remettre sur pied, de panser ses nombreuses blessures et que la vie lui fasse cadeau d’un avenie serein et paisible, comme ma tante a enfin pu avoir.

  3. C’est bouleversant ce billet. Ça fait penser à la chance qu’on a, si ça peut s’appeler de la chance, de ne pas en être.
    Les blessures qui ne saignent pas, celle de la tête et du coeur, celles-là sont les plus longues à guérir, et elles ne sont pas causées que par les coups. Il y a les mots qui blessent, les gestes qui tuent lentement aussi.
    J’en ai entendu de ces histoires, racontées par les victimes, de toutes sortes de façons, en toutes sortes de circonstances. Chaque fois la colère que je ressens, au même titre que si on me racontait une tentative de meurtre. Parce que même sans le geste… ça fini par tuer.

  4. Oh wow touchant ce billet. Trop fréquent encore aujourd’hui la violence, cela ne devrait pas. Ces histoires, ça me mets tellement à l’envers.

  5. Cette femme, ça aurait pu être ma mère. Elle a enduré cela 8 ans durant. Jusqu’à la rechute d’alcool de l’homme qu’elle n’aimait plus depuis longtemps, mais qu’elle craingnait trop de quitter. Qui lui avait aussi ôter le courage et l’amour de soi dont elle aurait pu se munir pour avoir la force de le quitter. Au bout, j’en ai eu assez de revenir des wee-end chez mon père et de la voir courverte de bleus qui n’y étaient pas avant mon départ. Au bout, j’ai été “tannée” de nos fausses-recherches-en-vain-d’échafaudage-de-fausse-fuite-d’appartement”. Au bout, j’en ai eu assez de m’interposer, de me tenir debout, d’entendre et de subit pas dans ma chair mais par les mots, moi aussi.

    Au bout, un soir où l’orage s’annonçait particulièrement violent, j’ai appeler les flics. Puis voilà. Dans notre cas ça a été difficile, mais ça a bien été … si l’on veut. Ma mère a été désemparée, m’en a même voulu de ne plus savoir où elle en était, qui elle était. Nous avons pris soin d’elle, mon mari et moi et pris soin de mon frère et ma soeur qui avaient 3 ans et 5 ans.

    Aujourd’hui ma mère est heureuse, épanouie, mariée à un homme qui la respecte et l’aime. Elle sait ce qu’elle vaut, et plus encore, elle s’aime elle aussi.

    Ce billet m’a beaucoup touché.

    Il faut que ça cesse, il faut que cela soit puni et non pas ignorer.

    Merci de ce billet si profond et si sensible à la fois.

  6. Ouf ! C’est dur.

    Je sais que la violence engendre la violence,. Je sais que ce n’est peut-être pas le moment de le dire mais criss que si j’en pognais un entre mes mains… GRRRR !

  7. Amenez moé ca dans cave che nous ya des outils qui font mal en caliss! En tout cas…pour moi cela mériterais la peine de mort that’s it! Parce que les thérapies c’est des foutaises..toujours ils recidivent…je n’ai jamais été batue, pourtant cela me touche comme si c’étais la prunelle de mes yeux…je dis comme Num…grrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr!

  8. Cette femme, ca pourrait etre n’importe laquelle d’entre nous. Une soeur, une amie, une cousine, une mere, une tante, une voisine, une consoeur. Cette femme a de la chance d’avoir des ami(e)s qui pourront l’aider. Et qui sait, peut etre un jour elle pourra recommencer a refaire son baluchon de reves et d’illusions.

  9. Merde… Qu’est-ce que tu veux ajouter à ça?

    Right on, babe. Again.

  10. @Tassili: C’est cette phrase-là qui est la clé : “Je n’oublierai jamais”. C’est le point de départ, je crois.
    @Kennza: C’est par procuration, alors, que vous l’avez vécu. Et ça fait presque aussi mal. Ce doit être horrible de savoir sa mère en danger…
    @La Fêlée: Ce sont, à mon avis, toutes de petites morts, assassiner l’amour propre par des coups, qu’ils soient évidents ou pas. Votre commentaire est juste, très juste.
    @Josie: On doit en conserver une trace, de ces histoires. Pour se souvenir… c’est rough mais c’est impératif, je pense.
    @Creirwy: Grâce à ce que vous me dites, cet espoir de s’en sortir est moins relégué aux oubliettes. Peu s’en sortent réellement. Mais ces quelques-unes qui arrivent à franchir le miroir sont de bons éléments pour l’espoir !
    @Num: Je crois qu’on pense tous intérieurement à ce que tu viens de dire. On sait tous, aussi, que le cercle commence par là… mais on a quand même envie d’en étriper un, huh ?
    @Annie: La peine de mort, c’est un tit brin exagéré, non ? Cela dit, tout porte à croire que même devant la même force physique, devant les mêmes menaces et la même violence, ces gens qui battent les autres n’arrivent pas à conscientiser le fait qu’ils blessent “à ce point”… que faire, alors.
    @faydra: J’espère. Surtout pour les rêves. Quant aux illusions, je n’y crois plus beaucoup. À force d’être sur ses gardes, tout devient blasant. C’est à ce point dommage…
    @Chocolyane: Merde certain. On rajoute alors qu’on sait. Et qu’on va s’arranger pour qu’autour de nous, ce soit dénoncé, quand c’est vu, ou vécu ! Pour que ça cesse, idéalement, ce serait bien de pouvoir cesser de banaliser ces gestes quand ils arrivent. Ça peut être en criant, justement, un gros MERDE !
  11. Ouf, que d’émotions. Tu sais quoi? il y a quelques années, dans mon ancienne vie, j’ai souhaité de toutes mes forces que mon ex me frappe. Je l’ai souhaité et lui ai crié dans les oreilles en lui disant que ça ferait moins mal ainsi. Qu’au moins “ça” aurait guérit. Il ne l’a jamais fait. Tout a continué comme avant à la place, sa jalousie menant ma vie, ses scénarios alimentant ma peur… jusqu’au jour où je me suis dit que je devais parler de tout ça avec des proches “au cas où”.

    T’as toujours l’impression de raconter l’histoire d’un mauvais film. T’as toujours l’impression que les autres diront “ben voyons donc”. C’est difficile d’affronter la réalité en face mais encore plus de faire de quoi pour que ça change. Quand quelqu’un te tiens par les couilles, conservant ton coeur en bouilli dans le formol, tu vois plus rien de ce qui t’entoure tellement tout est gris.

    Ta copine est chanceuse de t’avoir car maintenant, elle ne sera plus seule.

  12. Y a de ces fois où je ne peux rien dire, rien ajouter. C’est une de ces fois. Tout ce que je peux dire c’est : been there. Donne lui toute ma compassion. Et ma compréhension. Et des calins, à profusion.

  13. À chaque fois que je lis un billet ou un article sur ce genre d’événements, je ne peux m’empêcher de ressentir une forme perverse de culpabilité Pourtant, je n’ai jamais levé la main sur Bloguette (ni sur personne d’autre, d’ailleurs) et je suis du genre à me pousser en pleurant si quelqu’un monte le ton trop rapidement dans une discussion. Mais reste que, en tant que gars, de voir ce que mes « semblables » sont capables de faire, ça me dégoûte.

    En même temps, j’ai peur aussi. Quand on mesure 6′2″ et qu’on pèse environ 350 lbs, on est parfaitement conscient des dégâts qu’on pourrait causer. J’ai beau être doux comme un agneau, je n’ai pas totalement le contrôle de ma force. C’est ça qui me fait peur, un moment d’inattention, un relâchement du contrôle que j’ai sur moi, et en une seconde, tout pourrait basculer.

    C’est pour ça que j’évite de me chamailler avec Bloguette, et que quand la discussion s’échauffe, je change de pièce pour décompresser un peu. Juste au cas où, pour ne pas avoir à regretter quoique ce soit plus tard.

    Encore une fois, ton billet était d’une grande pertinence, et je suis heureux que tu aies choisis de dénoncer ce genre de situations, qui ne devraient pas se produire, mais qui arrivent tout de même souvent, trop souvent.

    Ce n’est qu’en brisant le mur du silence qu’on arrivera peut-être, un jour, à faire cesser cette situation.

  14. Désolé martine c’est que c’est un sujet qui me concerne trop alors je suis sans pitié façe a la violence faites aux femmes….

  15. @ morenita
    C’est exactement la situation que je décris dans mon billet le plus récent. La violence psychologique est insidieuse car elle est invisible. Jusqu’à temps qu’on perde complètement l’appétit et qu’on perde assez de poids que les gens commencent à poser des questions…

    Merci Intellex pour ce billet… Je n’ai jamais été frappée, mais ce texte m’a quand même poussé à faire mon petit ménage intérieur. On ne se rend pas compte à quel point nos amies, notre famille sont importantes à ce moment là. Je suis sûre que tu prendras bien soin de ta copine. C’est la première fois que je laisse un commentaire ici je crois, mais j’adore te lire et je trouve que tu es une femme de bon sens, ton amie est entre de bonnes mains.

  16. @Morenita: La solitude est l’amie de la violence. Et souvent, la violence débarque comme ça, mais en prévenant. C’est juste qu’on ne s’en rend pas compte tout de suite. Ce qui apparait comme cute et mignon parce que l’amour veut toujours être là, qu’il ne veut que notre bien, qu’il nous suggère de rompre certaines amitiés… et puis un jour, dans le tourbillon, on se rend compte du vide. Des blessures accumulées. De la terreur. Du désespoir. De la peur. Et de cette dualité ; il me semble que je ne suis pas du tout comme il/elle prétend que je suis. Et là, ça sonne une première cloche… qu’il faudrait écouter.
    @Nickiie: Noté ! Des câlins elle aura !
    @Blogue_l’Eponge: Je suis très heureuse que tu viennes nous dire qu’il arrive souvent que d’autres soient plus conscients des dangers du survoltage… et quittent la pièce au lieu de la redécorer avec le sang. Bien se connaître doit également être un plus dans ce genre de situation. En parler, l’écrire, le dire… et agir.
    @Annie: Je te comprends Annie…
    @roxie: Je suis passée lire ton billet. Effectivement… les ravages. Oulàlà. Heureusement, tu as entendue la cloche à temps pour sortir de là et survivre.
  17. Si tu savais combien ça me touche des histoires comme celles-là. Je ne sais même pas si on peut employer le mot “histoire” tellement c’est en plein dans la réalité que ça se vit.

    Le plus dur quand on est face à une situation comme ça, c’est le sentiment d’impuissance. Mon ancienne voisine d’en bas se faisait battre tout le temps par son mari. On appelait la police pour elle mais elle refusait toujours de porter plainte une fois que la police arrivait. Des fois, j’avais l’impression de risquer ma vie autant qu’elle risquait la sienne.

    J’espère que ce sera la dernière fois qu’on aura levé la main sur ta copine et que tu feras tout pour l’aider à s’en sortir. En fait, le plus gros du chemin, c’est elle qui devra le faire. Mais tu comprends ce que je veux dire…

  18. C,est vraiment très touchant ton texte, et les images sont frappantes (sans mauvais jeu de mots). Si jamais ton amie en a envie, ou toi, vous pouvez lire ce texte sur le site d’ELLE QUÉBEC… ça aide à se sentir moins coupable il me semble… en tout cas moi ça m’a aidé à aider une amie dans cette mauvaise situation. Merci encore pour ce superbe texte plein d’émotions!

  19. «Pour vous dire, aussi, que ce genre de truc, dans notre genre de vie à nous, ordinaire, arrive encore. Encore, pouvez-vous le croire ? Ça arrive encore.»

    Hé oui, ça arrive encore. Ce qui arrive encore, par contre, c’est aussi des femmes qui marchent sur leur orgueil (et leur coeur) meurtris, qui font leurs valises. Parce que la meilleure revanche, c’est encore de continuer à avancer. D’une personne qui a déja passé par là et qui en est sortie plus forte et plus lucide que jamais, je compatis de tout coeur avec ta copine, et elle est très chanceuse d’avoir une épaule sur laquelle s’appuyer.

  20. Bonsoir, suis toute nouvelle dans ce lieu et c’est bien la première fois que quelque chose me secoue assez pour que je laisse un petit mot. ( j’apprécie beaucoup ton style intellexuelle).

    Suite au dernier commentaire… j’en suis, de celle qui a fait ses valises (ou plutôt des sacs poubelles), avant même que cela finisse avec du sang sur le tee-shirt. Certain pourraient dire que je suis partie trop tôt sans laisser plus de chance à mon mariage, moi je crois que je suis partie avant que cela ne recommence, plus violent, je n’ai pas envie de savoir si cela se serait vraiment produit. Je part du principe qu’un premier coup suivit de trois autres dans l’heure qui suit, même sans bleu, même sans trace, c’est qu’il est tant de partir.
    Et moi qui ai réagi à temps, un an après je panse toujours mes ‘non-plaies’, tant de deuils à faire…
    courage à toutes celles et ceux qui ont à subir une quelconque violence, courage.

  21. La violence physique est précédée par la violence qui laisse des traces et promeut le lavage de cerveaux de celles qui ne feraient pas les « bons choix ».

    Il y en a une très grave que le Québec accepte en ce moment.

    Montréal, 2008 :

    Interdiction de prendre sa douche avant l’HOMME, dans la maison. Une femme, ça passe après, c’est sale jusqu’en dedans et ça salit.

    Demander la permission à l’HOMME avant de sortir sur le balcon, lequel a été entouré de panneaux afin qu’aucun autre HOMME ou même être vivant ne puisse apercevoir la propriété de l’HOMME si elle a la permission de vérifier qu’un carré de ciel est bien au-dessus de la maison.

    Se couvrir de la tête aux pieds et porter des gants afin qu’aucun autre HOMME ne puisse voir la propriété de l’Homme et que la femme reste propre (dans la mesure où une femme peut l’être) pour son HOMME propriétaire.

    Ne pas oublier d’apporter sa petite bouteille d’eau pour se laver quand on va faire pipi afin de rester propre (dans la mesure où…) pour son HOMME propriétaire.

    Ne pas s’asseoir à côté d’un autre HOMME afin de rester pure pour son HOMME propriétaire, en particulier s’il y a risque de contacts physiques (involontaires ou genre une tape sur l’épaule mais involontaires la plupart du temps).

    Ne pas aller au gymnase ou à la piscine mixte. Préférablement, aller se baigner avec un groupe de femmes autorisé, genre groupe de prière, pendant la nuit, afin qu’aucun HOMME autre que l’HOMME propriétaire ne puisse voir ces femmes.

    Les HOMMES étant tous des cochons et les femmes étant toutes de potentielles putains parce que tentations pour les HOMMES tous des cochons, prendre garde à toujours rester propre et pure pour son HOMME propriétaire et à demander la permission et à obéir, sinon……..

    La violence physique est précédée par la violence qui laisse des traces et promeut le lavage de cerveaux de celles qui ne feraient pas les « bons choix ». Lire ici les femmes qui font pression sur les autres femmes parce que l’HOMME propriétaire est un bon HOMME et qu’il faut se le mériter. Derrière, la pression de l’HOMME propriétaire pour que sa possession et les femmes de la famille de sa possession, mère, sœurs, filles, etc. se couvrent et attendent les ordres de l’HOMME de la maison.

    Pendant ce temps, vous avez tous ces petits messieurs en casquette et tenues dernier cri qui déambulent parmi les gens, de manière tout à fait anodine, qui n’ont aucun problème avec le contact physique ou alors refusent de serrer la main à une fem euh… une SALETÉ, je veux dire, pardonnnnn.

    Il fait 40 ° dehors. Madame fait revivre l’industrie textile et épuise les réserves mondiales de coton et de polyester. Monsieur se trémousse sans problème. C’est norrrrmallll. C’est leur religion.

    Comme c’est une religion, il faut comprendre et « c’est tellement délicat, vous savez, ces choses-là ».

    En vacances, hors de Montréal…

    Pendant ce temps, monsieur l’HOMME se prend des petites vacances dans son pays d’origine. Avec le droit d’avoir plusieurs femmes, il rapportera peut-être à sa femme de Montréal un joli cadeau emballant… Pendant ce temps, la famille vend la virginité de la plus jeune à un homme qui pourrait être son grand-père ou son arrière grand-père. En profitera-t-il?

    Dans le monde…

    Pendant ce temps, des femmes se font recoudre l’hymen. On vend des femmes. qui achèteront, si elles en ont la chance, leur divorce.

    Oui, à Montréal aussi , les femmes se vendent ou plutôt, on paie le futur HOMME propriétaire qui engagera des frais et fera des sacrifices pour sa possession et les enfants. Combler un peu du manque à gagner de l’HOMME propriétaire.

    Un beau mariage blanc, voilé, avec le père propriétaire qui paie la noce et une dot pour Parfois le prix est dissimulé sous d’autres noms moins directs, qui ne font pas clairement référence à la prostitution, à l’infériorité de la femme qu’il faut contrebalancer par des faveurs la plupart du temps monétaire, à la virginité, etc.

    Et dire que tout ça avait commencé par un verre, payé par MONSIEUR.

    Dans mon sac athée…

    Vous n’avez pas vu la paire de ciseaux que je traine dans mon sac athée, ni la colonne vertébrale de femme avec la bouteille de démaquillant et les sous-vêtements confortables et non issus de fantasmes tirés de la pornographie pour le plaisir du l’HOMME propriétaire…

    Ne rien faire, c’est de la HAINE. Tolérer l’intolérance et le manque de respect, c’est de la HAINE. Pour moi.

    Les allosexuels/les seront bientôt invisibles dans la foule. Les gens de toutes tailles et de toutes couleurs se mêleront sans se remarquer les uns les autres. La main se tendra sans même y penser pour aider l’handicapé/e. Peut-être. Mais la femme, dans notre société patriarcale et machiste, elle cumule tous ces handicaps et ne sera jamais, jamais égale à l’homme et donc, l’inverse est aussi vrai. La violence envers les femmes est la violence envers les hommes, comme envers l’humanité. . Aussitôt un pas est-il fait dans la bonne direction, deux sont faits, que dis-je trois, quatre, cinq, pour reculer au plus vite, avant que ça ne devienne du sérieux. Je hais les rôles, les stéréotypes. Les hommes ou les femmes qui suivent ces principes discriminatoires, je ne suis pas avec eux.

    La violence, il y en a marre. Il y en aura pourtant toujours. Si au moins c’était pour exiger le respect.

    Nous avons tous et toutes une responsabilité, de lourdes responsabilités face à la violence psychologique et physique faite aux femmes, oui, surtout, dans ce modèle de société, mais aussi aux hommes.

    Zed (Tu vois, je ne passe pas souvent, mais mes traces sont lonnnnngues et visibles. Elles viennent du cœur, de mon vécu quotidien.)

  22. Désolée, un mot a sauté, le clavier me joue des tours.

    La violence physique est porécédée par la violence psychologique.

    Les deux fois on c’est écrit. Zed

  23. J’ai une amie qui, au cours d’une dispute avec son (ex) copain, a eu droit à une taloche pour clôre la ”discussion”. Une simple claque au visage, un ”accident”, comme il me l’a dit. Ses proches l’ont déménagée presque de force, mais elle a une si faible estime de soi qu’elle lui pardonne tout. Comme si c’était un argument ordinaire que de frapper l’autre dans un conflit. Le plus triste, c’est que c’es lui qui a fini par la quitter, lorsqu’il s’en est lassée. La pire chose que l’on puisse faire pour prévénir cette violence, c’est de ne pas donner les outils aux jeunes femmes pour se construire une forte estime d’elle-même et refuser ces gestes inacceptables.

    Je souhaite à ton amie de bien se rétablir.

  24. Coquille : pour ne PAS prévenir cette violence [...]
    Désolé !

  25. Oui, David,,, Des outils et vite!

    Au lieu de ça, on multiplie, chez les deux sexes, toutes les armes de la discrimination et de l’humiliation. Et un grand nombre d’individus de chaque sexe y contribue allègrement..

    La religion en fournit beaucoup, des textes qu’on ne remet pas en perspectives, qui sont écrits de la main de dieux (sic) donc ahistorique et aidéologique. Quelle misère humaine.

    si je peux me permettrem je ne crois pas que tu avais fait une coquille (moi, par contre, mon coeur n’a pas assez souvent regardé le clavier), . La pire chose est de ne pas donner d’outils, c’est bien ce que tu dis. des outils aux filles et aux garçons. Aux personnes.

    Vive les PERSONNES qui font quelque chose en faveur de l’égalité et de la disparition de ces fichus rôles où la force physique, donc l’intégrité physique du plus faible physiquement et/ou psychologiquement est en péril comme il y a des millions d’années. Et dire qu’il y en a qui se croient supérieurs aux autres animaux.

    En attendant, on se tape l’incroyable (oui, vraiment incroyable) Hulk tout l’été et ses milliers de produits drivés, dont la violence n’est pas le moindre. De quoi devenir vert.

    Encore Zed

  26. [...] Petite lecture sur la violence ici. [...]

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